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Le programme scolaire pourrait mener à des troubles alimentaires, selon des experts

Un montage présentant trois femmes.

Des experts comme la psychologue Angela Grace, la professeure Shelly Russell-Mayhew, de l'Université de Calgary, et la diététicienne Terri Knight affirment que l'ébauche de programme d'enseignement de la maternelle à la 6e année de l'Alberta est truffée d'idées susceptibles de créer des problèmes d'image corporelle et de promouvoir des troubles de l'alimentation.

Photo : CBC

Radio-Canada

Selon des diététiciens, des chercheurs et des éducateurs, l’ébauche de programme d'éducation physique et de bien-être de la maternelle à la 6e année de l'Alberta risque de nuire à la relation qu’ont les enfants avec leur corps et de promouvoir des habitudes alimentaires désordonnées.

La province a dévoilé son projet de programme d'enseignement de la maternelle à la 6e année à la fin du mois de mars et, depuis, les critiques ne cessent de fuser.

Enseignants, parents ou conseils scolaires affirment notamment que certaines parties du programme semblent avoir été plagiées et que les enseignements proposés ne correspondent pas au stade de développement des enfants.

La dernière critique en date porte sur l’image du corps et l’alimentation. Parmi ceux qui tirent la sonnette d’alarme se trouve le laboratoire de recherche sur les représentations du corps de l’Université de Calgary, qui a publié une lettre ouverte adressée aux parents.

Selon la chercheuse en chef Shelly Russell-Mayhew, les problématiques qui ressortent de leur analyse vont à l'encontre de décennies de recherches et ne favorisent en rien la santé. Le fait de mettre l'accent sur le poids et la forme du corps chez les élèves est, selon elle, un facteur de risque à la fois pour l'obésité et les troubles alimentaires.

Shelly Russell-Mayhew estime que le nouveau programme risque d'augmenter l'intimidation fondée sur le poids pour les enfants de toutes les tailles, ce qui entraînera une faible estime de soi, l'exclusion sociale et des résultats négatifs pour la santé.

Toujours selon la chercheuse, un autre problème de l’ébauche vient du fait qu’elle se concentre sur les comportements individuels. Or, elle rappelle que, d'une part, toutes les familles n’ont pas le même pouvoir d’achat et ne peuvent donc pas forcément se procurer des aliments coûteux, et que, d'autre part, ce ne sont généralement pas les enfants qui dressent la liste d'épicerie.

Le risque du jugement de soi et des autres

Selon Terri Knight, une diététicienne qui est à la tête de l’organisme Dietitians 4 Teachers, ce qui est le plus choquant, c'est que, dans le programme de première année, les élèves doivent définir les aliments comme étant sains ou non sains.

C'est une pratique peu efficace qui, selon elle, risque d’amener les élèves à penser qu’ils sont de bonnes personnes s’ils mangent de bons aliments, ou de mauvaises personnes dans le cas contraire.

Angela Grace, psychologue et ancienne professeure, craint de son côté que ces enseignements n’amènent les enfants à se comparer les uns aux autres et, donc, à se juger et à se sentir peu en confiance.

Mme Grace pense que la partie demandant aux enfants de deuxième année de suivre leur niveau d'activité physique et de se fixer des objectifs de forme physique est une mauvaise approche.

Les enfants n'ont pas besoin de faire ça. Ils ont juste besoin de jouer. Ils ont besoin de courir, avance-t-elle.

Une porte-parole du ministère de l'Éducation, Nicole Sparrow, affirme, de son côté, que l'ébauche de programme scolaire a été conçue pour que les élèves apprennent à se nourrir sainement dès leur plus jeune âge, leur donnant ainsi des connaissances pratiques pour une vie saine et active.

Dans un courriel, elle ajoute que le document a été rédigé selon des recommandations d'experts en la matière.

Un certain nombre de conseils scolaires de la province, dont les quatre conseils scolaires francophones, ont déjà décidé de ne pas mettre l’ébauche de programme à l'essai en raison de leurs préoccupations.

Avec des informations de Lucie Edwardson

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