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Allégations d’inconduites à l'Université de Moncton : Andréi Zaharia congédié

Andréi Zaharia en entrevue dans un couloir.

Le professeur Andréi Zaharia (archives).

Photo : Radio-Canada

Pascal Raiche-Nogue

L’Université de Moncton annonce avoir « rompu le lien d’emploi » avec un professeur d’art dramatique qui était visé par des allégations d’inconduites.

L'établissement ne nomme pas le professeur en question, mais Radio-Canada a été en mesure de confirmer qu'il s'agit d'Andréi Zaharia.

Andréi Zaharia avait été suspendu en juillet, après que d'anciennes étudiantes aient dénoncé des comportements allégués, qu'elles ont décrits comme du harcèlement sexuel et des propos sexistes et misogynes.

Dans un communiqué de presse publié jeudi, l’institution indique qu’elle a pris cette décision après avoir pris connaissance du rapport externe qu’elle avait commandé sur ces allégations.

Le recteur Denis Prud’homme affirme que son établissement doit faire tout ce qu’il peut pour favoriser la mise en place d’un environnement de travail et d’enseignement sain, exempt de violence et de harcèlement. Il ajoute qu’il s’agit non seulement d’un devoir, mais une responsabilité.

D'anciennes étudiantes soulagées

Brigitte Gallant est assise sur un banc sur le campus à l'Université.

Brigitte Gallant a commencé sa formation en art dramatique à l’Université de Moncton en 2010.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Brigitte Gallant, une diplômée du département d’art dramatique qui avait porté plainte contre Andréi Zaharia auprès de l’Université de Moncton, accueille favorablement la nouvelle.

Elle l’a apprise jeudi matin, lorsque le recteur l’a appelée pour la lui partager.

Je suis beaucoup plus soulagée que je pensais que j’allais l’être. Ça m’a comme...je ne m’y attendais plus, on dirait. C’était poussé en arrière de ma tête, je n’y pensais même plus. Et ça m’a juste surpris, affirme-t-elle en entrevue avec Radio-Canada.

Une autre diplômée qui avait porté plainte, Stacy Arseneault, a elle aussi appris le congédiement d’Andréi Zaharia de la bouche du recteur. Elle peine encore à y croire.

Stacy Arseneault assise sur un banc à l'extérieur.

Stacy Arseneault a étudié à l'Université de Moncton entre 2012 et 2017; elle a signalé les comportements du professeur après son baccalauréat.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Je ne le réalise pas encore, parce que ça fait quelques années que j’essaie de dénoncer ça et ça n’aboutit pas, dit-elle.

Si elles ont dénoncé les comportements allégués de leur ancien professeur, c’est entre autres parce qu’elles ne voulaient pas que d’autres personnes vivent la même chose. La décision de l’Université de Moncton, elles l’applaudissent.

Je pense que c’est la meilleure décision que l’Université pouvait faire pour les futures générations qui s’en viennent à l’Université de Moncton, de ne pas avoir à subir ça, soutient Stacy Arseneault.

Brigitte Gallant abonde dans le même sens. J’ai passé le matin à vraiment penser aux étudiants qui sont là présentement, aux futurs étudiants. Quand j’ai déposé ma plainte, quand j’ai participé à l’enquête, c’était vraiment pour protéger les futures générations, dit-elle.

Le syndicat et la fédération étudiante réagissent

L’Association des bibliothécaires, professeurs et professeurs de l’Université de Moncton (ABPPUM), a publié un très court communiqué de presse à ce sujet, jeudi après-midi.

Elle rappelle que son rôle est d’agir en qualité de syndicat et qu’à ce titre, elle prendra toutes mesures susceptibles de sauvegarder et promouvoir les intérêts de ses membres.

L’ABPPUM conclut sa courte déclaration en indiquant que ses membres ont droit à une juste représentation et que son rôle est de les soutenir dans ces démarches.

La Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) a elle aussi réagi par voie de communiqué. Elle reçoit bien cette décision, mais avec quelques réserves.

La FÉÉCUM trouve entre autres qu’il a fallu du temps pour que l’Université de Moncton prenne cette affaire au sérieux et que l’enquête a traîné en longueur.

On a constaté une lenteur considérable dans la procédure. Cependant, des décisions comme celle que vient de prendre l’Université sont encourageantes, affirme la présidente de la fédération, Mathilde Thériault.

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