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Washington pour la levée des brevets sur les vaccins contre la COVID

Une boîte de fiole de vaccin contre la COVID-19.

La levée des brevets sur les vaccins contre la COVID-19 ne fait pas l'unanimité.

Photo : AP / Mark Lennihan

Agence France-Presse

Les États-Unis ont annoncé mercredi qu'ils étaient favorables à la levée des brevets sur les vaccins contre la COVID-19, un geste significatif à l'heure où les pays pauvres manquent cruellement de doses, seules armes contre la pandémie qui poursuit ses ravages, notamment en Inde.

Il s'agit d'une crise sanitaire mondiale, et les circonstances extraordinaires de la pandémie de la COVID-19 appellent à des mesures extraordinaires, a souligné la représentante américaine au Commerce Katherine Tai.

L'administration croit fermement aux protections de la propriété intellectuelle. Mais pour mettre fin à cette pandémie, elle soutient la levée de ces protections pour les vaccins contre la COVID-19, a-t-elle ajouté.

Elle a précisé que Washington participait activement aux négociations menées à l'Organisation mondiale du commerce pour permettre la levée de ces brevets.

Pour l'heure, la fracture se creuse entre les nations déshéritées à la peine et les pays riches, où les campagnes de vaccination – bientôt élargies à certains groupes d'âge chez les enfants aux États-Unis et au Canada – permettent une levée progressive des restrictions sanitaires.

Exhortés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à la solidarité dans ce domaine, les membres du G7 (États-Unis, Japon, Canada, Allemagne, France, Royaume-Uni et Italie) ont discuté mercredi à Londres des moyens d'augmenter leur assistance financière ou de partager leurs doses excédentaires pour aider les États pauvres.

Exposé à des cas potentiels de COVID-19, le chef de la diplomatie indienne, Subrahmanyam Jaishankar, a été contraint mercredi de participer virtuellement à cette réunion.

L'Inde, qui subit une deuxième vague dévastatrice, a dénombré 3780 morts et 382 000 contaminations supplémentaires en 24 heures, soit plus de 222 000 décès et près de 20,3 millions de cas au total, un bilan que certains experts jugent largement sous-évalué.

Cette situation est notamment attribuée à des rassemblements religieux, comme l'immense pèlerinage hindou Kumbh Mela, qui a drainé des millions de personnes, à des rassemblements politiques autorisés ces derniers mois ainsi qu'à l'inaction du gouvernement de Narendra Modi.

Les hôpitaux sont submergés et à court de réserves d'oxygène, de médicaments, de lits, malgré l'aide internationale qui afflue.

Une demande des pays plus pauvres

Ils sont alités.

Des patients respirent avec des masques à oxygène à l'intérieur d'une salle de banquet convertie en salle de traitement, à New Delhi, le 27 avril 2021.

Photo : Getty Images / MONEY SHARMA

La levée temporaire des brevets sur les vaccins est notamment réclamée par l'Inde et l'Afrique du Sud pour pouvoir accélérer la production. Mais certains pays, dont la France, y sont opposés.

Paris plaide plutôt pour des dons aux pays démunis.

Les puissants laboratoires pharmaceutiques sont globalement opposés à la suspension de leur brevet, arguant que cela dissuade la recherche coûteuse.

Dans ce contexte, Katherine Tai reconnaît que les tractations à l'OMC prendront du temps étant donné la nature consensuelle de l'institution et la complexité des questions en jeu.

Le but [...] est de fournir le plus de vaccins sûrs et efficaces au plus grand nombre de personnes le plus rapidement possible, a dit la représentante américaine.

En Inde, la Banque centrale a annoncé 6,7 milliards de dollars de prêts bon marché au secteur de la santé. Vétuste et sous-financé, il peine à surmonter l'afflux de malades, certains trouvant la mort aux portes mêmes des hôpitaux.

Quant à la Malaisie, qui connaît également une nouvelle vague, elle va renforcer les restrictions dans sa capitale Kuala Lumpur, où seuls les commerces essentiels seront autorisés à ouvrir et les restaurants seront fermés.

Réunis à Londres depuis lundi pour leur première rencontre en personne en deux ans, les ministres des Affaires étrangères des États du G7 ont repris leurs discussions pour se pencher sur la façon de parvenir à une distribution plus juste des vaccins.

COVAX, le système de partage avec les pays pauvres, qui se fournit principalement en sérums d'AstraZeneca, patine en effet. Il n'a livré que 49 millions de doses dans 121 pays et territoires, contre un objectif de deux milliards en 2021.

En revanche, aux États-Unis, le pays le plus endeuillé par la pandémie, Joe Biden voudrait qu'au moins 70 % des adultes – contre 56 % actuellement – aient reçu une première injection d'ici la fête nationale du 4 juillet.

Le Canada a pour sa part approuvé mercredi le vaccin de Pfizer-BioNTech pour les adolescents de 12 à 15 ans.

Dans l'Union européenne, plus d'un quart de la population a reçu au moins une dose de vaccin, et plus de 9 % de ses habitants sont désormais entièrement vaccinés, selon un comptage de l'AFP.

Le gouvernement allemand a décidé d'alléger pour les personnes ayant reçu deux doses les nombreuses interdictions en place depuis plusieurs mois.

Le Parlement se prononcera en principe jeudi et vendredi sur ce texte, qui pourrait entrer en vigueur dès ce week-end.

Les ambassadeurs des 27 États membres de l'Union européenne devaient par ailleurs examiner mercredi une proposition de la Commission pour l'entrée dans l'Union des voyageurs en provenance de pays tiers ayant reçu les doses nécessaires de vaccin.

La pandémie a fait plus de 3,2 millions de morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la COVID-19, fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP mercredi.

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