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École à distance : des syndicats et des groupes de parents dénoncent le plan de l'Ontario

Un garçon photographié de haut devant ses cahiers d'école. Une tablette est posé devant lui et on y voit son professeur donnant le cours.

Des intervenants du système scolaire en Ontario craignent que le plan du gouvernement d’offrir l’école à distance mette de la pression supplémentaire sur les enseignants.

Photo : Reuters / Carl Recine

Plusieurs acteurs du monde de l’éducation craignent que le gouvernement Ford soit en train de rendre l’apprentissage virtuel permanent et dénoncent la situation.

Des syndicats, des intervenants en éducation et des groupes de parents ont exprimé leur désaccord mercredi matin quant au choix entre l’enseignement virtuel et l'enseignement en personne pour la prochaine année scolaire.

Cette prise de position survient au lendemain de l’annonce du ministre de l’Éducation Stephen Lecce à cet effet, lors d’une conférence de presse organisée par la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario.

Les différents acteurs du milieu de l’éducation présents disent craindre que l'option des cours en ligne devienne permanente et dénoncent les iniquités qui pourraient en découler. Le président de la Fédération des enseignantes et enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO), Harvey Bischof, croit que le plan du gouvernement est loin d’être accessible à toutes les familles.

Ce sera un choix pour certains, mais pas pour tous. On ne veut pas d’un système enclin vers la privatisation où les choix sont réservés aux plus riches., souligne M. Bischof.

Même son de cloche du côté de la porte-parole de l’Ontario Parent Action Network, Romana Siddiqui. Cette dernière, également mère dans la région de Peel, redoute la privatisation et la commercialisation du système d’éducation. Elle pense que le système n’est pas à l'abri de devenir une machine génératrice de revenus par l’entremise de ses cours en ligne.

De son côté, la présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy, croit que l’annonce du gouvernement Ford signifie d’abord et avant tout le soustrait de ressources essentielles au système d’éducation public. Selon elle, le plan du gouvernement ne tient pas compte des besoins de tous les élèves.

Le ministre fait preuve de négligence à l’égard de son devoir d’assurer que tous les apprenants profitent du même succès. Ces obstacles peuvent prendre la forme d’un accès limité à un service Internet fiable ou à des circonstances auxquelles font face des familles marginalisées, soutient Mme Vinet-Roy

Anne Vinet-Roy écoute un panel de discussion.

Anne Vinet-Roy est présidente de l'AEFO.

Photo : Radio-Canada / Gilles Landry

Un air de déjà-vu

Les syndicats d’enseignants ont un air de déjà-vu. Harvey Bischof de la FEESO croit que le gouvernement se sert de la pandémie pour faire passer ses idées, sans le consentement des principaux syndicats.

Honteusement, ils essaient de profiter de la couverture offerte par une crise mondiale pour mettre en œuvre leur agenda politique.

Une citation de :Harvey Bischof, président, FEESO

En 2019, le gouvernement de l’Ontario souhaitait implanter des cours en ligne pour les élèves du secondaire, mais avait reculé l’année suivante lors de négociations avec les principaux syndicats enseignants.

Un enseignement qui a ses limites

Les syndicats et les groupes de parents concèdent que l’enseignement en ligne a joué un rôle essentiel au début de la pandémie. Toutefois, la présidente du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario, Laura Walton, émet cette mise en garde : le soutien offert par l’enseignement en personne ne pourra jamais être complètement répliqué en ligne.

Une opinion que partage la présidente de l'Association des enseignants catholiques anglophones de l'Ontario, Liz Stuart. L’enseignement en personne est meilleur pour le développement académique, social et émotionnel de l’enfant.

L’école en ligne peut aussi être particulièrement difficile pour les élèves ayant des besoins particuliers, selon l’enseignante au secondaire et membre de l’Ontario Autism Coalition, Laura Kirby-McIntosh. Elle-même mère de deux jeunes adultes atteints de troubles du spectre de l'autisme, elle affirme que son plus jeune enfant a souffert à cause de l’enseignement en ligne. Isolé, son fils s’est mis à faire des crises de panique.

Plus largement, les différents acteurs du monde de l’éducation soutiennent que l’école est souvent un milieu qui contribue à la vitalité des différentes communautés, comme les communautés francophones.

Pour nos élèves francophones, c’est souvent un carrefour essentiel, le centre d’un grand nombre d’échanges et d’activités qui n’existent pas nécessairement à l’extérieur de l’école en français.

Une citation de :Anne Vinet-Roy, présidente, AEFO

Le gouvernement répond

En réponse aux syndicats, la porte-parole du ministère de l’Éducation, Caitlin Clark, dit que dans la mesure du possible son gouvernement souhaite que les élèves puissent apprendre en personne à l’école, un lieu important pour leur santé mentale et leur bien-être. Les parents méritent un choix en septembre prochain, car nous sommes encore dans l’incertitude en raison de la pandémie. Bien que les syndicats veulent supprimer ce choix, notre gouvernement protégera les parents, tout en veillant à ce qu’ils aient plus de temps pour prendre cette décision.

Le gouvernement croit que la décision finale revient aux parents et compte leur donner au moins jusqu’au premier juin pour prendre une décision.

Pour le moment, on ne sait pas si les élèves ontariens auront l’option de retourner en classe d’ici la fin de la présente année scolaire.

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