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Fortune diverse pour les employés qui veulent se faire vacciner contre la COVID-19

Une dizaine de personnes forment une file près d'une affiche sur laquelle il est écrit : « vaccination sans rendez-vous ».

Certaines entreprises de l'Outaouais permettent d'aller se faire vacciner sur ses heures de travail, d'autres donnent même des cadeaux (archives).

Photo : Radio-Canada / Stéphane Leclerc

Radio-Canada

Cadeaux, sommes d’argent ou simplement libération de temps, les incitatifs pour encourager les employés à se faire vacciner contre la COVID-19 varient d’un secteur à l’autre, dans la région.

Honnêtement, on ne devrait pas rémunérer les gens pour venir faire ça. Ça devrait être laissé à eux-mêmes de décider si c’est bien ou non de se faire vacciner, lance Darquise Émond, propriétaire d’un commerce de Gatineau en route vers le Palais des congrès pour se faire vacciner.

Plusieurs entreprises ont pourtant décidé d’encourager la vaccination de leurs employés, alors que la campagne s’accélère.

C’est notamment le cas pour les quelque 48 000 employés de chez Desjardins, dont ceux des caisses de l’Outaouais et de l'Ontario. Leur employeur leur permet de s’absenter sur leurs heures de travail.

Nos employés bénéficient de trois heures par dose pour se rendre au centre de vaccination le plus proche, explique Jean-Benoît Turcotti, porte-parole du Mouvement Desjardins. On trouvait ça important d’inciter nos employés, afin de limiter la propagation de la COVID-19 dans la société.

Des différences dans le secteur public

Dans la fonction publique fédérale, les fonctionnaires travaillant sous le Conseil du Trésor fédéral ont droit à une demi-journée de congé payé pour se faire vacciner contre la COVID-19.

Mais la règle n’est pas la même au niveau provincial, au Québec.

Les sites de vaccination offrent des heures d’ouverture étendues, et ce, du lundi au dimanche. Dans ce contexte, les employés de la fonction publique qui le souhaitent sont invités à se faire vacciner sur leur temps personnel. Il est également possible de bénéficier de la flexibilité que permet l’horaire variable et il a été demandé aux gestionnaires de faire preuve de souplesse. Il est également possible de demander un congé conformément aux conditions de travail, notamment un congé pour maladie, indique le Secrétariat du Conseil du trésor par courriel.

Des gens attendent pour se faire vacciner à l'intérieur du Palais des congrès de Gatineau.

Le centre de vaccination du Palais des congrès de Gatineau.

Photo : Radio-Canada

Au niveau municipal, les employés de la Ville de Gatineau pourront s’absenter sur leur temps de travail, si leur gestionnaire les y autorise, mais ils devront prendre ces heures d’absence dans leur banque appropriée, indique la Municipalité dans une réponse écrite.

La situation est la même pour les enseignants québécois, précise la présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais (SEO), Suzanne Tremblay, citant la directive du ministère de l’Éducation.

Rappelons que la vaccination n'est pas une obligation imposée par l'employeur, mais plutôt un choix offert aux citoyens; aussi, cette option s'exerce sans libération du personnel. Nous invitons les personnes concernées à prendre rendez-vous en dehors de leurs heures de travail. Si cela n'est pas possible, elles pourraient se prévaloir des dispositions prévues aux conventions collectives applicables (ex.: congé de maladie), écrit le ministère.

Des cadeaux pour les employés vaccinés

Certaines entreprises ont pourtant décidé d’aller plus loin.

Présente à Ottawa via Cascades Récupération +, l’entreprise Cascades, par exemple, a décidé d’offrir une montre intelligente Fitbit - un outil qui les aide aussi à garder la forme - à ses employés qui veulent se faire vacciner.

Pour l’entreprise, il s’agit moins d’un incitatif que d’un remerciement, explique leur vice-président communications et affaires publiques chez Cascades, Hugo d’Amours. Le plus grand incitatif pour nos employés est de revenir à une vie normale.

Chez Produits forestiers Résolu, dont une usine de plus de 120 personnes se trouve à Gatineau, on a décidé d’adapter un programme de santé et sécurité mis en place il y a une dizaine d’années pour récompenser les sites sécuritaires.

Pour les sites et les installations de moins de 250 employés, quand ils atteindront un taux de 75 % de vaccination, on va remettre un montant de 5000 $ aux employés qu'ils pourront ensuite redistribuer, à leur discrétion, aux organismes caritatifs de leur choix. Et pour ceux de plus de 250 employés, on remettra 10 000 $, explique Louis Bouchard, directeur principal Affaires publiques et relations gouvernementales. Pour nous, c’est une façon de doubler l’impact positif de la campagne de vaccination en redonnant aux communautés où on a des opérations.

Il est évident que pour nous, il y a un avantage direct et immédiat à avoir une force de travail qui est en santé.

Une citation de :Louis Bouchard, directeur principal Affaires publiques et relations gouvernementales chez Produits forestiers Résolu

La radio CHGA-FM, à Maniwaki, a quant à elle décidé de donner un bon d’achat de 150 $ à chaque employé qui se fait vacciner.

Les employés ont le choix de les dépenser dans tous les commerces du territoire de la Vallée-de-la-Gatineau, explique Gaétan Bussière, directeur de la programmation et animateur. Ça a été très bien accueilli, même si d’entrée de jeu, tous nos employés allaient se faire vacciner.

De plus, les employés de la station de radio peuvent aller recevoir leur dose de vaccin contre la COVID-19 pendant leurs heures de travail, sous réserve que cela ne perturbe pas la programmation, notamment pour les journalistes et les animateurs.

Pas possible pour toutes les entreprises

Mais toutes les entreprises ne peuvent pas se permettre de telles démarches, insiste Lise Sarazin, directrice générale du Regroupement des gens d’affaires (RGA) de la capitale nationale.

Ça dépend des secteurs. Certains ont été particulièrement touchés par la pandémie et n’ont donc pas le budget pour se permettre de tels incitatifs, rappelle-t-elle.

Lise Sarrazin dans un corridor.

Lise Sarrazin, directrice générale du Regroupement des gens d'affaires de la capitale nationale (archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Toutefois, elle indique que beaucoup d’entreprises sont prêtes à libérer leurs employés pour aller se faire vacciner sur leur temps de travail.

C'est un peu la même chose que lorsqu'il y a des élections. [...] Un employeur va souvent l'offrir. C'est peut-être pas 100 % des cas, mais c'est la majeure partie.

Tous les employeurs interrogés assurent qu’il ne s’agit pas de forcer les employés à se faire vacciner.

Mais comme le résume Mme Sarazin, c’est sans doute la clé pour permettre à beaucoup d’entreprises et de commerces de rouvrir plus rapidement.

Pour nous, c’est vu comme un investissement dans le personnel, au lieu d’avoir à gérer une tonne d’absences parce qu’un employé a attrapé la COVID-19 ou doit faire un dépistage et qu’il a rencontré d’autres employés qui doivent s’isoler eux aussi pour plusieurs semaines.

Une citation de :Gaétan Bussière, directeur de la programmation et animateur à CHGA-FM

Pour M. Bussière, il s’agit d’entrevoir un prochain retour à la normale.

Nous faisons beaucoup de choses en extérieur avec les auditeurs, des émissions hors studio, des animations, des activités... On a hâte!

Avec les informations de Nafi Alibert, Rosalie Sinclair et Gabriel Le Marquand Perreault

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