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Écoles en état de décrépitude : « C'est un petit peu gênant », reconnaît Roberge

Des enfants marchent devant l'école Baril où, sur les fenêtres condamnées, des affiches montrent des écoliers qui ont du mal à respirer.

En 2016, on estimait que les trois quarts des écoles du Centre de services scolaire de Montréal étaient dans un état préoccupant; 67 avaient besoin de travaux de réhabilitation majeurs et 27 devaient être démolies. (Archives)

Photo : Fernando Calderon

La Presse canadienne

L'état des bâtiments scolaires a continué de se dégrader depuis deux ans : aujourd'hui, 56 % d'entre eux sont jugés « insatisfaisants ».

C'est ce qu'a révélé mercredi le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge lors de l'étude des crédits budgétaires de son ministère.

Il était questionné par la députée Christine Labrie, de Québec solidaire, qui a fait état de vieilles écoles prises avec des crottes de souris, de l'eau qui coule et des coquerelles dans la machine à café.

Honnêtement, c'est un petit peu gênant en ce moment ce que je vous donne comme résultats et le déficit de maintien d'actifs, a reconnu le ministre.

Le pourcentage d'établissements scolaires jugés en bon état est passé en deux ans de 46 à 44. Le ministre a assuré qu'il s'attaquait au problème.

En trois ans, on va avoir investi 8,32 milliards. En trois ans, on va avoir investi autant que dans les huit dernières années, a-t-il déclaré.

Il a cependant été forcé d'admettre que son gouvernement est encore loin de son objectif d'avoir 85 % des écoles dans un état acceptable en 2021-2022.

Questions sur l'air et l'eau

À défaut d'avoir de belles classes, les enfants du Québec pourront-ils au moins respirer de l'air sain et boire de l'eau propre, ont demandé les oppositions.

Elles faisaient référence au débat épineux sur la qualité de l'air en temps de pandémie et sur le niveau de plomb dans l'eau.

Mercredi, elles ont appris que bien que des tests de CO2 et de plomb eurent été réalisés, aucune date limite n'a été donnée pour que des correctifs soient apportés.

Au chapitre de la qualité de l'air, rappelons que le taux de CO2 se situe en deçà de 1000 ppm dans seulement 51,2 % des 15 000 classes testées.

Le ministre a dit s'attendre à ce que des travaux soient faits cet été pour améliorer la ventilation.

Pour ce qui est du plomb dans l'eau, il est quand le deadline pour que tous les points d'eau redeviennent conformes et qu'on n'ait plus besoin de sacs de plastique sur les fontaines? a demandé Mme Labrie.

Elle a rapporté que, dans un centre de services scolaires de Sherbrooke, 621 points d'eau étaient non conformes. Au moins 251 ont été condamnés. Et dans le cas des 370 autres, il faut laisser couler l'eau une minute.

Ce qui est sûr, a répondu M. Roberge, c'est que les gens ne consomment plus de l'eau qui est impropre. Je pense que c'est ça qui est la priorité. Mais c'est sûr qu'ensuite, il faut avoir des fontaines d'eau.

Mme Labrie a invité le ministre à déterminer dans les prochains jours une date limite pour faire les réparations et à la communiquer publiquement aux centres de services scolaires.

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