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Plus de Canadiens hospitalisés pour consommation de drogue ou d'alcool pendant la pandémie

La pandémie s'atténuera, mais ses effets sur la consommation de substances qui causent une dépendance en seront une conséquence à long terme, déplorent des spécialistes.

De l'alcool est versé dans un verre.

L’objectif de la collecte de telles données est d'améliorer la santé publique, souligne le Dr Tim Naimi.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Il y a eu plus de Canadiens qui ont reçu des soins hospitaliers en raison de leur consommation d’alcool et de drogues durant les premiers mois de la pandémie qu'au cours de la même période l'année précédente, révèlent des données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Entre mars et septembre 2020, 81 000 hospitalisations liées à la consommation de substances entraînant une accoutumance ont été enregistrées au pays, soit environ 4000 séjours à l’hôpital de plus qu’au cours de la même période, l’année précédente.

Il est évident depuis un certain temps qu’il existe une relation très forte et bidirectionnelle entre la consommation d'alcool ou de drogues et l’épidémie de COVID[-19], souligne le Dr Tim Naimi, président de l'Institut canadien de recherche sur l'usage de drogues de l’Université de Victoria.

C’est une combinaison mortelle, ajoute-t-il.

La COVID-19 a augmenté la consommation de ces produits, tandis que ces derniers, en particulier l'alcool, ont alimenté la transmission du virus.

Une citation de :Dr Tim Naimi, président, Institut canadien de recherche sur l'usage de substances, Université de Victoria

Le Dr Naimi explique que l’alcool a joué un rôle important dans la propagation du virus : Dans les fêtes, quand les gens boivent, ils ne portent pas de masques, ils deviennent inhibés, ils ne respectent pas forcément la distanciation physique.

Des gens font la file pour entrer dans un magasin de vente d'alcool à Vancouver.

Le rapport souligne l'importance d'avoir des politiques efficaces pour protéger les personnes vulnérables, selon les experts.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Des facteurs qui exacerbent les problèmes existants

La pandémie a un effet néfaste sur la santé des Canadiens et surtout ceux qui ont des problèmes de consommation, résume Christina Lawland, chercheuse principale et analyste des systèmes de santé à l’ICIS.

D’abord, parce qu’elle a une influence sur la santé mentale des Canadiens, et on sait qu’il existe un lien très étroit entre la santé mentale et la surconsommation d’alcool ou de drogues, explique-t-elle.

D’autre part, la pandémie a eu un impact sur l’accès aux services pour les gens qui ont des problèmes de consommation de drogues ou d'alcool, rappelle-t-elle. Ces deux facteurs contribuent au problème qui n’est que la pointe de l’iceberg, selon elle.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Les quartiers les plus touchés sont ceux à faibles revenus

Les hospitalisations liées à la surconsommation d’alcool ont augmenté de 14 % au cours des 7 premiers mois de la pandémie dans les quartiers à faible revenu, indique le rapport.

De manière générale, tout type de stress, qu’il soit économique, ou lié à cette pandémie, a tendance à toucher de façon disproportionnée les populations vulnérables, explique le Dr Naimi.

Dans les quartiers plus riches, on ne voit aucune augmentation pour ce type d’hospitalisation, souligne Christina Lawland.

Ce type d’information permet de mieux cibler les gens dans le besoin et va permettre aux intervenants en santé publique de mieux répondre à la situation, fait-elle valoir.

Hospitalisations en baisse chez les jeunes

Les séjours à l'hôpital liés à la consommation d’alcool ont chuté de 33 % chez les 10 à 19 ans et de 17 % chez les 20 à 29 ans, lit-on dans le rapport.

Cette donnée pourrait s’expliquer par les restrictions, selon Christina Lawland. Avec les bars et les clubs fermés, l’interdiction de fêter crée moins d’événements à haut risque, dit-elle. C’est la seule bonne nouvelle qu’on voie.

Un problème qui va au-delà du virus

Les séjours à l’hôpital liés à la consommation d’opioïdes ont augmenté durant le premier été pandémique, pour atteindre une hausse de près de 55 % en septembre 2020.

Je ne pense pas que nous en ayons fait assez pour nous attaquer à l’approvisionnement en drogues sécuritaires, affime le Dr Naimi.

Le problème, c’est que la pandémie de COVID-19 va beaucoup plus loin que la maladie elle-même, conclut-il. La pandémie va reculer. Malheureusement, l'une de ses conséquences durables sera son impact sur la consommation de drogues et d'alcool et les politiques qui l’entourent.

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