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Pour construire un petit cabanon, vous devrez maintenant acheter du bois certifié

Des planches de bois d'oeuvre.

La fin d'une exception au Nouveau-Brunswick oblige les résidents du milieu rural à employer du bois certifié pour tout projet de construction, même des projets mineurs (archives).

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Radio-Canada

De nouvelles règles imposent l’emploi de bois certifié pour la construction de remises ou de granges dans les districts de services locaux (DSL) au Nouveau-Brunswick. Ce genre de projet pouvait jusque-là être réalisé avec du bois moins coûteux.

James Rossignol projetait de travailler sur la propriété de ses rêves à la campagne depuis deux ans lorsque la nouvelle réglementation provinciale a stoppé ses projets.

Le résident de Beresford, employé du gouvernement fédéral à la retraite, possède un terrain dans la région de Tetagouche Nord. C’est l’endroit idéal, dit-il, pour un petit ranch, un bungalow avec deux garages et une grange pour abriter quatre chevaux.

M. Rossignol explique que sa femme est une fille de la campagne, qu’elle a grandi autour de chevaux, qu’elle était très heureuse à l'idée de déménager à cet endroit et d’avoir des chevaux. C’est notre plan et notre rêve.

James Rossignol s’est rendu à la Commission des services régionaux du Restigouche pour obtenir son permis de construction pour la grange et le deuxième garage qu'il compte consacrer à des passe-temps. Le personnel, selon lui, lui a expliqué que ses projets de construction de bâtiments secondaires n’étaient pas préoccupants et qu’il suffisait d’acheter un permis de 25 $.

James Rossignol interviewé par vidéoconférence.

James Rossignol avait acheté du bois d'oeuvre non certifié et il dénonce la nouvelle obligation d'employer du bois certifié.

Photo : Zoom/CBC

Tout a soudainement changé en février quand le Cabinet de Blaine Higgs a approuvé de nouvelles règles afin d’adopter la version de 2015 du Code national du bâtiment, ce qui lui a donné force de loi.

James Rossignol avait acheté du bois provenant d’une scierie locale, mais il dit qu’un inspecteur l’a informé qu’il ne pouvait plus s’en servir et qu’il fallait maintenant du bois estampillé, c’est-à-dire du bois provenant d’une usine certifiée.

Le bois certifié est requis de longue date pour la construction de maisons et d’autres bâtiments en vertu de plusieurs versions du Code national du bâtiment.

Le Nouveau-Brunswick accordait jusque-là une exception pour les petites structures secondaires. L’exception n’a pas été renouvelée au moment d’adopter les nouvelles règles.

James Rossignol affirme que le bois provenant de la scierie locale non certifié est de meilleure qualité et moins coûteux. Il dit qu’il n’est pas riche, qu’il fait partie de la classe moyenne et qu’il tient compte de chaque dollar quand il établit un budget. Il avait préparé le budget de son projet selon les renseignements qu’il avait reçus à ce moment et il déplore que tout ait changé.

M. Rossignol affirme qu’il appuie totalement le Code national du bâtiment quand il est question d'une maison, mais il répète qu’il veut simplement construire une grange.

Les nouvelles règles sont insensées, selon le député vert de Kent-Nord, Kevin Arseneau, qui dit recevoir beaucoup d’appels et de courriels à ce sujet.

Kevin Arseneau dans son bureau.

Le député Kevin Arseneau, du Parti vert, dit recevoir beaucoup d'appels et de courriels du public au sujet des changements (archives).

Photo : Radio-Canada

Le député dit comprendre l’utilité des nouvelles règles dans le cas de projets commerciaux, industriels ou résidentiels, mais non dans le cas de la construction d’une simple remise.

Les nouvelles règles obligent les résidents en milieu rural, y compris ceux à faible revenu, d’acheter du bois plus cher pour construire toute structure mineure. Selon M. Arseneau, cela réduit grandement l’autonomie des gens en milieu rural.

Il dit se pencher sur l’abandon de l’exception depuis un mois sans pouvoir obtenir d'explication de la part du gouvernement.

Les autorités ont entendu des préoccupations au sujet des changements, selon une porte-parole du ministère de la Sécurité publique, Elaine Bell, mais elle ne précise pas les raisons qui ont mené à ces changements.

Un ouvrier manipule des planches dans une scierie.

Le ministère de la Sécurité publique dit aussi recevoir des plaintes, mais il n'explique pas pourquoi l'exception n'a pas été renouvelée (archives).

Photo : CBC/Erik White

Selon Mme Bell, le ministère est à l’écoute des gens pour voir comment répondre à leurs préoccupations et il en aura plus à dire dans les prochains jours.

Michel Boudreau, propriétaire de la scierie Boudreau à Nigadoo où M. Rossignol a acheté du bois non estampillé, dit croire que le gouvernement Higgs tente de diriger l’achat de bois vers les grandes entreprises, dont les scieries et les magasins Irving. Il souligne que les grandes entreprises ne sont pas touchées par les nouvelles règles.

Le député Arseneau n’endosse pas cette théorie, mais il dit comprendre pourquoi M. Boudreau l’a formulée.

Il rappelle que le prix des matériaux de construction augmente et il se demande si le gouvernement craignait qu’un grand nombre de consommateurs ne se rabattent sur le bois non certifié.

Selon Kevin Arseneau, dans le contexte de la hausse des prix, on ne peut s’empêcher de penser que certains groupes de pression exercent plus d’influence que d’autres dans la province.

Il ajoute qu’on lui a dit il y a environ un mois qu’une solution est à venir.

James Rossignol craint que la solution tarde à arriver, ce qui le forcerait à acheter du bois certifié à l’approche de la saison de la construction cet été. C’est encore plus frustrant, dit-il, en ajoutant qu’il doit retarder tous ses projets projetés depuis deux ans.

D’après un reportage de Jacques Poitras, de CBC

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