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Construction de deux brise-glaces polaires : optimisme prudent au chantier de la Davie

Une grue sur un des quais au chantier Davie.

Le chantier naval Davie, à Lévis, au Québec

Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

La décision d’Ottawa d’octroyer la construction d’un brise-glace polaire au chantier maritime Davie est accueillie avec un enthousiasme retenu à Lévis.

Après des années de bras de fer interprovincial, Ottawa a finalement décidé de construire deux brise-glaces polaires plutôt qu’un, afin d’assurer sa souveraineté dans l’Arctique. Les chantiers maritimes de Seaspan, à Vancouver, et de Davie, à Lévis, construiront tous les deux un bateau. Avec une longueur de 150 mètres et un poids de 23 000 tonnes, ces navires seront les plus gros brise-glaces jamais construits au Canada.

Le futur brise-glace polaire du Canada.

Le futur brise-glace polaire du Canada

Photo : Vard

Mais l’affaire n’est pas encore dans le sac. Les contrats ne sont pas signés et les montants ne sont pas encore connus. De plus, le chantier naval du Québec aura ce contrat à une condition importante : que la Davie devienne officiellement le troisième chantier de la stratégie navale fédérale. Pour ce faire, le chantier devra démontrer sa santé financière, la force de sa main-d'œuvre et la qualité de ses infrastructures. Présentement, la Davie est considérée comme préqualifiée.

Le temps presse, dit la Davie

Le président du syndicat des travailleurs, Herman Labrecque, se réjouit, mais craint que le processus soit long.

On parle de plusieurs centaines d'emplois, mais dans un avenir un peu lointain, remarque-t-il.

Les quelque 350 travailleurs du chantier s’occupent présentement à la réparation et à l’entretien de deux bateaux, mais ces contrats sont presque terminés.

Le danger, c'est qu'à la livraison à l'automne des deux bateaux, le carnet est pratiquement vide. Il va falloir garnir ce carnet-là, parce que la crainte, c'est de perdre des travailleurs hautement qualifiés, note Herman Labecque.

Aux yeux du président et chef de la direction de la Davie aussi, le temps presse.

Nous devons lancer le projet sans tarder afin que le nouveau brise-glace polaire offre un stimulant immédiat, matériel et durable à la reprise suite à la pandémie, affirme par communiqué James Davies, qui salue au passage la décision d’Ottawa.

Les fournisseurs ont beau attendre cette annonce depuis des années, si le passé a appris quelque chose à ceux qui gravitent autour de l’industrie navale au Québec, c’est qu’il ne faut pas se réjouir trop vite.

Il faut être prudent. Ce n'est pas le temps de lancer les festivités. Ce sont de longues négociations, relativise Pierre Drapeau, porte-parole pour l'Association des fournisseurs pour Chantiers Davie Canada.

La décision d’Ottawa est tout de même applaudie par le millier de fournisseurs québécois. Pierre Drapeau est convaincu que les négociations vont aboutir d’ici la fin de l’année.

C'est une nouvelle importante sur le plan économique, c'est en quelque sorte un rendez-vous avec l'histoire.

Une citation de :Pierre Drapeau, porte-parole pour l'Association des fournisseurs pour Chantiers Davie Canada

Une stratégie politique, dit l’opposition

Le Québec, aujourd’hui, est au cœur de la stratégie nationale de construction navale, se réjouit le lieutenant politique du Parti libéral pour le Québec, Pablo Rodriguez. On va créer, on va préserver, des centaines de bons emplois.

Le chef du Bloc québécois, lui, fait preuve de plus de scepticisme. Il y voit une annonce préélectorale de la part du Parti libéral pour marquer des points en Colombie-Britannique et au Québec.

Je serai le premier à me rétracter sur la stratégie à caractère électoral s’il y a un contrat, noir sur blanc, signé qui donne le brise-glace à Québec. Sinon, ce sont des carabistouilles, a lancé Yves-François Blanchet.

De son côté, le maire de Lévis se réjouit de la décision d’Ottawa. Pour Gilles Lehouillier, il s’agit d’un geste concret de la part du gouvernement fédéral qui démontre tout le chemin parcouru par la Davie.

Ce qui est le plus important dans cette annonce-là, c'est que le chantier Davie démontre son leadership au niveau canadien dans la construction navale, affirme Gilles Lehouillier.

Avec les informations de Pascal Poinlane et Louis Blouin

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