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Camping interdit sur les plages à Gaspé : Gespeg s’estime ignorée par Québec

Le chef de la Nation Micmac de Gespeg, Terry Shaw

Le chef de la Nation Micmac de Gespeg, Terry Shaw, souhaite reprendre les discussions avec Québec (archives).

Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares

Radio-Canada

La Nation Micmac de Gespeg se dit d'accord avec l'importance de protéger les plages, mais aimerait que la nouvelle réglementation adoptée par la Ville de Gaspé pour interdire le camping sur les plages publiques tienne compte des droits ancestraux de la communauté.

Dans une entrevue à l'émission Au coeur du monde, le chef Terry Shaw rappelle que les plages de Gaspé se trouvent en partie sur un territoire non-cédé et revendiqué par les Micmacs.

Il déplore que cet élément ne semble pas avoir été pris en compte lorsque la Ville de Gaspé a négocié des baux de location avec le gouvernement du Québec pour devenir locataire de ses plages publiques.

Gespeg ne peut pas nécessairement appuyer la Ville dans le sens que c’est une question de délégation de pouvoir en territoire non-cédé.

Une citation de :Terry Shaw, chef de la Nation Micmac de Gespeg

Terry Shaw aurait souhaité que le règlement permette aux Micmacs de camper sur les pages, une activité qui fait partie de leurs traditions.

Il faut avoir des discussions afin de voir [s'il pourrait y avoir] des exceptions et s'organiser pour être capables de permettre aux membres de Gespeg de continuer d’y exercer leurs activités traditionnelles et passer des nuits là, indique-t-il.

Un tipi se dresse devant la baie.

La communauté micmaque de Gespeg est située entre le centre-ville de Gaspé et le parc national Forillon (archives).

Photo : Radio-Canada / Léa Beauchesne

Plus tôt cette semaine, le maire de Gaspé, Daniel Côté, a pourtant assuré avoir consulté la Nation Micmac de Gespeg avant d'adopter le nouveau règlement.

Terry Shaw reproche aussi au ministère de l’Environnement et au ministère des Ressources naturelles d’avoir signé des ententes reposant sur des terres ancestrales, sans avoir consulté le conseil de bande.

C’est pas à la Ville de mener [les négociations]. C’est le gouvernement qui détient ce pouvoir et ces responsabilités. Il n’a pas rempli ses obligations envers une Première Nation. Ça, ça nous préoccupe beaucoup, affirme le chef.

Il précise néanmoins que sa communauté souhaite elle aussi éviter les débordements observés l'été dernier. On ne s'oppose pas. Le résultat nous rejoint parce qu'on veut protéger le territoire, assure-t-il.

Des véhicules et des tentes sont installés entre une plage et un chemin de fer à Douglastown, en Gaspésie.

À l'été 2020, plusieurs campeurs se sont installés directement sur la plage de Douglastown, malgré les interdictions (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Le chef espère donc reprendre les discussions avec Québec et estime qu'il faut clarifier la situation avant la saison touristique.

La Nation a également envoyé des lettres aux ministères concernées, mais n'a obtenu aucune réponse pour le moment, une attitude que Terry Shaw interprète comme un manque de respect.

Quand on parle de réconciliation, faudrait voir concrètement si on dit qu'on veut faire de quoi ensemble. On devrait être assis ensemble au départ et non à la fin où on se fait imposer.

Une citation de :Terry Shaw, chef de la Nation Micmac de Gespeg

Il indique toutefois entretenir une bonne relation avec la Ville de Gaspé.

Au moment de publier ces lignes, les ministères concernés n'avaient pas donné suite à nos demandes d'entrevue à ce sujet.

Avec les informations de Bruno Lelièvre

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