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Québec veut reconnaître et calmer la détresse des travailleurs de la santé

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, veut mettre en place un réseau de veille pour détecter la détresse chez les travailleurs de la santé.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy-Roussel

Le moral des travailleurs de la santé est à son plus bas : près de la moitié d'entre eux disent avoir ressenti de la détresse depuis le début de la pandémie, selon une récente étude. Pourtant, ils sont réticents à demander de l'aide. Le gouvernement Legault va donc mettre en place dans les prochaines semaines un réseau de veilleurs pour détecter cette détresse.

Le diagnostic est sans appel : il y a de l'anxiété, il y a de la détresse et il faut agir rapidement avant que cela ne devienne un choc post-traumatique, s'inquiète le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

Selon une enquête épidémiologique de l'Institut national de santé publique (INSPQ) (Nouvelle fenêtre) menée auprès de travailleurs de la santé publiée mardi, 48,1 % des 5330 participants ayant contracté la COVID-19 disent avoir ressenti une détresse psychologique élevée ou très élevée pendant le mois précédant l’enquête. Cette proportion était similaire, soit 46,3 % chez les 1515 participants non atteints par la maladie. Le questionnaire a été rempli le 22 février dernier.

Pourtant, ceux que le premier ministre François Legault a surnommé nos anges gardiens hésitent à demander de l'aide. Dès le début de la pandémie, le programme d'aide aux employés destiné aux travailleurs de la santé a été bonifié. Une somme de 14 millions de dollars avait été investie pour offrir trois séances supplémentaires de soutien psychologique.

Les gens ne lèvent pas la main, ils ont peur pour des raisons de confidentialité ou autres, constate le ministre Carmant. L'augmentation de la demande était autour de 5 % à 10 % et on ne voyait pas d'augmentation significative avec le temps, poursuit-il.

Des veilleurs pour les anges gardiens

Un nouveau remède sera donc administré dans le réseau, au coût de 10 millions de dollars.

Quelque 8000 employés recevront une formation de la Croix-Rouge pour intervenir auprès de leurs collègues et détecter les signes de détresse. Le ministre les appelle les veilleurs. Ils seront appuyés par 600 autres travailleurs qui joueront le rôle de pairs aidants.

Dans chaque établissement, il y aura des gens qui auront une formation supplémentaire d'intervention psychosociale et qui vont être nommés comme les pairs aidants qui vont venir supporter leurs équipes, explique Lionel Carmant.

« Là on espère que le réseau va prendre soin de lui-même. »

— Une citation de  Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

Une tâche qui demande donc un certain doigté; mais on demande aux volontaires de l'effectuer sur leur temps de travail ou pendant leur pause.

Quand le problème dépassera les aptitudes des veilleurs et des pairs aidants, ils pourront cependant se tourner vers de nouvelles ressources, des psychologues ou des travailleurs sociaux. On prévoit un à trois équivalents temps complet par établissement, précise le ministre Carmant.

On s'attend à ce que le programme de veilleurs et pairs aidants démarre aux quatre coins de la province dans les prochaines semaines. Des formations sont déjà en cours.

Ce traitement ne soignera peut-être pas tous les maux, mais on espère qu'il calmera la détresse.

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