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Une année scolaire atypique pour la formation aux adultes et professionnelle en Abitibi-Témiscamingue

Un bâtiment ancien converti en centre de formation professionnelle.

Le centre de formation professionnelle du Frère-Moffet, à Ville-Marie (archives)

Photo : Radio-Canada / Jocelyn Corbeil

Janis Rivard

L’éducation des adultes dans les centres de formation générale pour adultes (FGA) et les centres de formation professionnelle (CFP) a suivi la tendance des mesures sanitaires, et l’enseignement n’a pas toujours été évident.

Les centres de formation professionnelle ont pu avoir des étudiants en classe assez rapidement, étant donné la nature manuelle et technique de certains cours. Dans les centres de FGA, les personnes souhaitant obtenir leur secondaire 5 ou leurs prérequis pour une autre formation ont été plus souvent à distance.

La directrice des centres et services de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle aux Centres Frère-Moffet et l’Envol, Marie Luce Bergeron, observait déjà une diminution des inscriptions de formation générale avant le début de la pandémie. Il y a un bon marché de l’emploi au Témiscamingue, en ce moment, c’est normal, explique-t-elle. De l’année 2018-2019 à 2019-2020, il y a eu une diminution de 12 % des inscriptions. Mme Bergeron estime que la diminution sera encore plus grande pour l’année 2020-2021.

Il y a beaucoup d’intérêt au Témiscamingue pour la formation générale à distance. Le problème avec la formation à distance actuellement, c’est qu’on rencontre des contraintes au niveau souvent des examens. Dans le sens que les examens doivent absolument être faits en présentiel, c’est-à-dire dans un centre de service scolaire, déplore la directrice. Certains élèves doivent parcourir une centaine de kilomètres pour réaliser un examen. L’équipe du Centre Frère-Moffet offre maintenant des points de service un peu partout sur le territoire, mais ces mesures sont toujours contraignantes.

Au niveau de la formation professionnelle, il y a toujours autant d’inscriptions, bien que le Centre Frère-Moffet présente des difficultés à recruter des étudiants dans certains programmes. Le Centre travaille d’ailleurs depuis quelques années sur un projet de développement pour revaloriser les anciens programmes et en offrir de nouveaux, comme plomberie et chauffage. Ceux qui s’inscrivent, toutefois, réussissent bien leur formation.

Au Centre Élisabeth-Bruyère de Rouyn-Noranda, qui offre de la formation générale aux adultes, il n’y a pas eu beaucoup de différence au niveau des inscriptions et de la réussite des étudiants, selon Madeleine Leclerc, psychoéducatrice.

Même si ces derniers font des apprentissages à leur rythme, on observe vraiment une diminution de la motivation. C’est beaucoup plus difficile pour les étudiants de se réguler, de reprendre un tempo, de maintenir une routine.

Une citation de :Madeleine Leclerc, psychoéducatrice au Centre Élisabeth-Bruyère

Stéphane Royer, directeur du Centre Polymétier de Rouyn-Noranda, félicite son équipe d’avoir su réussir au niveau pédagogique, bien que les conditions n’étaient pas à leur avantage. Certains programmes, comme secrétariat et comptabilité ont été offerts à distance grâce à une plateforme développée très tôt. M. Royer observe toutefois une certaine différence entre les étudiants à la maison et ceux en classe. Il y a une petite rigueur de plus quand on est en classe, explique-t-il.

Le Centre Polymétier s’apprête à recevoir beaucoup plus d’étudiants lors de la session d’automne. Les inscriptions pour l’automne prochain sont à la hausse, on a 47 % de hausse présentement. Le contexte économique, le contexte pandémique aussi, le plan de relance économique, tout ça sont des facteurs qui s’additionnent pour nous donner cette hausse-là, explique le directeur.

Au Centre de formation professionnelle Harricana d’Amos, il n’y a pas de différence notable d’inscription ni d’abandon. Bien que le programme condensé de préposé aux bénéficiaires du gouvernement ait changé certains taux, les inscriptions restent dans la moyenne des années précédentes.

Le Centre de formation professionnelle Val-d'Or vu du stationnement.

Le Centre de formation professionnelle Val-d'Or (archives)

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

À Val-d’Or, il y a eu un peu moins d’inscriptions que les années précédentes, mais le taux de diplomation n’a pas diminué. Certains étudiants ont été placés à distance au courant de l’année, entre autres dans les programmes de secrétariat, de dessin de bâtiments et de dessins industriels. Par contre, ils ont pu rapidement leur offrir le choix de continuer l’enseignement à distance ou de venir à l’école.

On a à manipuler beaucoup. Ce qui fait en sorte qu’on a eu de la part du ministère l’autorisation de quand même faire un retour en présentiel très important au cours de l’année. C’est sûr que ça, c’est un aspect qui a beaucoup joué sur le maintien de la motivation pour nos élèves, explique Jason Yergeau, directeur du Centre de formation professionnelle Val-d’Or.

Le taux de diplomation des étudiants du Centre serait dans la moyenne des sept dernières années. Le taux de décrochage est similaire également. Le gros défi a plutôt été la pénurie de main-d'œuvre cette année.

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