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De la discrimination raciale a mené à une contravention à Halifax, selon un jugement

Les bureaux du service policier d'Halifax.

L'entrée des bureaux du service policier d'Halifax.

Photo : CBC/Robert Short

Radio-Canada

Un tribunal des droits de la personne en Nouvelle-Écosse conclut que des policiers d’Halifax ont fait de la discrimination raciale en 2017 lorsqu’ils ont surveillé un citoyen afro-néo-écossais et lui ont remis une contravention pour avoir soi-disant traversé une rue ailleurs qu’à un passage piétonnier.

Au matin du 24 janvier 2017, Gyasi Symonds est sorti de l’édifice où il travaillait sur la rue Gottingen, dans le quartier nord d’Halifax, pour aller se chercher un café au Nook Espresso Bar.

Il a traversé la rue sans utiliser le passage pour piétons et deux policiers municipaux, Pierre-Paul Cadieux et Steve Logan, l’ont vu. Ils lui ont servi un avertissement verbal pour cette infraction, puis l’ont laissé poursuivre son chemin.

Cette interaction a été brève et cordiale, a indiqué le président du tribunal des droits de la personne, Benjamin Perryman, dans sa décision, remise mercredi.

À sa sortie du café, les deux agents guettaient M. Symonds. C’est là que les versions diffèrent.

M. Symonds dit avoir traversé la rue à l’intersection, au passage pour piétons. Les policiers affirment qu’il a traversé au milieu de la rue sans céder la voie à un autobus. Ils ont suivi le citoyen jusqu’à son lieu de travail et lui ont remis une contravention de 410 $ dans le lobby du bâtiment.

L'enseigne d'un café sur le trottoir sous une forte pluie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les faits au centre de cette affaire se sont produits près de ce café de la rue Gottingen, dans le quartier nord d'Halifax.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Dans sa décision, le président du tribunal estime plus probable que M. Symonds n’était pas coupable de l’infraction. Il a noté des incohérences dans le témoignage des deux policiers, et a estimé que la version du plaignant était crédible.

Je n’irai pas jusqu’à dire que les agents de la Police régionale d’Halifax ont fabriqué leur preuve, écrit Benjamin Perryman. Cependant, la preuve devant moi ne m’a pas convaincu qu’il y avait matière à donner cette contravention, et il n’y avait en premier lieu certainement pas matière à cibler le plaignant.

Des méthodes policières différentes

Le président du tribunal est particulièrement préoccupé du fait que les policiers ont choisi, après leur première interaction, de rester sur les lieux pour attendre que M. Symonds sorte du café, et ensuite l’observer.

Je juge que la race a été un facteur dans la décision des agents de police de faire du plaignant la cible de leur surveillance et de leur enquête.

Une citation de :Benjamin Perryman, président du tribunal des droits de la personne

Pour expliquer leurs actions, les policiers ont affirmé avoir utilisé une tactique pour désamorcer les situations, et déclaré qu’ils croyaient que la présence de la police allait permettre de décourager les infractions à la loi.

Benjamin Perryman n’a pas été satisfait de ces explications et a jugé que le plaignant a été soumis à des méthodes policières différentes de celles auxquelles les autres Néo-Écossais qui vaquent à leurs occupations auraient été soumis.

Il estime que la seconde interaction, dans le lobby de l’édifice, n’avait pas été cordiale, mais que les policiers n’avaient pas fait montre de discrimination raciale lorsqu’ils ont parlé à M. Symonds.

Ce sont plutôt les raisons qui ont mené à cette seconde interaction qui constituent une forme de discrimination basée sur la couleur de la peau du citoyen, a-t-il expliqué.

Benjamin Perryman ordonne à la Police régionale d’Halifax de payer un dédommagement de 15 232 $ à Gyasi Symonds pour « atteinte à sa dignité » et de lui faire des excuses par écrit.

Il suggère aussi au corps policier municipal de s’assurer que les nouvelles recrues reçoivent une formation appropriée sur la question des préjugés basés sur la race.

Le président du tribunal des droits de la personne a souligné que les policiers Logan et Cadieux étaient relativement nouveaux au moment des faits, le second n’étant à l’emploi de la force policière que depuis quelques semaines.

M. Perryman conclut que la formation qu’ils avaient reçue était inadéquate et a contribué à ce qui s’est passé.

Sa décision souligne que la police d’Halifax avait un cours sur les méthodes policières exemptes de préjugés, mais qu’il n’avait même pas été offert à ses membres entre 2009 et 2018.

Avec les informations de La Presse canadienne

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