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Procès de François Asselin : un policier raconte la découverte de la scène de crime

Appelé à se rendre à l'appartement de Gilles Giasson que ses proches recherchaient, l'agent Pierre-Luc Côté-Picard a découvert qu'il se trouvait plutôt au cœur d'une scène de crime.

François Asselin, accusé du meurtre non prémédité de son père, à son arrivée au palais de justice de Trois-Rivières.

François Asselin, accusé du meurtre non prémédité de son père, à son arrivée au palais de justice de Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada

Sarah Désilets-Rousseau

Dans le cadre du troisième jour du procès de François Asselin, accusé des meurtres non prémédités et d’outrage aux cadavres de son père et d’un collègue de travail, le policier a raconté en détail, sous serment, sa soirée du 18 mai 2018, alors qu'il patrouillait avec son collègue dans le secteur Sainte-Cécile.

En milieu de soirée, il se rend au 1067 rue Sainte-Cécile après l'appel de la fille de Gilles Giasson, Isabelle Neveu, qui tente de retrouver son père. Son frère, François Asselin, vient d’être accusé pour un meurtre à Sherbrooke.

Selon l'agent Côté-Picard, Isabelle Neveu lui raconte que son père a une santé fragile et qu'il n’aurait peut-être pas tenu le coup en apprenant la nouvelle de l'arrestation de son fils. Elle lui indique avoir vu son père pour la dernière fois le 7 mai, et son frère, l'accusé, le 9 mai.

Le policier vérifie si Gilles Giasson se trouve dans un hôpital de la région, ce qui n’est pas le cas. Avec son collègue, il entame alors une enquête pour disparition.

Quand il entre dans l’appartement de Gilles Giasson, tout lui semble normal au premier coup d’œil. Il aperçoit toutefois beaucoup de serviettes suspendues.

L’agent Coté-Picard trouve les pièces d’identité de Gilles Giasson sur sa table de chevet. Son pilulier est aussi retrouvé dans la cuisine : le dernier médicament est pris en date du 8 mai. Tous les comprimés des jours suivants sont toujours dans le pilulier, témoigne-t-il.

Le vélo de Gilles Giasson est aussi dans la cuisine, alors que normalement il est près du trottoir, dans la rue, selon sa fille.

Mais rien n’accroche l’œil de l’agent, si ce n’est un ventilateur sur pied en fonction, dont la tête pointe directement vers le plancher du salon.

Le plancher était plus propre que le plafond, il était impeccable , indique-t-il. Les poubelles aussi sont vides.

Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas ici , déduit le policier, puisque le logement n'est pas particulièrement propre.

En continuant sa tournée de l'appartement, l'agent dit apercevoir une goutte de ce qu'il croit être du sang séché sur le plancher, sous le meuble de télévision, puis une plus petite sur le meuble de télévision, où il aperçoit aussi un long couteau.

Il fait ensuite une multitude de découvertes de gouttelettes de sang : sur les murs, sur le réfrigérateur, et une quantité impressionnante au plafond.

On en a trouvé beaucoup. Mais j’ai aussi localisé des traces d’essuyage. Une particulièrement évidente sur un muret entre le salon et le réfrigérateur , explique-t-il.

C’est là qu’on a constaté qu’on avait les deux pieds en plein milieu d’une scène de crime.

Une citation de :Pierre-Luc Côté-Picard, policier de Trois-Rivières

Il en avise son supérieur. La scène sera alors bouclée et protégée en permanence.

Tout au long du témoignage du policier, François Asselin, assis dans le box des accusés, barbe et cheveux longs, regarde droit devant lui, sans un regard pour le policier.

Au cours de la soirée, l'agent Côté-Picard retournera dans le logement, mais avec des gants et des couvre-chaussures cette fois. Il indique avoir fait d’autres découvertes : ce qu'il croit être des taches de sang dans le bain, dans le lavabo de la salle de bain. Il constate aussi que le rideau de douche est neuf.

Puis, alors que son partenaire fouille dans les poubelles près de l’escalier extérieur du logement, il entend celui-ci pousser un juron en ouvrant un des sacs. Son collègue vient de découvrir un rideau de douche et un coussin qu’il croit être imbibés de sang, en plus d’avoir une odeur de putréfaction avancée.

Des connaissances trouvent François Asselin perturbé

Plusieurs autres témoins ont été appelés à la barre, dans le cadre de la preuve de la Couronne, dont un bon ami de Gilles Giasson, qui a relaté sa dernière rencontre avec François Asselin. L'accusé serait venu cogner chez lui pour lui emprunter 20$, dont il avait besoin pour aller travailler à Sherbrooke, indique le témoin, Jacques La Bissonnière.

Il ressemblait à quelqu’un qui avait consommé, comme quelqu’un qui a fait des speeds. Il bougeait et il était sur le nerf , explique-t-il, alors qu'à sa connaissance, François Asselin consommait du cannabis, des amphétamines et du hashish.

Un voisin a aussi témoigné. Il a raconté que François Asselin l'avait perturbé, la dernière fois qu'il l'avait rencontré, vers le milieu ou la fin mai. Alors qu’il sortait de chez lui, il avait vu l’accusé le fixer en riant. Quand il lui avait demandé pourquoi, François Asselin lui aurait répondu: Tu es Souldia, le rappeur , une phrase qu’il lui aurait répétée à plusieurs reprises.

Il semble dans un autre monde.

Une citation de :Miguel Fréchette, un voisin

Un facteur a aussi indiqué qu'il avait dû contourner un homme avec deux gros sacs de poubelle noirs. Il bloquait le trottoir devant le 1067 rue Sainte-Cécile, le 11 mai 2018, jour de la collecte des ordures.

La Couronne compte présenter 54 témoins dans le cadre de sa preuve, dans ce procès qui doit durer 8 semaines. Les avocats de François Asselin comptent pour leur part présenter une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux et ainsi plaider l'article 16 du Code criminel.

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