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Les députés albertains opposés aux restrictions sanitaires restent silencieux

Photomontage d'Angela Pitt et de Drew Barnes.

Les députés Drew Barnes et Angela Pitt ont été parmi les plus opposés aux restrictions sanitaires en Alberta.

Photo : La Presse canadienne / CBC

Les 17 députés conservateurs unis qui s’étaient prononcés contre les restrictions sanitaires le mois dernier sont silencieux depuis l’annonce de restrictions plus strictes mardi. La fronde n'est toutefois pas écartée, selon des politologues.

Ces députés ont causé un tollé en s’opposant publiquement aux mesures de santé publique en avril, alors que les cas de COVID-19 commençaient à augmenter de manière inquiétante en Alberta. Aucun d’entre eux n’a répondu à nos demandes d’entrevue.

Questionné sur l’appui de son caucus aux nouvelles mesures, le premier ministre, Jason Kenney, a affirmé mercredi : Il n’y a jamais d’unanimité, mais ma compréhension est qu’il y a un large consensus au sein de notre caucus sur le besoin pour des mesures supplémentaires.

Par ailleurs, il a répondu à une question portant sur de possibles conséquences pour ces députés s’ils s’opposaient encore aux mesures sanitaires.

J’ai été clair à propos des paramètres : nous n’allons pas tolérer que des gens conseillent aux Albertains de violer les règles de santé publique, encouragent la désobéissance civile ou le fassent eux-mêmes.

Une citation de :Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta

Ce n’est pas un secret que des députés ruraux de mon caucus ont demandé une approche régionale qui reflète la faible densité de population et de cas actifs dans certaines régions rurales. Nous l’avons inclus dans notre approche de manière prudente, a ajouté Jason Kenney.

La fronde n'est pas écartée

Le professeur de sciences politiques de l’Université Mount Royal de Calgary Duane Bratt affirme qu’il est encore tôt pour affirmer hors de tout doute que la fronde de ces députés est écartée. Il est toutefois surpris de n’avoir entendu aucun d’entre eux se prononcer publiquement sur les restrictions, notamment celui qui manifeste le plus son opposition, Drew Barnes.

Nous allons voir s’ils acceptent ces mesures. Peut-être qu’ils ont été menacés ou réduits au silence [par le premier ministre], dit Duane Bratt.

Le professeur de sciences politiques du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily croit que, si les députés avaient réellement changé d'avis, ils l'auraient dit publiquement.

En Alberta, on a l’impression que les choses sont calmes alors qu’au contraire, ça bouillonne. C’est une des caractéristiques de la grande famille conservatrice, explique-t-il.

Quand on n'entend rien en Alberta, c’est souvent signe qu’il y a quelque chose qui se prépare.

Une citation de :Frédéric Boily, professeur de sciences politiques au Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta

Il croit que les députés dissidents pourraient choisir de concentrer leurs efforts sur le vote de confiance envers Jason Kenney, qui doit avoir lieu à l’automne 2022.

Frédéric Boily croit que le premier ministre a encore une marge de manœuvre pour punir des députés qui s’exprimeraient contre les restrictions annoncées, mais s’il le fait trop fortement, certains pourraient être tentés de rejoindre le Parti Wildrose pour l’indépendance.

Les deux politologues notent qu'il est essentiel pour Jason Kenney de faire taire la grogne au sein de son caucus pour espérer régler le problème de respect des mesures sanitaires. Toutefois, même s'il y parvient, les dommages sont irréversibles, affirme Duane Bratt.

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