•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Qualité de l'air dans les écoles : Roberge refuse de répondre à des questions

Le ministre était-il averti avant d'affirmer, à tort, avoir l'aval de la santé publique pour les tests à l'école?

Le ministre est debout et prend la parole lors de la période de questions.

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, à l'Assemblée nationale du Québec.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le ministre de l'Éducation du Québec, Jean-François Roberge, a esquivé la même question trois fois de suite, lors de l'étude des crédits de son ministère, avant de refuser que son sous-ministre y réponde par lui-même.

L'opposition ne cesse de le talonner depuis qu'il s'est faussement attribué la validation de la santé publique pour le protocole controversé de tests de qualité de l'air en classe.

À quelle date avez-vous reçu une première communication de la santé publique qui indique que vous utilisez de façon indue le terme "valider"?

Une citation de :Marwah Rizqy, porte-parole de l'Opposition officielle en matière d'éducation

La députée libérale n'a pas obtenu de réponse, malgré plusieurs relances.

Si j’étais encore professeure à l’université, ça aurait été zéro, s'est-elle indignée. Une date, c'est une date.

La semaine dernière, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a révélé que lui et son conseiller spécial, Richard Massé, avaient demandé au ministère de l'Éducation de cesser de lui attribuer cet aval.

Le Dr Arruda s'est souvenu avoir ressenti un inconfort face aux déclarations erronées du ministre, mais il a oublié la date de son rappel à l'ordre.

Le sous-ministre n'a pas pu s'exprimer

Des bureaux sont installés en demi-cercle dans une salle de l'Assemblée nationale du Québec.

L'étude des crédits du ministère de l'Éducation, le 5 mai 2021.

Photo : Radio-Canada / Site web de l'Assemblée nationale

L'essentiel, c'est la recherche de vérité, a dit Marwah Rizqy, avant de solliciter une réponse du sous-ministre à l'Éducation, présent durant l'étude des crédits. Mais le ministre Roberge n'a pas consenti à laisser répondre Alain Sans Cartier.

« Monsieur Sans Cartier, on l'empêche de répondre, alors que c'est lui qui est visé par la communication avec la santé publique », s'est offusquée la députée libérale.

Aujourd’hui, on comprend qu’il sera muselé.

Une citation de :Marwah Rizqy, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation

Dans ses réponses, Jean-François Roberge a fait amende honorable. J’aurais dû prendre un terme plus précis, plus à propos, a-t-il admis. Les protocoles n’avaient pas été validés formellement par la santé publique.

La déclaration erronée a été répétée à plusieurs reprises par le ministre, notamment le 23 mars, à l'Assemblée nationale.

Je croyais réellement que la santé publique avait donné son sceau. On m’a dit qu’il fallait plutôt parler de travail de collaboration.

Une citation de :Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Le ministre a aussi reconnu que c'est son ministère qui a instauré le protocole de tests, et non la santé publique, comme il l'avait laissé entendre.

La santé publique avait été consultée au cours de l'élaboration du protocole et tous ses commentaires n'ont pas été pris en compte, contrairement à ce qui avait été affirmé.

Volontaire ou involontaire?

Les affirmations erronées du ministre étaient fort probablement volontaires, a accusé la députée libérale.

Elle a aussi laissé entendre, sans preuve à l'appui, que le rappel à l'ordre de la santé publique datait d'avant la plus récente déclaration inexacte de Jean-François Roberge.

Il ne faut pas se prêter des intentions.

Une citation de :Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

C'est important, le choix des mots, et j'ai reconnu que j'avais pris le mauvais mot, a précisé le ministre.

Pas la première affaire du genre pour le ministre Roberge

L'an dernier, le ministère de l'Éducation avait ignoré un avis de l'INSPQ qui lui recommandait de réduire le nombre d'élèves dans une salle de classe au même moment.

Le ministre Roberge s'était défendu en disant qu'il suivait plutôt les recommandations des docteurs Arruda et Massé.

Or, plusieurs mois plus tard, lors du dévoilement des avis de la santé publique, il est apparu qu'elle avait elle aussi recommandé de réduire le nombre d'élèves par classe (Nouvelle fenêtre).

Lors de l'étude des crédits, la porte-parole du Parti québécois en matière d'éducation, Véronique Hivon, est revenue sur cette affaire, en soulignant qu'elle s'est sentie flouée.

Le ministre a instrumentalisé la santé publique. Pourquoi le ministre se permet d’utiliser ainsi le nom de la santé publique?

Une citation de :Véronique Hivon, porte-parole du Parti québécois en matière d'éducation, lors de l'étude des crédits

Des correctifs avant la rentrée dans les classes problématiques

La porte-parole de Québec solidaire en matière d'éducation, Christine Labrie, a demandé quand des travaux correctifs seront réalisés dans toutes les classes où plus de 1000 parties par million (ppm) de dioxyde de carbone (CO2) ont été mesurées.

Entre 1000 et 1500 ppm, le ministère prévoyait des correctifs dans les meilleurs délais, sans préciser d'échéance.

Le ministre Roberge a dit souhaiter que ce soit fait partout avant la fin de l'année scolaire, mais il est resté prudent : J’aimerais pouvoir donner cette garantie de manière absolue, mais honnêtement, je ne peux pas me rendre aussi loin.

Il a par ailleurs annoncé que de nouveaux tests seront réalisés à l'automne. Le protocole controversé sera alors modifié.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !