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Au tour de la Floride de restreindre le vote postal

Ron DeSantis, à l'extérieur, tourné vers un homme tenant un microphone et entouré de deux collaborateurs.

Le gouverneur Ron DeSantis, à l'issue du rassemblement pendant lequel il a promulgué la loi sur des réformes électorales.

Photo : Associated Press / Joe Cavaretta

Le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, a promulgué jeudi, devant des partisans républicains, une loi controversée ciblant entre autres le vote par correspondance, autre exemple d'une tendance qui se profile dans plusieurs États dont les dirigeants sont issus du Grand Old Party.

La nouvelle loi, entrée immédiatement en vigueur, apporte des dizaines de changements aux lois électorales de l'État en imposant notamment de nouvelles règles sur le vote postal.

Le déroulement du vote en Floride en novembre dernier avait pourtant été salué par les observateurs, et le gouverneur avait lui-même décrit l'élection comme la plus transparente et la plus efficace du pays.

Signe de la teneur partisane de son geste, le gouverneur DeSantis, candidat pressenti à la course à l'investiture républicaine de 2024, a apposé sa signature sur le texte législatif au cours d'un rassemblement politique à West Palm Beach, en plein milieu d'une entrevue accordée à Fox News, seul média autorisé à être présent.

Nous ne nous reposons pas sur nos lauriers, et le fait que je signe ce projet de loi ici dit : Floride, votre vote compte, a-t-il lancé devant un groupe de partisans de l'ancien président Donald Trump réunis pour l'occasion.

Votre vote sera exprimé avec intégrité et transparence, et ceci est un endroit formidable pour la démocratie.

Une citation de :Ron DeSantis, gouverneur de la Floride

Le projet de loi a été adopté la semaine dernière selon des lignes partisanes.

Entre autres mesures, la réforme liée au vote par correspondance restreint l'utilisation des boîtes de dépôt, prévoit une expiration plus rapide des demandes pour obtenir un bulletin de vote et instaure de nouvelles procédures pour le traitement et le dépouillement des bulletins de vote.

Elle impose en outre une surveillance en personne des boîtes de dépôt, qui ne peuvent plus être supervisées à distance par vidéosurveillance. Elle accorde aussi un pouvoir accru aux observateurs partisans.

La loi interdit par ailleurs toute action susceptible d'influencer les personnes en file pour voter. Les militants pour le droit de vote estiment que cette mesure découragera les groupes non partisans d'offrir de l'eau ou de la nourriture aux électeurs qui attendent longtemps au soleil, selon le New York Times.

Une loi contestée

Aussitôt promulguée, la loi a immédiatement fait l'objet de deux actions en justice, dont l'une est intentée par la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP).

Les démocrates, mais aussi des militants pour le droit de vote, disent que la nouvelle loi aura pour effet de limiter le droit de vote, particulièrement celui des électeurs issus de la diversité.

Dénonçant un cirque mis en place pour Fox News, la chef de la minorité démocrate du Sénat, Lauren Book, citée par le Miami Herald, a déploré des mesures abusives visant à restreindre l'accès des électeurs et à donner plus de pouvoir aux observateurs partisans des bureaux de vote.

À l'avant-plan, deux partisans républicains portant des t-shirts qui portent deux inscriptions, « Trump-DeSantis en 2024 » et « Rendons à l'Amérique sa grandeur ».

Des partisans du gouverneur de Floride Ron DeSantis et de l'ex-président Trump ont fait la file pour assister à l'événement.

Photo : Associated Press / Joe Cavaretta

Le texte législatif renforce l'emprise des républicains sur le système électoral de notre État, a-t-elle soutenu.

Selon le Sun Sentinel, les superviseurs électoraux des comtés se sont opposés à la plupart des changements, car ils les jugent inutiles, voire contre-productifs. Plusieurs experts électoraux y voient une manœuvre électoraliste pour plaire à la base électorale républicaine qui adhère aux critiques martelées pendant des mois par l'ancien président Trump.

Au lendemain de l'élection de novembre, le gouverneur DeSantis avait vanté le déroulement du scrutin auquel les républicains ont pourtant apporté des changements. Il l'avait même présenté comme un modèle pour les autres États.

Pendant la campagne électorale, il avait auparavant prié ses concitoyens de faire confiance au système de vote postal de l'État. Donald Trump, qui décriait le vote par correspondance, avait lui-même appelé ses partisans à voter par la poste en Floride, un État qu'il avait ultimement remporté.

Au cours des dernières semaines, pour expliquer les changements qu'ils proposaient, le gouverneur DeSantis et les élus du camp républicain n'ont d'ailleurs pas mis en avant des preuves qui montrent des problèmes survenus lors du dernier scrutin, mais ont plutôt fait état du risque de fraude électorale et du doute entretenu à l'égard du processus.

Comme par le passé, les républicains de la Floride ont été plus nombreux que les démocrates à se prévaloir du droit de vote postal lors des élections de 2016 et 2018, relève le New York Times.

La tendance s'est cependant inversée en 2020, alors que plus de 2,1 millions de démocrates ont opté pour cette façon de voter, contre quelque 1,4 million de républicains.

Élargi par plusieurs États dans la foulée de la pandémie de coronavirus, le vote postal a d'ailleurs davantage été utilisé à l'échelle du pays par les électeurs démocrates, plus craintifs devant le coronavirus. Les attaques renouvelées de M. Trump contre le vote par correspondance ont en outre porté auprès des électeurs républicains.

La porte-parole adjointe de la Maison-Blanche, Karine Jean-Pierre, a soutenu que la loi floridienne était fondée sur un mensonge. L'élection de 2020 a été l'une des élections les plus sécuritaires de l'histoire américaine, a-t-elle affirmé, faisant écho aux critiques déjà formulées, par exemple en Georgie, par le président Joe Biden sur de tels projets de loi.

Une tendance au sein du camp républicain

Il y a deux semaines, la Georgie, également dirigée par un républicain, a elle aussi promulgué une loi rendant le vote difficile pour certains électeurs. Critiqué par plusieurs entreprises, dont Coca-Cola et la compagnie aérienne Delta, l'État a subi des représailles. En guise de protestation, les ligues majeures de baseball (MLB) ont par exemple déménagé leur match des étoiles, qui devait avoir lieu en juillet à Atlanta.

Des initiatives similaires à celles prises en Georgie et en Floride sont, à différentes étapes et à divers degrés, sur la table de travail des élus républicains de la majorité des États.

Plus tôt cette semaine, plusieurs dizaines de petites et grandes entreprises, comme Microsoft, American Airlines, Unilever, HP, Patagonia et Levi Strauss, ont dénoncé, de façon préventive, les projets de réforme électorale au Texas.

Les républicains invoquent les allégations, sans fondement, de fraudes électorales massives martelées par Donald Trump après la présidentielle de novembre dernier – et même avant.

Le 45e président américain et ses alliés ont pourtant essuyé des dizaines de revers devant les tribunaux.

Avec les informations de Sun Sentinel, et Miami Herald

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