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Une école organise des rencontres virtuelles entre élèves et aînés de tous horizons

Des élèves dans une classe.

Pendant une heure, les élèves discutent avec une personne âgée vivant à l'étranger.

Photo : Julie St-Onge

Depuis janvier, l'École francophone Terre des Jeunes, à Calgary, organise des échanges entre ses élèves et des aînés du Canada et de l'étranger. Une initiative qui recrée du lien en pleine pandémie et qui permet le dialogue entre deux générations éloignées qui se comprennent beaucoup mieux qu'on ne peut le croire.

Est-ce que votre pays a été colonisé?, demande le premier élève à prendre la parole. Oui, par les Français et on a eu l'indépendance en 1955, répond Saadia Ait Sghair.

Cette classe de 5e année entame, ce mardi-là, sa troisième rencontre avec une personne âgée. Après Monsieur Réal et Monsieur Charles, c'est au tour de Madame Saadia qui leur parle en direct du Maroc, à plus de 8000 km.

Pendant une heure, la vingtaine d’élèves lui posent des questions préparées à l’avance.

De la nourriture à la politique

On a parlé de la culture marocaine, de mon âge, de ce que j'ai fait quand j'étais jeune, est-ce que je jouais pendant la récréation, mes études, ce que je mangeais : légumes, fruits, viande, explique Saadia Ait Sghair, qui vit près de Rabat, la capitale marocaine, et Calgary, où vivent ses petites-filles.

Saadia Ait Sghair sur une plage avec des enfants au Maroc.

Saadia Ait Sghair, au centre, participe dès qu'elle le peut à des activités avec des enfants, comme sur cette photo prise au Maroc.

Photo : Saadia Ait Sghair

Les aînés sont souvent des proches d'enfants de l'école ou des relations du réseau de l'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) régionale de Calgary. Tous les thèmes sont abordés sans tabou durant ces rencontres virtuelles. Avan Labeyrie, 11 ans, se rappelle de la discussion avec Monsieur Réal, depuis le Québec.

Je lui ai demandé qu’est ce qu'il a voté quand il y avait [le référendum sur] l'indépendance du Québec. Il nous a expliqué que ce n’était pas un mouvement démocratique contre le Canada, mais juste pour être un pays, raconte-t-il.

Avan Labeyrie devant l'École Terre des Jeunes.

Avan Labeyrie se rend compte de la différence de styles de vie entre ces deux générations.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Lina Ghazi, assise au fond de la classe, a souvent eu la main levée. Je leur ai demandé s’ils avaient déjà vécu de l’intimidation et de la discrimination, par rapport à la couleur et au statut. Dans plusieurs histoires que mon père m'a racontées du passé, il y en avait beaucoup.

Vivre sans la technologie

Beaucoup de questions fusent sur la vie de francophones en milieu minoritaire et sur le quotidien sans technologie.

Il n’y avait pas trop la télé comme aujourd’hui. Il y avait moins la voiture, constate Avan Labeyrie. C’était drôle de voir que maintenant, on regarde la télé plus souvent, alors qu’eux jouaient plus souvent dehors.

Je me suis dit que je ne passais pas assez de temps dehors, affirme Lina Ghazi. Je vais plutôt essayer d’aller dehors s'il fait beau parce que les écrans ne sont pas vraiment bons.

Lina Ghazi devant l'École Terre des Jeunes.

Les grands-parents représentent un miroir de notre passé, selon Lina Ghazi, 10 ans.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Après les rencontres, certains élèves ont commencé à jouer à des jeux qui ont été mentionnés, [comme] le cloche-pied, raconte Julie St-Onge, directrice adjointe de l’École Terre des Jeunes et enseignante de 5e année.

Briser l'isolement

Ces échanges permettent de recréer un lien social qui se fait rare durant cette pandémie.

Je trouve ça bien parce qu'ils ne peuvent pas rencontrer de gens. C'est très bien qu'ils parlent et restent pas tout seuls dans leur coin, pense Avan Labeyrie.

Sa camarade Lina est ravie de cette occasion. Elle adore les histoires de grands-parents. C'est plus intéressant que les histoires écrites dans les livres ou racontées par d'autres personnes.

Le projet a également un intérêt pédagogique, selon l'enseignante. On veut amener les élèves à se questionner et penser autre chose que leur quotidien et voir comment leur quotidien a été affecté par les générations d'avant.

À 74 ans, Saadia Ait Sghair ne se lasse pas de rencontrer les jeunes générations. On apprend beaucoup de choses. Cette génération informatisée nous apprend à nous mettre à jour et nous donne beaucoup d’idées.

Des dizaines de dessins et collages ont été envoyés à la résidence pour aînés Villa Jean Toupin de Calgary.

Dans le cadre du projet, des dizaines de dessins et de collages ont été envoyés à la résidence pour aînés Villa Jean Toupin de Calgary.

Photo : Geneviève Denaut

Depuis janvier, les enfants jusqu'à la 4e année ont également envoyé des dessins et des lettres manuscrites à des personnes âgées vivant dans le monde entier.

L'école devrait organiser des rencontres physiques dès que la situation sanitaire le permettra.

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