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Sentiment d’injustice dans une Beauce divisée par les mesures sanitaires

Une affiche de la route 173 nord et sud en Beauce.

Le sud de la Beauce est toujours sous le coup de mesures d'urgence, alors qu'un allègement des consignes sanitaires s'amorce dans le nord du territoire.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Si une moitié de la Beauce peut souffler un peu avec l'allégement des mesures sanitaires entrant en vigueur lundi, un sentiment d’injustice s’installe dans l’autre, où le niveau d’alerte est toujours au maximum. Ce territoire scindé en deux entraîne une concurrence déloyale, déplorent des commerçants.

C’est beaucoup plus difficile pour nous de faire notre bout de chemin en étant fermés, alors qu’à cinq minutes de chez nous, les gens peuvent aller toucher et essayer les produits. Nous, tout doit se faire en mode virtuel, se désole la propriétaire de la boutique Mes souliers chéris, Sophie Giguère.

La boutique de Mme Giguère est située à Saint-Joseph-de-Beauce, municipalité voisine de Vallée-Jonction. La limite des deux villes marque la frontière entre les MRC de Robert-Cliche et de la Nouvelle-Beauce.

Carte des paliers d'alerte à partir du 10 mai 2021 dans Chaudière-Appalaches.

La région de la Beauce est divisée en deux paliers d'alerte.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

D’un côté, le couvre-feu est à 20 h et les commerces non essentiels sont fermés. Et de l'autre, à quelques kilomètres au nord, l’économie reprend tranquillement et les balades en soirée peuvent s’étirer jusqu’à 21 h 30.

La santé publique a jugé la situation épidémiologique encore trop critique dans les MRC de Beauce-Sartigan, de Robert-Cliche et des Etchemins pour alléger les mesures sanitaires comme en Chaudière-Appalaches.

Mesures transitoires

Le maire de Saint-Joseph-de-Beauce croit que le gouvernement n’aurait pas dû créer une ligne aussi franche entre sa municipalité et celle de Vallée-Jonction.

Pierre Gilbert souhaite le déploiement de mesures transitoires afin de ne pas pénaliser les commerces locaux qui sont encore dans le rouge foncé. Le couvre-feu pourrait être maintenu à 20 h tout en permettant aux commerces d’accueillir les clients.

Il faut diminuer les contacts entre amis ou familles. Pour ce qui est des commerces non essentiels, je crois qu’il aurait pu y avoir une facilitation, affirme-t-il.

La propriétaire de la boutique Mes souliers chéris à Saint-Joseph-de-Beauce, Sophie Giguère.

Sophie Giguère espère que sa clientèle sera fidèle.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Sophie Giguère est du même avis. D’autant plus qu’elle est pratiquement la seule boutique qui ne peut pas accueillir la clientèle dans le centre commercial où elle est située.

Restaurant, Société des alcools du Québec, pharmacies, épiceries : toutes les entreprises autour de la sienne attirent beaucoup plus de clients qu’elle ne peut l’espérer avec ses produits.

On s’attendait à une flexibilité un petit peu plus grande du gouvernement. Présentement, la contagion n’a pas été prouvée dans les magasins, soulève-t-elle.

Solidarité et prudence

La Chambre de commerce et d’industrie Nouvelle-Beauce fait appel à la solidarité des Beaucerons et demande aux commerçants de son territoire de ne pas solliciter les clients des zones rouge foncé.

C'est une question de respect entre commerçants. On sait ce que c’est d’être fermé. Je pense que la population en général va respecter ça, affirme la directrice générale, Nancy Labbé.

La directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie Nouvelle-Beauce, Nancy Labbé.

La directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie Nouvelle-Beauce, Nancy Labbé

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Mme Labbé croit aussi que les clients doivent respecter les limites des territoires pour ne pas entraîner de nouveaux cas de COVID-19 en Nouvelle-Beauce. La mise en place de mesures d’urgence en Estrie dans la MRC du Granite lance un signal de prudence, selon elle.

On peut se poser la question s’il y a des gens des territoires du sud de Saint-Georges qui ont voulu aller magasiner dans la région. C'est une chose fort possible, affirme-t-elle.

Période cruciale

Sophie Giguère espère que cet appel sera entendu. Elle souligne que le printemps est une période importante pour son commerce de souliers.

Ce sont des périodes qui sont très achalandées dans le commerce de détail. C’est le début de la saison. Les gens ont besoin de changement, dit-elle.

Si les clients vont dépenser leur budget dans les commerces des zones rouges, ce sont des ventes qui ne reviendront pas lorsque ce sera son tour d’ouvrir boutique, s’inquiète la jeune commerçante.

On est des petits commerces dans des régions où il y a moins d’achalandage. On a moins de visibilité. Chaque vente compte. On en a besoin.

Une citation de :Sophie Giguère, propriétaire de Mes souliers chéris
Le maire de Saint-Joseph-de-Beauce, Pierre Gilbert.

Le maire de Saint-Joseph-de-Beauce, Pierre Gilbert

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Le maire de Saint-Joseph-de-Beauce est moins optimiste. Selon lui, cette décision illogique du gouvernement va créer deux classes de commerçants en Beauce.

Les enfants, ça grandit vite. Un moment donné, ils ont besoin de pantalons, de vêtements et de chaussures. Ils ne peuvent pas attendre. S’il y a une possibilité d’aller à courte distance satisfaire ces besoins, on ne peut pas les blâmer, conclut-il.

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