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Loin de ses proches pour la fête des Mères

Une dame est assise sur sa galerie et discute avec ses petites-filles sur sa tablette électronique.

Jocelyne Pilote a très hâte de revoir ses petites-filles qui habitent en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard

La fête des Mères revêt un caractère particulier pour une deuxième année consécutive, vu qu'il est impossible de se rassembler en famille pour célébrer l'événement. Bien des grands-mères, comme Jocelyne Pilote, de Saguenay, n'ont pas pu voir leurs petits-enfants depuis de longs mois. Elle n'a pas vu ses petites-filles depuis le début de la pandémie puisqu’elles habitent en Alberta.

Comme bien des Québécois, Jocelyne Pilote croyait que la pandémie serait rapidement chose du passé après le premier confinement. Elle n’aurait jamais pu croire qu’il s’écoulerait autant de temps avant un retour à la vie normale.

Finalement, ça ne finit plus. C'est paradoxal parce qu’on dit que c'est un temps d'arrêt, mais l'âge, ça n'arrête pas.

Une citation de :Jocelyne Pilote

Ses deux enfants habitent à l’extérieur du Québec. Son fils est à Ottawa et sa fille vit depuis 23 ans en Alberta. La dame de 76 ans n’a donc pas pu voir ses trois petites-filles Julia, Evelyn et Lily-Anne Smith depuis un an et demi.

Elle ressent un certain pincement au cœur quand elle constate qu’elles ont grandi depuis leur plus récente rencontre.

Une mère est en discussion avec ses deux enfants.

Isabelle Tremblay discute plusieurs fois par semaine avec sa mère Jocelyne Pilote. Elle est accompagnée de ses filles Evelyn et Lily-Anne Smith.

Photo : Radio-Canada

Les enfants changent rapidement. La jeune de neuf ans, on dirait que je ne la reconnais plus parce que la dernière fois que je l’ai vue, elle avait ses dents de bébé. Là, maintenant, ce sont des dents d’adulte, illustre-t-elle.

La tablette, oui, mais..

Sa petite-fille qui a 13 ans aimerait pouvoir discuter avec sa grand-mère en personne.

Ce n'est pas pareil avec FaceTime comme quand on allait chez elle, qu'on allait au lac. C'était plaisant. Puis, on ne peut plus faire ça, déplore Evelyn Smith.

Moi aussi, j’aimais ça aller au lac et relaxer dans les hamacs dans sa cour.

Une citation de :Lily-Anne Smith, neuf ans

Pour maintenir une relation de proximité avec ses petites-filles, Jocelyne Pilote a décidé de correspondre avec elles.

Je me suis dit : ''Si on s’écrivait, ce serait bien''. Ma fille a donc mis des petites boîtes aux lettres aux portes de chacune de leurs chambres.

Des rites importants

Selon la professeure en travail social à l’Université du Québec à Chicoutimi, Ève Pouliot, les rassemblements annuels, comme Noël ou la fête des Mères, sont importants pour l’être humain.

Ce sont des rites qui reviennent. Il y a une régularité là-dedans, il y a des célébrations, ce sont des moments de rassemblement, des repères dans la vie. C'est excessivement important, c'est rassurant pour l'être humain aussi. Et la perte de repères, c'est anxiogène, c'est difficile pour tout être humain, résume-t-elle.

Ève Pouliot ajoute que pour les personnes plus âgées, la perception du temps n’est pas la même que pour les plus jeunes.

La personne se dit : ''Là, je suis en train de perdre des moments avec mes petits-enfants, avec ma famille qui ne reviendront jamais et je ne sais pas combien de temps il me reste à vivre”, souligne la professeure.

C’est pourquoi la solitude liée à la pandémie peut être plus éprouvante pour les grands-parents.

Se revoir cet été ?

Jocelyne Pilote reste néanmoins positive. Elle croit qu’elle arrivera à revoir ses proches cet été. Paradoxalement, ce sera pour la cérémonie funéraire du père de ses enfants qui a été repoussée en raison des contraintes sanitaires.

Sa fille Isabelle a déjà acheté cinq billets d'avion pour venir au Saguenay–Lac-Saint-Jean cet été, même si les règles qui s’appliqueront à ce moment sont encore inconnues.

C’est pourquoi Jocelyne Pilote lance un appel à la population.

Si tout le monde respecte les consignes, je vais pouvoir voir mes enfants et mes petits-enfants, dit celle qui n’a même pas la possibilité de les rencontrer à l'extérieur, à deux mètres de distance parce qu'ils habitent dans d'autres provinces.

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