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Fêtes des Mères : un bouquet de fleurs, mais à quel prix ?

La pandémie a entraîné des défis de main-d’oeuvre et de logistique pour les producteurs et distributeurs de fleurs dans la dernière année.

Un bouquet de roses.

En raison de l'offre et de la demande, les clients doivent se montrer flexibles car toutes les fleurs ne sont pas forcément offertes.

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

Sophie Pelletier

À quelques jours de la fête des Mères, producteurs et distributeurs de fleurs tentent de répondre à une demande accrue, alors que la pandémie a fait en sorte que certaines variétés peuvent être plus difficiles à trouver.

Ce n’est pas seulement en raison de la fête des Mères que la demande pour les fleurs coupées a explosé, relève Tyler Paterson, directeur des opérations du secteur des fleurs coupées pour Florists Supply, entreprise d’importation et de distribution implantée à Winnipeg. Très intéressant à observer durant la pandémie, le marché a été frappé par une forte demande dès l’automne, note M. Paterson.

Des fleurs emballées dans un sac en bouquet.

L'engouement pour les fleurs coupées a augmenté dans la dernière année.

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

Les gens ont développé un nouvel amour pour les fleurs, ils en envoient à leurs proches alors qu’ils ne peuvent pas les voir physiquement, suggère-t-il.

Le casse-tête de la chaîne de production et de distribution

Les fermiers et les distributeurs ont donc tenté de répondre à la demande, tout en s’adaptant au contexte de la pandémie et aux contraintes de main-d’oeuvre qu’elle impose.

Les fermiers ont réduit leurs effectifs, moins d’employés travaillaient dans les champs, il y avait des confinements dans de nombreux pays et villes, des routes fermées, explique Tyler Paterson, qui rappelle que la vaste majorité de l’approvisionnement est issue de l’importation.

Des centaines d’employés travaillent dans les grosses fermes d’Amérique du Sud, fait-il remarquer. Assurer la santé et la sécurité de tous ces ouvriers se traduit forcément par une réduction de la production.

Un gérant d'entrepôt prépare des bouquets de fleurs pour la livraison.

Tyler Paterson, de Florists Supply, indique que les défis ont été nombreux pour les producteurs et distributeurs de fleurs dans la dernière année.

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

Liliane Lavack, l’une des cofondatrices de la boutique de fleurs éphémères Deux cocottes Pop-up Flower Shop, abonde dans le même sens.

Tous les fermiers doivent avoir plusieurs employés. Avec la COVID, malheureusement, il y en a qui sont devenus malades, il a fallu qu’ils arrêtent la production, explique-t-elle. Elle précise que les pivoines, par exemple, ne sont pas complètement introuvables, mais que leur prix a triplé.

À cela s’ajoutent les défis posés par la logistique et le transport, signale Tyler Paterson. La chaîne de distribution ou encore l’industrie du transport terrestre et aérien ont aussi subi les contrecoups de la pandémie.

Une année d'apprentissages

Outre la main-d’oeuvre, des restrictions touchant le fret aérien et des diminutions de capacité de chargement sont venues compléter le casse-tête de l’importation et de la distribution de fleurs coupées.

Tyler Paterson relève de surcroît que les conditions météorologiques sont plus imprévisibles que jamais.

La dernière année en a donc été une d’apprentissages et de réorganisations face à cette nouvelle normalité. Dans un effort constant pour rattraper la demande croissante, les acteurs doivent composer avec un système sous pression, résume-t-il.

Néanmoins, poursuit Tyler Paterson, optimiste, l’industrie est résiliente, a rebondi assez rapidement, et les fleurs continuent de pousser.

Résultat surprenant, plusieurs des fermes enregistrent leurs meilleures récoltes depuis des années, voire de leur histoire, annonce-t-il.

Des fleurs rouges emballées dans des sacs en bouquets.

Des fleurs prêtes à livrer aux multiples commerçants qui feront le pont entre le client et l'entrepôt.

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

Les clients doivent être flexibles

Au milieu de la chaîne de distribution, une entreprise comme Florists Supply a tiré son épingle du jeu en diversifiant ses fournisseurs et en faisant appel à de nouveaux venus sur le marché.

La stratégie semble avoir fonctionné, puisque les stocks de la compagnie ont augmenté de 30 % par rapport à 2019, c’est-à-dire avant la pandémie, affirme Tyler Paterson.

Liliane Lavack déclare également qu’elle tient, malgré tout, une grande sélection de fleurs, pour tous les budgets.

Lili Lavack tiens un bouquet de fleurs.

Liliane Lavack conseille aux clients de ne pas trop s'y prendre à la dernière minute pour réserver un bouquet.

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

Mais tous s’entendent pour dire que les clients doivent peut-être se montrer plus flexibles que par le passé. Si votre mère aime vraiment une variété de rose ou un lys particulier, essayez de ne pas être trop déçu si votre fleuriste local ne l’a pas, illustre Tyler Paterson.

Il explique que le fleuriste pourrait ne pas avoir eu la possibilité d’en commander assez, ou que cette variété est en rupture de stock un peu plus tôt que d’habitude, en raison de la forte demande.

Tyler Paterson ajoute que certaines variétés sont tellement chères que les distributeurs ou les fleuristes font le choix de ne pas en commander.

Il faut dire que les coûts de production, de logistique et de transport font pression sur les prix, ce qui se répercute forcément sur la facture des clients.

Des bouquets de fleurs sur une table.

Les bouquets sont prêts pour la vente au magasin éphémère Deux cocottes.

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

Tyler Paterson et Liliane Lavack invitent donc les clients à s’ouvrir aux différentes variétés offertes et à laisser la créativité s’exprimer. Et idéalement, à ne pas s’y prendre trop à la dernière minute, ajoute Liliane Lavack.

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