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La COVID-19 n’a pas « brisé » les hôpitaux manitobains, témoigne Lanette Siragusa

Lanette Siragusa est assise à une table et parle dans un micro devant elle.

L'infirmière en chef à Soins communs Manitoba, Lanette Siragusa, lors d'un des points de presse quotidiens sur la COVID-19

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Radio-Canada

L’infirmière en chef de Soins communs Manitoba, Lanette Siragusa, a reconnu en cour mercredi que les hôpitaux de la province ont pu s’adapter aux pressions de la COVID-19, mais avertit que l’impact final de la pandémie n’est pas encore connu.

Ses déclarations sont venues dans le cadre d’une cause portée par sept églises du Manitoba.

Elles espèrent convaincre un juge que les restrictions sanitaires violent de manière injustifiable leurs libertés de conscience et de religion, d’expression et de réunion pacifique garanties par la Charte canadienne des droits et libertés.

La cause est entendue depuis lundi par le juge en chef de la Cour du Banc de la Reine, Glenn Joyal.

Les églises, situées en milieu rural, soutiennent que le médecin hygiéniste en chef de la province, Brent Roussin, n’a pas pris en considération les conséquences sociales et sanitaires du confinement.

Lors d’un contre-interrogatoire de l’avocat des églises, Jared Brown, Lanette Siragusa a déclaré qu’il était juste de dire que le système de soins de santé ne s’est pas effondré sous les pressions du coronavirus.

Oui, nous étions capables d’accueillir les personnes qui sont rentrées [dans les hôpitaux], et nous avons fait des sacrifices : […] les procédures non urgentes [reportées], certaines personnes qui ne se sont pas rendues à l’hôpital lorsqu’elles auraient dû [s'y rendre].

Jared Brown a confronté Lanette Siragusa à des chiffres de la province qui montrent, selon lui, une hausse de 112 % des hospitalisations liées à l’alcool d'avril à août 2020, et une hausse de 240 % de visites aux urgences liées aux opioïdes pour la même période.

M. Brown a ajouté que le nombre de Manitobains hospitalisés avec des blessures qu’ils s’étaient volontairement infligées a augmenté de 109 % pour la même période.

Même si le système était très occupé à cause de la COVID-19 et la hausse soudaine de choses qui ne sont pas liées à la COVID-19, le système ne s’est pas effondré.

Un professeur de médecine à l'Université de Stanford et témoin clef des défendeurs, Jay Bhattacharya, a déclaré mardi que les restrictions sanitaires nuisaient à la santé des personnes qui n’étaient pas infectées par le virus.

Les avocats de la province soutiennent que les restrictions sont des mesures raisonnables, étant donné que la pandémie a mené à 40 085 infections au Manitoba et 982 morts.

Lanette Siragusa a indiqué qu’elle n’est pas responsable d’écrire les ordonnances sanitaires, mais qu’elle fournissait de la rétroaction, en fonction de son rôle qui était de surveiller la capacité du système de soins de santé.

Elle a indiqué qu’elle soutient largement les restrictions au Manitoba.

Mme Siragusa a aussi contesté l’affirmation de Jared Brown selon laquelle les unités de soins intensifs auraient pu accueillir des douzaines de patients supplémentaires.

Du personnel médical autour d'un lit.

L'unité des soins intensifs du Centre des sciences de la santé de Winnipeg

Photo : La Presse canadienne / Mikaela MacKenzie

L’avocat se référait à un document de la province qui dit que le Manitoba a élargi sa capacité aux soins intensifs à 173 lits en novembre, lors de la deuxième vague. Dans une attestation en date de mars 2021, Lanette Siragusa affirme que 129 patients étaient aux soins intensifs.

Cela montre que la province aurait pu accueillir bien plus de patients aux soins intensifs, a soutenu M. Brown.

Lanette Siragusa n’était pas d’accord, soulignant que des éclosions avaient rendu malades des centaines de travailleurs du système de santé.

Ce qu’on a écrit comme plan n’était pas nécessairement réalisable lorsque le personnel était malade, ou qu’ils devaient s’isoler, a-t-elle fait valoir.

En date du mois d’avril, 16 000 interventions chirurgicales non urgentes ont été retardées en raison de la pandémie, a dit Lanette Siragusa. Des annulations n’étaient pas imposées par les ordonnances sanitaires, il s'agissait plutôt d'une réaction à la situation dans les hôpitaux.

Les audiences devraient durer neuf jours.

Avec les informations de Ian Froese

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