•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une combinaison de doses de vaccins différents ne devrait pas poser de problème

Une fiole du vaccin d'AstraZeneca entre le pouce et l'index d'une travailleuse de la santé qui la montre à la caméra.

Une fiole du vaccin d'AstraZeneca contre la COVID-19, le 7 janvier 2021 à Currie, en Écosse.

Photo : Reuters / Russell Cheyne

La Presse canadienne

Les autorités de santé publique et les immunologistes du Canada prêchent pour la patience alors que l'on jongle avec l'idée d'inoculer aux gens deux doses de produits différents dans le but d'accélérer la campagne mondiale de vaccination contre la COVID-19.

Les modifications dans les recommandations seront guidées par les résultats d'une importante étude menée au Royaume-Uni et dont les conclusions doivent être dévoilées cet été.

Pour l'immunologiste Kelly McNagny, de l'Université de Colombie-Britannique (UBC), la combinaison de deux vaccins différents représente une avenue viable puisque les vaccins à ARN, comme ceux de Pfizer-BioNTech et de Moderna, fonctionnent essentiellement de la même manière que les produits à vecteur viral, comme ceux fabriqués par Oxford-AstraZeneca et Johnson & Johnson, en créant une protéine qui déclenche une réaction immunitaire pour combattre le coronavirus responsable de la COVID-19.

Je ne vois pas de raison pour laquelle une combinaison de vaccins ne fonctionnerait pas, mais les études ne sont pas encore disponibles, a commenté le Pr McNagny, qui enseigne à la faculté de génie biomédical et de médecine génétique.

C'est une situation évolutive. Il y a amplement de données pour démontrer que si vous recevez vos vaccins selon le calendrier prévu, vous êtes très bien protégés. Le problème c'est qu'il y a un manque de vaccins

Une citation de :Kelly McNagny, immunologiste à l'Université de Colombie-Britannique

En conférence de presse cette semaine, l'administratrice en chef de la santé publique Dre Theresa Tam a déclaré que l'étude en cours au Royaume-Uni était suivie de près et a avancé que l'usage d'une deuxième dose d'un vaccin différent de la première pourrait même procurer une protection encore plus efficace.

Ces commentaires de Dre Tam faisaient suite à une sortie du Comité consultatif national de l'immunisation selon laquelle les vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna étaient préférables à ceux d'AstraZeneca et de Johnson & Johnson, qui présentent de faibles risques de caillots sanguins. Une position qui a soulevé une vague d'inquiétudes et de confusion puisque le comité d'experts est venu contredire la position de Santé Canada.

Des précisions sont attendues sous peu afin de clarifier si les gens ayant reçu une première dose du produit d'AstraZeneca devraient préférablement rester avec le même produit pour la deuxième dose, a mentionné Dre Tam.

Je crois que nous sommes tous intéressés par l'approche de combiner les différents types de vaccins, comme une première dose à ARN suivie d'une deuxième dose à vecteur viral, a-t-elle reconnu.

L'étude en cours au Royaume-Uni a débuté en février dernier avec 800 participants âgés de plus de 50 ans ayant reçu une combinaison de deux doses de vaccins de types différents en l'espace de quelques semaines ou encore ayant reçu deux doses du même produit.

Les sujets de l'étude, qui ne savaient pas quels vaccins ils avaient reçus, devaient fournir un échantillon de sang permettant aux chercheurs de mesurer le taux d'anticorps et de lymphocytes T produits par le corps pour combattre le virus.

La confusion sur les combinaisons de vaccins pourrait faire peur à certains

En Colombie-Britannique, la médecin-hygiéniste en chef Bonnie Henry souligne que l'étude du Royaume-Uni fait partie d'une série d'études surveillées de près par le Canada. Elle insiste toutefois sur l'importance pour la population de prendre le premier vaccin disponible, y compris celui d'AstraZeneca.

Dans la région de Mississauga, en Ontario, le président d'Indus Community Services, Gurpreet Malhotra, indique que son organisation a travaillé très fort pour mettre en confiance la population d'origine sud-asiatique face à la vaccination. Il craint que toute apparence de confusion au sujet des combinaisons de vaccins puisse faire dérailler la campagne de vaccination. Selon lui, trop de gens pourraient être tentés d'attendre la disponibilité d'un produit en particulier.

La mauvaise communication autour de la vaccination contre la COVID-19 a fait paniquer une importante partie de la population, croit M. Malhotra, en pointant particulièrement les gens déjà hésitants face aux vaccins en général.

Gurpreet Malhotra appelle les autorités sanitaires des provinces et du fédéral à faire preuve de patience et de parler d'une seule voix lorsque les données seront enfin disponibles au sujet des combinaisons de vaccins.

À ses yeux, la sortie du Comité consultatif national de l'immunisation n'a fait que miner la confiance du public, qui se demande maintenant s'il doit attendre de choisir sa deuxième dose.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !