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Air Canada réclame un plan de reprise des voyages internationaux

Une femme marche dans l'allée centrale d'un avion d'Air Canada. Elle porte un masque, un sarrau blanc et des gants.

Le transporteur juge crucial que les gouvernements mettent en oeuvre un plan de réouverture de son secteur.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

La Presse canadienne

Près d'un mois après l'annonce, avec Ottawa, d'un plan d'aide pouvant atteindre 5,9 milliards de dollars, Air Canada veut savoir quand le ciel va vraiment s'éclaircir.

Pour y arriver, le transporteur aérien réclame qu'Ottawa développe et rende public un plan permettant la reprise des voyages internationaux vers et depuis le Canada.

Les Canadiens ont hâte de voyager et ils veulent savoir quand ils pourront le faire, a lancé vendredi le président et chef de la direction du transporteur aérien, Michael Rousseau, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes pour discuter des résultats du premier trimestre, encore une fois écrits à l'encre rouge.

Alors que les restrictions sont en vigueur depuis 14 mois, le taux de vaccination augmente et le grand patron estime qu'il est temps qu'Ottawa planifie les prochaines étapes.

Il a été prouvé que la quarantaine forcée à l'hôtel à l'arrivée était inefficace. Elle devrait être abolie, a tranché M. Rousseau, qui en était à sa première conférence d'analystes à titre de chef de la direction.

Tous les passagers aériens internationaux doivent passer jusqu'à trois jours dans un hôtel de quarantaine désigné près de l'un des aéroports autorisés de Toronto, Vancouver, Montréal et Calgary. Une fois qu'ils obtiennent un résultat de test négatif, ils peuvent rentrer chez eux pour y terminer leur quarantaine de deux semaines, mais doivent fournir un deuxième résultat de test.

Dans son plaidoyer, qui semblait davantage à l'intention des élus que des investisseurs, M. Rousseau a noté que le transport aérien était un pilier du pays. Avant la pandémie, Air Canada, à lui seul, représentait presque 2 % du produit intérieur brut [PIB], s'est-il exclamé. Il soutenait directement près de 40 000 emplois bien payés, en plus de 190 000 emplois indirects dans le crucial secteur aérospatial.

Il a dit croire qu'une approche combinant des tests et une quarantaine modifiée et plus adéquate permettrait de trouver un juste équilibre.

Air Canada, qui brûle du capital à raison de 14 millions de dollars par jour ces temps-ci, estime que le moment où il renouera avec la rentabilité dépend entièrement de celui où le gouvernement lèvera les restrictions et où les marchés seront rouverts.

Les voyages d'affaires vont reprendre

Le transporteur aérien a indiqué aux analystes qu'il surveille très, très attentivement la reprise des voyages d'affaires et prévoit que leur reprise se fera aux alentours de la fête du Travail, au début de septembre.

Des indications de la reprise des voyages par cette clientèle sont observées aux États-Unis, a mentionné le grand patron.

Il y a manifestement un appétit des entreprises pour une reprise des voyages, a déclaré Lucie Guillemette, vice-présidente générale et chef des affaires commerciales. En ce moment, la quarantaine obligatoire est l'élément le plus dissuasif.

La clientèle d'affaires qu'Air Canada a consultée prévoit toutefois réduire le nombre d'allers-retours faits dans la même journée, a confié la société, mais d'un point de vue international, transfrontalier, l'intention est de reprendre.

Au chapitre des voyages de loisir, le transporteur dit aussi s'attendre à ce que le pic saisonnier de l'été soit repoussé un peu, à septembre et octobre.

Il observe aussi une forte demande pour les destinations soleil durant l'hiver alors que les Canadiens commencent à anticiper impatiemment leurs premières vacances des Fêtes après la fin de la pandémie.

La demande depuis le Canada serait particulièrement forte pour le Mexique, la République dominicaine, Hawaï et la Floride.

Perte nette de 1,3 milliard $

Le secteur du transport aérien canadien a beaucoup souffert depuis un peu plus d'un an de la crise de la COVID-19, et les résultats du premier trimestre d'Air Canada en témoignent.

Le transporteur a subi lors des trois premiers mois de l'exercice une perte nette de 1,3 milliard de dollars, comparativement à une perte de 1 milliard pour la même période l'an dernier.

La perte par action s'est chiffrée à 3,90 $ pour le trimestre clos le 31 mars, comparativement à une perte de 4 $ par action un an plus tôt, alors que moins d'actions étaient en circulation.

Les revenus trimestriels ont totalisé 729 millions de dollars, en baisse par rapport à ceux de 3,7 milliards du premier trimestre de 2020.

La capacité du transporteur, mesurée en sièges-milles offerts, a reculé de 82,1 % par rapport à l'an dernier, alors que le trafic, mesuré en passagers-milles payants, a plongé de 89,5 %.

Sur le parquet de la Bourse de Toronto, vendredi après-midi, l'action d'Air Canada se négociait à 24,70 $, en hausse de 0,54 $, ou environ 2,2 %.

Le gouvernement du Canada a annoncé le mois dernier qu'il s'était entendu sur les modalités d'un plan d'aide pouvant atteindre 5,9 milliards de dollars avec Air Canada qui, en échange, doit rembourser ses clients dont les vols ont été annulés par la pandémie, en plus de rétablir certaines liaisons régionales annulées.

Air Canada a mis à pied 20 000 employés l'an dernier et plus de 1700 autres en janvier dernier.

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