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Un morceau de fusée chinoise hors de contrôle tombera sur Terre cette fin de semaine

Une fusée Longue Marche-5B Y2.

Le module central de la station spatiale chinoise Tianhe a été placé en orbite à l'aide d'une fusée Longue Marche-5B Y2.

Photo : Associated Press / Guo Wenbin

Radio-Canada

Le premier étage de la fusée Longue Marche 5B, qui a transporté le premier des trois éléments de la station spatiale chinoise (SSC) en orbite terrestre jeudi dernier, retombera sur Terre de façon incontrôlée le 9 mai à 12 h 37 HAE avec une marge d'erreur d'environ 28 heures de part et d'autre.

Les Canadiens n’auraient toutefois pas à s’inquiéter. La trajectoire de l’engin autour de la Terre fait en sorte qu’il devrait tomber quelque part au sud de la frontière du Canada, fort probablement dans l’océan Pacifique, a expliqué à Robert Lamontagne, coordonnateur du Centre de recherche en astrophysique du Québec, à l’émission Tout un matin.

Un lancement réussi, mais…

La Chine a lancé le 29 avril dernier le premier des trois éléments de sa SSC, dont la construction nécessitera jusqu'à fin 2022 une dizaine de missions.

Décollage du module Tianhe propulsé par une fusée Longue-Marche 5B.

Le module central Tianhe a été propulsé par une fusée Longue-Marche 5B depuis le centre de lancement de Wenchang, le 29 avril dernier.

Photo : AFP / STR

Le module central Tianhe (Harmonie céleste), futur lieu de vie des astronautes, a été propulsé par une fusée Longue Marche 5B depuis le centre de lancement de Wenchang, sur l'île tropicale de Hainan dans le sud du pays.

Si la plupart des fusées sont lancées en deux étages, le premier étage étant généralement réintroduit dans un endroit connu, certains morceaux du très imposant premier étage de la fusée chinoise pourraient atteindre la surface terrestre.

L’orbite est non contrôlée, affirme Robert Lamontagne. Lorsqu’il va rentrer dans [...] l’atmosphère, il va freiner brusquement, et on ne peut pas savoir exactement à quel endroit il va tomber sur la Terre. Il peut tomber dans l’océan, mais il peut tomber dans une région habitée.

Nous pourrions envisager des dégâts matériels, en espérant qu'il n'y aura pas de victimes, a déclaré Jonathan McDowell, astronome au centre d'astrophysique de l'Université Harvard.

Le cas chinois

Ce n’est pas la première fois que la Chine procède de cette façon. C'est le deuxième lancement de ce type de fusée, la Longue Marche 5B, explique Jonathan McDowell. Le premier a eu lieu il y a un an, et lorsqu’ils sont rentrés dans l'atmosphère, les débris ont causé quelques dégâts dans des villages de la Côte d'Ivoire. Des morceaux de métal sont tombés sur une superficie d'environ 160 km.

C'est considéré comme une mauvaise pratique pour les pays et les entreprises commerciales de laisser des choses tomber en orbite terrestre de manière incontrôlée. On considère que de laisser tomber de gros morceaux de métal du ciel n’est pas une bonne pratique, ajoute M. McDowell.

De nos jours, les agences spatiales nationales et les entreprises privées lancent habituellement des engins spatiaux dans l’espace en s’assurant de désorbiter les débris pour qu’ils tombent là où ils ne causeront pas de dommages. Par exemple, les premiers étages des fusées Falcon de SpaceX reviennent sur Terre par un atterrissage contrôlé.

Mais cela n’a pas toujours été le cas. Au début de l'ère spatiale, dans les années 1970, même la NASA autorisait la chute d'objets depuis leur orbite, car il était peu probable qu'ils atteignent un endroit habité sur Terre. Après tout, la planète est composée à plus de 70 % d'eau.

Cependant, tout a changé après la désorbitation de la station spatiale américaine Skylab, qui pesait 77 tonnes, en 1979. Certaines pièces, petites et grandes, ont fini par atteindre le sol, la plus célèbre étant une partie d'un réservoir d'oxygène tombée au sol dans la brousse australienne.

Morceau du Skylab retombé dans la brousse australienne.

Le morceau du Skylab retombé dans la brousse australienne.

Photo : NASA

Le cas chinois

C'est le seul engin de plus de 10 tonnes qui a été délibérément conçu pour rentrer de manière incontrôlée dans l'atmosphère, depuis la fin des années 80, estime M. McDowell. La Chine va vraiment à l'encontre de ce que je pense être des normes établies, du moins pour une activité spatiale. Et on ne sait pas très bien pourquoi ils ont pris cette décision de conception.

Le module Tianhe pèse 22 tonnes. Pour sa part, la fusée mesure 32 mètres de long et 5 mètres de diamètre. S’il s’agit d'un réservoir vide, il comporte de gros moteurs à une extrémité. À l'intérieur, on trouve de longues et fines tiges métalliques qui faisaient partie du système d'alimentation en carburant. Ce sont ces tiges, en raison de leur forme, qui pourraient résister à la combustion lors de la rentrée dans l'atmosphère. C'est ce qui a atteint le sol de la Côte d'Ivoire avec l'autre Longue Marche 5B en 2020.

Avec des informations de la CBC

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