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Vaccination des 12 à 17 ans : soulagement et questionnement en Outaouais

Animateurs de camps de jour assis dans l'herbe lors d'une formation dans un parc.

Est-ce que les adolescents devront être vaccinés pour travailler sur les plages ou dans les camps de jour?

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À quelques semaines de l’été, l'annonce du ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Christian Dubé, à l’effet que les adolescents de 12 à 17 ans seront vaccinés, apporte beaucoup de soulagement en Outaouais.

Le ministre a par la suite précisé que les travailleurs des camps de jour peuvent se faire vacciner dans la catégorie 9 des travailleurs essentiels, à condition qu’ils montrent une preuve d'embauche.

Quelqu’un de 17 ans n’a pas à attendre la fin juin pour obtenir son vaccin, en autant qu’il puisse montrer la preuve d’emploi dans son camp, il pourra être vacciné.

Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

L’un des scénarios envisagés est d’utiliser les écoles pour administrer leur première dose aux jeunes avant la fin des classes et la deuxième, à la rentrée. Les camps de jour, on va s’organiser pour avoir deux doses pour ces gens-là, soutient le Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique, en point de presse, jeudi.

En Outaouais, beaucoup de citoyens se demandent si la vaccination sera obligatoire pour les adolescents qui travaillent dans les camps de jour ou qui occupent des postes de sauveteurs, par exemple.

Pour l’instant, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais précise qu’il est trop tôt pour fournir des informations quant à la logistique et la préparation et que plus de détails seront fournis ultérieurement.

Mercredi, en point de presse, la Dre Brigitte Pinard, directrice de la santé publique par intérim du CISSS de l'Outaouais, a précisé que la vaccination n’est pas obligatoire au Québec. En revanche, elle est fortement mise de l’avant.

Elle ne l’a pas été pour les adultes, elle ne le sera pas non plus pour les jeunes. Lorsque ce sera possible de vacciner les plus jeunes, nous allons bien sûr mettre en place une campagne de vaccination et en faire la promotion, tout comme on le fait présentement pour la population adulte, soutient la Dre Pinard.

Une femme accorde une entrevue via vidéoconférence.

Dre Brigitte Pinard, directrice de la santé publique au CISSS de l’Outaouais

Photo : Radio-Canada

À savoir s'il serait préférable que les adolescents qui travailleront avec d'autres enfants soient vaccinés, la Dre Pinard est restée vague.

On va encourager les gens à se faire vacciner. On aura peut-être besoin d’ajuster nos messages pour les convaincre de l’importance de la vaccination, mais je suis persuadé qu’une bonne majorité devrait aussi se faire vacciner, comme on voit présentement une très bonne adhésion de la population à la vaccination.

Des emplois de première ligne

Une mère de deux adolescents, Élise Charlebois, dit qu’elle aimerait que ses deux enfants reçoivent le vaccin et que c’est ce qu’ils souhaitent aussi. Elle voudrait même aller plus loin.

Pourquoi ne pas en faire profiter à toute la population active? Les jeunes de 16 et 17 ans, [...] ce sont des emplois de première ligne qu'ils ont, à l’épicerie, dans les camps de jour, les sauveteurs... Ils sont en contact avec le public.

Sa fille, Charlie Huguet-Latour, 16 ans, a bien hâte de retrouver une vie normale, et pour cela, cela passe par la vaccination, dit-elle. Ça va nous protéger, mais aussi protéger les gens autour de nous, nos parents et nos grands-parents, a dit celle qui souhaite aussi retourner à l’école.

Une autre raison qui fait en sorte que Charlie souhaite recevoir son vaccin contre la COVID-19 : elle sera monitrice dans un camp de jour, cet été. Les enfants demeurent des vecteurs [de transmission]. Un vaccin nous permettra cet été d’être en sécurité avec les enfants et de nous donner une assurance que tout se passe bien et qu’il n’y ait pas d’éclosion, estime-t-elle.

Une mère et sa fille posent pour une photo.

Élise Charlebois et sa fille de 16 ans, Charlie Huguet-Latour

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

De son côté, le directeur général de l'Association des camps du Québec, Éric Beauchemin, affirme que ça ne sera pas obligatoire d’être vacciné pour travailler.

C'est sûr que ça fait partie des atouts supplémentaires qu'on aurait pour faire en sorte d'ouvrir les camps de vacances de façon sécuritaire cet été, les camps de jour aussi. Oui, c'est un atout, mais ça ne sera pas obligatoire en ce qui nous concerne.

Ce qu'on veut, c'est que la COVID-19 ne rentre pas sur nos sites de camps. Si des animateurs sont vaccinés, un, ils ne tomberont pas au combat et, deux, ça leur permet de concilier vie personnelle et vie professionnelle.

Une citation de :Éric Beauchemin, directeur général, Association des camps du Québec

Par courriel, la Commission scolaire des Draveurs dit, quant à elle, ne pas avoir de détails quant à la vaccination des adolescents et qu’elle est en attente des directives des instances de santé publique.

Et du côté de l'Ontario?

En Ontario, la ministre de la Santé, Christine Elliott, a affirmé que la province étudie la façon dont elle va déployer la vaccination pour les 12 ans et plus.

La ministre dit aussi être en discussions avec le ministère de l’Éducation pour trouver une façon de vacciner ces jeunes contre la COVID-19 dès que possible.

Tous les élèves de l’Ontario poursuivent leur enseignement en mode virtuel depuis l’ordre de rester à la maison décrétée par le gouvernement Ford. Rappelons que le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, n’a pour le moment pas précisé quand les élèves pourraient retourner en classe, affirmant attendre le feu vert de la santé publique.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Mercredi, la médecin chef de Santé publique Ottawa (SPO), la Dre Vera Etches, n'a pas voulu préciser si les adolescents qui travaillent dans les camps d’été ou autre devraient être vaccinés pour occuper leurs postes.

C’est important pour la protection de la population et la prochaine étape pour la province, c’est de déterminer comment on va inclure cette population dans le programme provincial, soutient la Dre Etches.

On va faire des opérations, des activités pour vacciner cette population, similaire peut-être à notre approche avec d'autres vaccins, précise la Dre Etches. Nous vaccinons chaque année dans les écoles, on peut utiliser différentes approches comme cela pour ce vaccin.

Mais SPO doit attendre les consignes provinciales avant d'aller de l'avant. On verra dans les prochaines semaines, la direction de la province et les détails, conclut la Dre Etches.

Dre Vera Etches en entrevue devant le Collège catholique Mer Bleue.

La médecin-chef de Santé publique Ottawa (SPO), Vera Etches

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

La présidente de l'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy, dit être en faveur de toute forme de vaccination afin d’assurer la sécurité du personnel scolaire, des élèves et des membres de leur famille.

Quand le personnel et les enfants sont vaccinés, il y a moins de transmission qui peut se faire dans et hors de la communauté de l’école.

Elle souhaite que l’Ontario s’appuie sur les experts en santé pour gérer cette campagne de vaccination, mais elle avoue être déçue depuis plusieurs mois que le gouvernement de Doug Ford écoute les avis qui lui conviennent, une incohérence qu’elle juge dangereuse.

Avec les informations de Jérémie Bergeron, de Stéphane Leclerc, d’Emmanuelle Poisson et de Frédéric Pepin

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