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Une entreprise réginoise s'engage dans la Journée des robes rouges

Une épinglette faite en perles rouges et en forme de robe.

Les épinglettes en forme de robe rouge sont faites à la main par des femmes guatémaltèques et distribués par l’entreprise d'Edmonton Tribal Roots Imports.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une compagnie du quartier Cathedral de Regina, Aware House Books, vend des épinglettes représentant une robe rouge et faites à la main pour sensibiliser le public aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées (FFADA) pendant la Journée nationale des robes rouges.

Durant cette journée, des robes rouges sont accrochées dans des lieux publics afin de représenter des femmes et des filles autochtones qui ont disparu ou ont été assassinées.

Tous les profits de cette vente seront versés à l’organisme autochtone Circle Project, qui se prépare à s’installer dans le quartier centre-nord de la capitale provinciale.

Pancarte de la boutique Aware House Books.

La boutique Aware House Books est située au 2734 de la 13e Avenue dans le quartier Cathedral de Regina.

Photo : Radio-Canada

Un ancien bâtiment de la Conexus Credit Union a été remis à l’organisme au coin de la 5e Avenue et de la rue Elphinstone en 2019. Le bâtiment est actuellement en rénovation et l’installation de l’organisme y est prévue pour le mois de septembre.

Le Circle Project, qui offre différents programmes contre la violence familiale et les dépendances, a décidé de s’installer dans le quartier centre-nord après avoir remarqué que la plupart des participants venaient de ce secteur.

Ces programmes serviront notamment à aider les femmes autochtones à risque et les familles dont une proche a disparu ou a été assassinée.

Une problématique pancanadienne

La directrice générale du Circle Project, Ann Perry, souhaite sensibiliser les Réginois à ce que vivent les femmes autochtones.

Selon elle, l’autoroute des larmes, en Colombie-Britannique, et les grandes villes ne sont pas les seuls endroits où les femmes autochtones sont en danger. Cela arrive aussi à l'échelle locale.

Une femme porte un masque et porte sur son col un macaron en forme de robe rouge.

La directrice générale du Circle Project, Ann Perry, se servira des fonds de la vente pour aider l'organisme à s'installer dans le quartier centre-nord de Regina.

Photo : Radio-Canada / Laura Sciarpelletti

Les épinglettes en forme de robe rouge sont symboliques, car elles sont le point de départ de discussions sur cette problématique.

Une citation de :Ann Perry, directrice générale du Circle Project

La copropriétaire de la boutique Aware House Books, Tammy Chammartin, dit avoir fait beaucoup de recherches avant d’offrir les recettes de cette vente à l’organisme autochtone.

Elle considère cette cause comme extrêmement importante pour les femmes autochtones. C’est aussi un moyen de venir en aide à la communauté.

Lorsque je porte une épinglette en forme de robe rouge, je la porte en étant consciente de ce qu'elle représente.

Une citation de :Tammy Chammartin, copropriétaire de la boutique Aware House Books

Les épinglettes sont faites à la main par des femmes autochtones guatémaltèques et distribuées par une entreprise d'Edmonton, qui est gérée par une femme, Tribal Roots Imports.

Cette entreprise travaille avec des artisans autochtones à travers le monde en rémunérant équitablement les femmes, qui ne sont parfois pas en mesure de vivre convenablement.

Les FFADA en Saskatchewan

Priscilla Settee, une femme crie qui milite pour les droits autochtones, les droits des femmes et les droits environnementaux, et est professeure en études autochtones à l’Université de la Saskatchewan, affirme que la crise entourant les FFADA en Saskatchewan est sérieuse.

Les recherches ont montré que la situation ici est une des pires. Le nombre de femmes disparues ou assassinées est effrayant, et c’est une tragédie nationale.

Une citation de :Priscilla Settee, activiste pour les droits autochtones et professeure en études autochtones à l’Université de la Saskatchewan
Une femme avec des bijoux en pierre turquoise et portant des lunettes.

Selon l'activiste crie Priscilla Settee, la seule façon de faire changer la situation est que les communautés et les gouvernements recherchent les origines de cette problématique.

Photo : Fournie par Priscilla Settee

Elle-même touchée par cette problématique, elle estime que la situation ne s’améliorera pas tant que la population ne comprendra pas l’histoire qui a mené à cette violence, une violence qui continue.

Qu’on le reconnaisse ou non, les femmes autochtones ont toujours été dénigrées dans l’histoire coloniale de ce pays, et c'est le fondement des disparités qu’on observe aujourd’hui.

Une citation de :Priscilla Settee, activiste pour les droits autochtones et professeure en études autochtones à l’Université de la Saskatchewan

Selon Priscilla Settee, cette situation est le résultat d’une série de mesures et de lois qui ont entraîné la pauvreté et la victimisation des femmes. Les femmes sont des cibles, car elles représentent la force d’une famille, d’une communauté, d’une nation. Détruire la structure familiale et envoyer les enfants dans les pensionnats était possible, et ça a traumatisé des générations d’Autochtones.

Ce n’est pas sécuritaire pour moi ou toute autre femme autochtone de marcher dans la rue, c’est un défi chaque fois. Nous le faisons, mais nous avons besoin d’alliés.

Une citation de :Priscilla Settee, activiste pour les droits autochtones et professeure en études autochtones à l’Université de la Saskatchewan

Pour que la situation change, selon Priscilla Settee, les gouvernements et les organismes doivent s’allier pour rendre les communautés plus sécuritaires pour les Autochtones.

Avec les informations de Laura Sciarpelletti

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