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Manifestations en Colombie : le gouvernement lance un appel au dialogue

Une femme brandit un drapeau colombien dans la rue.

Des milliers de personnes – dont des syndicalistes, des étudiants et des Autochtones – sont descendues dans les rues de plusieurs grandes villes pour réclamer une amélioration des politiques de santé, d'éducation, de sécurité et dénoncer les abus des forces de l'ordre.

Photo : Reuters / LUISA GONZALEZ

Agence France-Presse

Le gouvernement colombien a lancé jeudi un appel à un dialogue entre « tous les secteurs » de la société au neuvième jour de manifestations contre le président conservateur Ivan Duque, qui ont fait une vingtaine de morts et des centaines de blessés.

Il faut écouter tous les secteurs du pays, mais le pays doit également écouter le gouvernement [...] cela comprend ceux qui manifestent, mais aussi ceux qui ne manifestent pas, a déclaré le conseiller présidentiel Miguel Ceballos, désigné médiateur dans cette crise, à Blu Radio.

Des discussions ont débuté mercredi sous sa supervision, avec la participation du Défenseur du peuple, organisme public de protection des droits, des représentants du parquet et de fédérations de divers secteurs économiques.

M. Ceballos a assuré qu'il rencontrerait lundi les leaders des manifestations en dehors du siège de la présidence, mais n'a pas confirmé la participation du chef de l'État.

Plus tard, dans un message sur Twitter, il a invité le Comité national de grève à se réunir avec le président et la vice-présidente, Mara Lucia Ramirez, sans donner plus de détails.

Ce comité, qui a lancé l'appel à la mobilisation, s'est dit prêt à nouer un dialogue direct avec Ivan Duque.

C'est avec ceux qui sont dans la rue qu'il faut dialoguer, les jeunes, a estimé pour sa part Claudia Lopez, la mairesse de Bogota, l'un des principaux foyers des manifestations.

La vague contestataire, qui a débuté le 28 avril, s'est initialement levée contre un projet de réforme fiscale qui, selon ses critiques, aurait touché la classe moyenne et était inopportun en pleine pandémie de COVID-19.

Le président l'a retiré et a promis un nouveau texte sans les points les plus contestés de hausse de la TVA et d'élargissement de la base de l'impôt sur le revenu.

Mais le mouvement de protestation, qui rassemble des syndicats de divers secteurs, des étudiants, des Autochtones, des défenseurs de l'environnement, a continué avec de nouveaux mots d'ordre.

Les manifestants réclament notamment une amélioration des politiques de santé, d'éducation et de sécurité, et dénoncent les abus des forces de l'ordre.

Au moins 24 personnes ont été tuées et plus de 800 blessées depuis le début de ces rassemblements, selon un bilan de sources officielles qui n'a pas été actualisé depuis plusieurs jours.

Lors d'une conférence de presse virtuelle depuis Washington, le ministre de la Défense, Diego Molano, a une nouvelle fois imputé les troubles qui ont entaché les manifestations aux dissidents de l'ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), aux rebelles de l'Armée nationale de libération (ELN) et aux gangs.

L'ONU, l'Union européenne, les États-Unis et plusieurs organisations de défense des droits de la personne ont dénoncé les excès de la police pendant les manifestations.

S'il y a eu un usage excessif de la force, il faudra rendre des comptes, a concédé le ministre de l'Intérieur, Daniel Palacios, pendant la conférence de presse.

Les manifestations ont été jusqu'ici pour la plupart pacifiques et festives. Mais dans certaines villes comme la capitale et Cali (sud-ouest), elles ont parfois été émaillées de troubles et de violents affrontements avec les forces de l'ordre.

La rue est déserte et couverte de détritus. Des manifestants se cachent des policiers, lourdement armés.

Des manifestants affrontent la police dans les rues de Cali, en Colombie.

Photo : afp via getty images / LUIS ROBAYO

Les derniers chiffres officiels, datant de plusieurs jours, font état d'au moins 24 morts, selon le Défenseur du peuple mardi, et 846 blessés, selon le ministère de la Défense lundi. Les ONG dénoncent un nombre bien plus élevé de victimes, allant jusqu'à plus d'une trentaine de morts.

Ivan Duque, dont la popularité est en berne à 33 %, a affronté de multiples manifestations depuis 2019, dans un pays en récession économique et aux prises avec une recrudescence du conflit armé qui le mine depuis près de 60 ans.

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