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Envoyé spécial

Viva Rio, une ONG au secours du système de santé brésilien

Dans la panique du début de la pandémie au printemps 2020, le système de santé brésilien, universel et gratuit, manquait cruellement de centres d’urgence. Rio et sa ville jumelle de l’autre côté de la baie, Niteroi, ont fait appel à une ONG bien établie, Viva Rio, et à son directeur fondateur, Rubem César Fernandes. Leur plus belle réalisation : l’hôpital Oceanico de Niteroi.

Rubem César Fernandes devant une fenêtre qui surplombe la ville de Rio de Janeiro, au Brésil.

Rio et sa ville jumelle de l’autre côté de la baie, Niteroi, ont fait appel à une ONG bien établie, Viva Rio, et à son directeur fondateur, Rubem César Fernandes.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Tremblay

Jean-Michel Leprince

RIO DE JANEIRO, Brésil – Il fallait faire vite. L’immeuble de Niteroi était vide. En un mois, il a été transformé en un hôpital ultramoderne consacré uniquement à la COVID et aux cas les plus graves. Il compte à présent 136 lits et il deviendra un hôpital municipal permanent.

Pourquoi avoir fait appel, par soumissions contractuelles, à une ONG? Parce qu’elle est moins bureaucratique et plus efficace que le système de santé du pays. Viva Rio, qui se spécialise dans l’aide aux plus démunis depuis 1993, ajoute ainsi la santé au temps de la COVID à ses nombreux domaines d’expertise : sécurité en milieu de violence, culture, sports, etc.

Sur la grille de l’hôpital Oceanico, des rubans multicolores. Ce sont ceux des patients qui ont survécu à la COVID. Sur l’un d’entre eux, le chiffre 1000. Le millième patient sauvé sur un total de 1600. Cela fait quand même beaucoup de décès, environ 30 %, selon Rubem César, mais c’est moins que les moyennes des hôpitaux, qui varient entre 40 % et 50 %

Confier de telles activités à des ONG a des avantages, dit Rubem César, mais il y a un risque, surtout au Brésil.

Ça donne parfois des possibilités de corruption, déplore-t-il. On a eu des scandales ici, à Rio, où le gouverneur a été démis de ses fonctions cette semaine à cause d’un scandale de corruption impliquant des organisations sociales vénales.

Il parle du gouverneur de l'État de Rio de Janeiro, Wilson Witzel, un allié du président Jair Bolsonaro, destitué par la Cour suprême du Brésil.

La justice a déterminé qu’il tenait une caisse noire pour recevoir des pots-de-vin lors de l’attribution de contrats à la suite d’appels d’offres truqués.

Son ami, l’ex-maire de Rio Marcelo Crivella, avait, lui, perdu ses élections en novembre dernier, avant d’être destitué et arrêté pour corruption neuf jours plus tard.

La solidarité au secours des affamés

Tellement de gens, surtout dans les favelas, ont perdu leur emploi ou encore des revenus provenant de petits commerces ou de menus travaux que Viva Rio a institué un programme de cartes d’alimentation pendant la COVID.

Ça a commencé par quelques communautés, avec l’aide du Canada, pour atteindre 100 000 livraisons de repas dans 450 communautés, explique Rubem César. Ça a été un mouvement de solidarité impressionnant dans le pays, peut-être le plus impressionnant qu’on ait eu dans notre histoire, cette montée de solidarité de tous côtés, au niveau des élites et aussi au niveau populaire. Ce sont les voisins qui s’aident entre eux.

Rubem César Fernandes est sans équivoque à l’égard du gouvernement de Jair Bolsonaro : la politisation de la pandémie dans un contexte si grave, c’est criminel.

Sa gestion de la COVID est sous la loupe de la CPI, la commission parlementaire d’enquête instituée par le Sénat du Brésil.

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