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Procès de Benoit Cardinal : la défense plaide la présence d’un intrus

Un ruban policier au premier plan, on voit un quartier résidentiel en flou à l'arrière.

Selon la défense, la poursuite n’a pas prouvé hors de tout doute raisonnable que l’accusé est le tueur. Mais la poursuite estime au contraire que tout concorde pour qu'il soit déclaré coupable.

Photo : Radio-Canada

Puisque Benoit Cardinal n’a pas témoigné ni présenté de défense, la plaidoirie de son avocat était sa seule chance de clamer son innocence auprès du jury chargé du procès pour le meurtre prémédité de Jaël Cantin, perpétré à Mascouche l’an dernier.

L’analyse de la scène n’exclut pas la présence d’un tiers sur les lieux, a répété à plusieurs reprises l’avocat de Benoit Cardinal, Louis-Alexandre Martin, au palais de justice de Joliette, mercredi.

Un intrus pourrait s’être trouvé dans la maison que l’accusé de 35 ans et la victime partageaient, la nuit du meurtre, le 16 janvier 2020. La mère de six enfants a été rouée de coups dans sa chambre à coucher. Selon la défense, la poursuite n’a pas prouvé hors de tout doute raisonnable que l’accusé est le tueur. Il y a de l’inconnu affirme la défense.

Est-ce que toutes les traces de sang ont été prélevées et expertisées? La réponse est non, a affirmé Me Martin. Des traces de semelles dans la maison n’ont pas été identifiées, tout comme des empreintes digitales. La scène de crime n’est pas incompatible avec la présence d’un tiers, a insisté Me Martin.

Une troisième personne?

Jaël Cantin.

Jaël Cantin est morte le 16 janvier 2020 à Mascouche.

Photo :  courtoisie

Benoit, fais quelque chose! C’est en lançant cette phrase d’une voix forte que Me Martin a débuté sa plaidoirie. Il rapportait les paroles criées par Jaël Cantin la nuit du drame, selon une enfant qui a témoigné au procès. Est-ce qu’elle [la victime] aurait dit ça si Benoit lui-même l’agressait?, a demandé l’avocat pour semer le doute.

L’enfant a aussi déclaré avoir vu une madame attaquer Jaël Cantin dans sa chambre où se trouvait aussi l’accusé. Au procès, elle s’est par la suite rétractée en disant avoir halluciné la troisième personne. Mais pour la défense, l’enfant pourrait avoir été influencée à changer son témoignage.

Me Martin a aussi tenté de miner la crédibilité d’une jeune femme issue des centres jeunesse qui disait avoir reçu des confidences de la part de son éducateur, Benoit Cardinal, peu de temps avant le meurtre. Il lui aurait dit avoir trois plans pour tuer Jaël Cantin, qu’il souhaitait la faire souffrir comme elle l’avait fait souffrir. Il aurait évoqué la possibilité de simuler une invasion de domicile.

Or, la témoin clé du ministère public a changé sa version des faits à de multiples reprises, a plaidé Me Martin, et le jury devrait être prudent face à ce qu’elle a avancé.

Le destin de Monsieur Cardinal va être entre vos mains. [...] Benoit Cardinal n’aura pas de deuxième chance, a affirmé Me Martin en enjoignant le jury à lui rendre justice et à le déclarer non coupable.

Un meurtre pour l’argent, plaide la poursuite

Plan rapproché de Benoit Cardinal.

Benoit Cardinal est accusé de meurtre prémédité.

Photo : Facebook

Plus tôt mercredi, la poursuite a plaidé que tout concorde afin de déclarer Benoit Cardinal coupable du meurtre prémédité de sa conjointe des 15 dernières années. L’homme était désespéré, comme il l’avait exprimé à plusieurs amis depuis sa suspension, suivie de sa démission du centre jeunesse dans les semaines précédant le drame.

Benoit Cardinal souffrait personnellement et il souffrait également de sa relation avec madame Jaël Cantin. Il avait pensé se séparer, mais il avait des préoccupations au niveau financier, a expliqué la procureure aux poursuites criminelles et pénales Caroline Buist.

L’accusé aurait tué sa conjointe de 33 ans afin de bénéficier de son assurance-vie.

Il était, si madame Cantin décédait, l’héritier d’un million de dollars. Il avait donc, le lendemain du meurtre, un million de dollars en poche, bien débarrassé de madame Jaël Cantin, avec une garde exclusive de ses six enfants, a soutenu Me Buist devant plusieurs proches de la victime venus assister aux plaidoiries.

Jaël Cantin a été rouée de coups, principalement à la tête, et retrouvée dans une mare de sang. Est-ce qu’il est raisonnable pour vous de penser qu’il l’a frappée à de multiples reprises, qu’il s’est acharné sur sa victime? Qu’il a voulu la faire souffrir autant qu’elle l’a fait souffrir?, a demandé Me Buist, qui a beaucoup insisté sur les confidences que l’accusé aurait faites à l’adolescente de centre jeunesse afin de prouver la préméditation.

La juge Johanne St-Gelais de la Cour supérieure donnera ses directives finales aux jurés jeudi avant qu’ils entament leurs délibérations.

Les avocats Louis-Alexandre Martin et Ghassan Toubal représentent l’accusé. Les procureures aux poursuites criminelles et pénales sont Caroline Buist, Valérie Michaud et Geneviève Aumond.

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