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Deux brise-glaces polaires seront construits, dont un à la Davie

Après des années de tergiversations, Ottawa misera sur la Davie pour réaliser un des plus importants projets de sa stratégie navale.

Le futur brise-glace polaire du Canada.

Le futur brise-glace polaire du Canada.

Photo : Vard

Le gouvernement Trudeau a annoncé qu’il ira de l’avant avec la construction de deux brise-glaces polaires. Des sources gouvernementales avaient confirmé à Radio-Canada ce changement de cap, alors qu’un seul navire était prévu jusqu’ici pour renforcer la souveraineté du Canada dans l’Arctique.

Nous avons réévalué les besoins pour le Grand Nord, a confié une source proche du dossier avant l'annonce officielle. Ce seront deux brise-glaces polaires parce qu'il y a un grand besoin.

Le gouvernement libéral a confirmé en début d'après-midi jeudi que le travail sera divisé en deux. Le chantier québécois Davie et celui de Seaspan, en Colombie-Britannique, hériteront chacun d’un brise-glace.

Des sources au sein du gouvernement ont indiqué à Radio-Canada que le contrat du brise-glace polaire au Québec est conditionnel à la conclusion des négociations visant à faire officiellement de Davie le troisième chantier de la stratégie navale fédérale.

Une annonce économique et politique

Une partie des installations du chantier maritime Davie, à Lévis, au Québec.

Une partie des installations du chantier maritime Davie, à Lévis, au Québec.

Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

Avec ces futurs contrats de plusieurs milliards de dollars et à quelques mois de possibles élections fédérales, cette annonce permet au gouvernement libéral de mettre le couvercle sur la marmite d’un dossier politiquement bouillant.

L’enjeu avait récemment donné lieu à un bras de fer interprovincial au sein du gouvernement Trudeau.

Il y a deux ans, le gouvernement fédéral avait rayé le projet du seul brise-glace polaire, le John G. Diefenbaker, du carnet de commandes de Seaspan de Vancouver. Ottawa avait pris cette décision en raison notamment des retards importants au chantier et des conflits d’horaires dans la production.

La Davie avait alors considéré que le projet de construction lui revenait. Les pressions venant du Québec en faveur du chantier de Lévis n’ont jamais cessé.

Récemment, un groupe de ministres québécois s’est activé pour bloquer une offensive de collègues d’autres provinces en faveur d'un retour dans la course de Seaspan, ce qui aurait eu pour effet de réduire grandement les chances de la Davie d’obtenir ce contrat lucratif.

L'hélice d'un brise-glace en cale sèche.

L'hélice d'un brise-glace en cale sèche.

Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

Le chantier québécois n’a pas voulu s’exprimer sur le contenu de l’annonce d’aujourd’hui. Des sources confirment que les dirigeants des deux chantiers ont dû signer des ententes de non-divulgation pour limiter les risques de fuites d’information.

Davie a maintes fois répété que la construction d’un brise-glace polaire lui permettrait de créer plus de 1300 emplois sur le chantier et de 1200 autres auprès d’entreprises sous-traitantes.

Et la facture?

La question est maintenant de savoir combien coûtera la construction de deux brise-glaces polaires, alors que jamais le gouvernement fédéral n’a commandé d’aussi gros navires.

Pour l'instant, les hauts fonctionnaires ont refusé de fournir une estimation des coûts pour les deux brise-glaces lors d'une séance d'information technique, et ont déclaré que la décision de donner un contrat à chacun des chantiers était motivée par la nécessité de terminer ces navires avant que les brise-glaces lourds existants de la Garde côtière ne soient officiellement retirés des eaux.

Presque 12 ans se sont écoulés depuis l’annonce de la construction du Diefenbaker. Lancé par le gouvernement de Stephen Harper, le projet devait permettre la mise à l’eau du nouveau navire en 2017. Le Diefenbaker devait remplacer le plus grand brise-glace de la Garde côtière canadienne, le Louis S. St-Laurent, qui est en service depuis plus d’un demi-siècle.

Mais pour plusieurs experts, le Diefenbaker est rapidement devenu le symbole d’une stratégie navale qui allait dériver.

La facture du Diefenbaker avait déjà explosé. Les coûts du futur navire, d’abord évalués à 720 millions de dollars, avaient été révisés à 1,3 milliard de dollars en 2017.

Mais des sources bien au fait du dossier estimaient, en décembre dernier, que le prix d’un seul brise-glace polaire frôlait maintenant les 2 milliards de dollars.

Une annonce préélectorale, dénonce l'opposition

Selon l'opposition, le gouvernement de Justin Trudeau vise, avec cette annonce, à marquer des points dans la région de Québec et en Colombie-Britannique, où ils souhaitent conserver leurs assises, voire faire des gains.

L'opposition déplore notamment l'absence, jusqu'à présent, de contrats concrétisant le projet.

Si ça se concrétise et qu'effectivement le contrat est là et qu'il y a des centaines de bons emplois, tant mieux, a lancé le lieutenant québécois du Nouveau Parti démocratique, Alexandre Boulerice. Mais les libéraux se sont traîné les pieds depuis six dans le dossier du chantier Davie et nous arrivent à la dernière minute avec quelque chose qui fait miroiter des emplois. On espère que ça va se concrétiser, mais ça a l'air clairement d'une annonce préélectorale.

Je ne vois là qu'une stratégie à caractère électoral, a quant à lui déclaré le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet. Je serai le premier à me rétracter [...] s'il y a un contrat noir sur blanc, signé, qui donne le brise-glace à Québec.

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