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Le CCNI n'a pas désavoué le vaccin d'AstraZeneca, assure la Dre Quach

Une femme porte ses lunettes relevées sur sa tête.

En plus de présider le CCNI, Caroline Quach est pédiatre microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine.

Photo : Radio-Canada

S'il y a eu confusion au cours de la semaine à la suite de recommandations formulées par le CCNI, sa présidente, la Dre Caroline Quach-Thanh, se veut claire : la première dose d'AstraZeneca est tout aussi efficace que celles de Moderna et de Pfizer-BioNTech contre les plus graves complications que peut entraîner la COVID-19.

La présidente du Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) a dû clarifier la recommandation formulée lundi, dans laquelle le CCNI a jugé que les vaccins à ARN messager (ARNm), comme Moderna et Pfizer, étaient « préférentiels » aux autres vaccins. Une déclaration qui n'a pas tardé à faire réagir les professionnels de la santé comme les citoyens.

Certains y ont vu un message allant à contre-courant de celui que tente tant bien que mal de communiquer le gouvernement fédéral, à savoir que les Canadiens devraient se faire vacciner le plus rapidement possible, en fonction des vaccins disponibles.

En entrevue à 24/60, la Dre Quach a précisé que la recommandation du CCNI n'était pas nouvelle de cette semaine. Dès le 1er mars, lorsque le comité a obtenu des rapports concernant des cas de thrombose associés à la vaccination, on avait fait la recommandation d’une utilisation préférentielle des vaccins ARN messager, a-t-elle rappelé.

Mais peut-être que le terme préférentiel a pu donner aux citoyens qui avaient déjà reçu le vaccin d'AstraZeneca l'impression de s'être fait flouer, a-t-elle reconnu. Pourtant, la position du CCNI ne se voulait pas un désaveu à l'endroit du vaccin d'AstraZeneca.

En d'autres mots, le message a été mal communiqué – ou mal compris.

La première dose d'AstraZeneca protège aussi bien que la première dose de Pfizer et Moderna contre les hospitalisations et décès causés par la souche ancestrale et par le variant britannique.

Une citation de :Dre Caroline Quach-Thanh, pédiatre et microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine

Ceux qui ont reçu le vaccin d'AstraZeneca au plus fort de la vague, au printemps, au moment où il n'y avait pas nécessairement de vaccin ARNm disponible, ont pris la bonne décision; ça les a protégés, a insisté la Dre Quach.

Une fois passée la période de deux à trois semaines au terme de laquelle l'immunité est assurée, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Quand cette période est écoulée, si on n'a pas eu de complications, c'est fini, on est protégés. Il n'y a pas de risque, a-t-elle ajouté.

Mais pour une personne qui n'aurait pas encore reçu de vaccin contre la COVID-19, il faut évaluer la part de risques, selon la Dre Quach. C'est ce que suggérait le CCNI en parlant « d'utilisation préférentielle ».

Si je suis juste à la maison à ne voir personne, je peux me permettre d’attendre [si le seul vaccin disponible est l'AstraZeneca], a-t-elle illustré. Mais si je suis dans une région où il y a énormément de transmission, le bénéfice de le prendre maintenant est tout à fait présent.

Une personne se trouvant dans une région à haut risque de contamination est donc plus à risque d'attraper la COVID-19 que de développer une thrombose, a-t-elle résumé.

Un exemple qui a mal passé

Il n'y a toutefois pas que l'avis du CCNI qui a forcé la Dre Quach à s'expliquer. Une entrevue que la microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine a accordée à CTVNews a elle aussi provoqué une levée de boucliers.

En voulant vulgariser « le risque compétitif et l'évaluation du risque personnel », la Dre Quach a déclaré qu'elle ne recommanderait pas à « sa soeur » le recours à l'AstraZeneca si celle-ci vivait dans une région où il y avait peu de transmission de la COVID-19.

Peu de temps après cette déclaration, la présidente du CCNI s'est fait taxer de contribuer à l'hésitation vaccinale.

Cet exemple – fictif, par ailleurs – n'était pas la meilleure façon d'expliquer l'avis du CCNI, a convenu la Dre Quach. J’ai donné à peu près 700 entrevues; celle-là, elle n’était pas bonne. […] À la recommencer, je ne donnerais pas cet exemple-là, mais que voulez-vous, c’est fait, a-t-elle déclaré.

À ceux qui l'accusent de semer le doute et la confusion, la Dre Quach répond qu'il est impératif de faire preuve de transparence envers les citoyens, à qui la décision appartient de se faire vacciner ou non. Tout est dans la nuance [...] C'est important de donner ces informations au public, a-t-elle dit.

Informations d'autant plus importantes, sachant que les Canadiens devront recevoir une deuxième dose de vaccin contre la COVID-19. Le Comité consultatif national de l'immunisation en est à évaluer si cette dernière dose pourrait provenir d'un vaccin différent de la première dose. D'après la Dre Quach, ce scénario n'est absolument pas écarté.

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