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Facebook maintient l'exclusion de Donald Trump de ses réseaux sociaux

Donald Trump, assis à une table, regarde son téléphone portable.

L'ex-président des États-Unis Donald Trump demeure banni des pages de Facebook et d'Instagram.

Photo : Getty Images / SAUL LOEB

Les membres du conseil de surveillance des réseaux sociaux de Facebook ont maintenu mercredi l’interdiction pour l’ex-président américain de publier sur Facebook et Instagram, mais demandent à la direction de réévaluer ces sanctions dans six mois.

Dans cette décision historique, la multinationale américaine confirme la suspension pour une durée indéfinie des comptes Facebook et Instagram de Donald Trump, qui s'était vu privé des accès à ces comptes le lendemain du saccage du Capitole par des milliers de ses partisans, le 6 janvier dernier, à Washington.

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, qui redoutait de nouvelles violences aux États-Unis, estimait alors que les risques liés aux propos publiés par Donald Trump – qui compte plus de 60 millions d'abonnés sur Facebook et Instagram – étaient tout simplement trop grands.

Il avait ensuite renvoyé la décision au Conseil de surveillance de l'entreprise, un organe indépendant qui a le pouvoir d'annuler les décisions relatives au contenu de Facebook et de créer des précédents.

Les membres du Conseil ont par conséquent statué que la direction de Facebook devra réévaluer la sanction imposée à Donald Trump d'ici six mois afin d'adapter les mesures à la gravité des gestes reprochés à l'ex-président.

Dans les six mois suivant cette décision, Facebook doit réexaminer la sanction arbitraire qu'il a imposée le 7 janvier et décider de la sanction appropriée, a écrit le conseil dans sa décision.

Les peines indéfinies de ce type ne passent pas le test de l'opinion internationale, a commenté Michael McConnell, co-président du conseil de surveillance lors d'une conférence téléphonique avec la presse américaine. Nous ne sommes pas des policiers qui règnent sur le royaume des médias sociaux.

Le conseil a également critiqué la direction de Facebook pour avoir appliqué contre Donald Trump une sanction vague et sans norme, avant de la renvoyer au Conseil de surveillance pour qu'il la résolve. Facebook ne peut échapper de la sorte à ses responsabilités, peut-on lire dans le texte de la décision.

Cette sanction doit être fondée sur la gravité de la violation et la perspective d'un préjudice futur. Elle doit également être conforme aux règles de Facebook relatives aux violations graves, qui doivent, à leur tour, être claires, nécessaires et proportionnées.

Au siège social de Facebook, en Californie, la direction a pris acte de la décision du Conseil de surveillance.

Nous allons examiner la décision du conseil et déterminer une action claire et proportionnée, et en attendant, le compte de M. Trump reste suspendu, a expliqué Nick Clegg, responsable des affaires publiques du géant des réseaux sociaux.

Le 8 janvier dernier, Twitter avait également annoncé la suspension permanente du compte personnel de Donald Trump – qui comptait 88 millions d’abonnés – en invoquant les risques de nouvelles incitations à la violence. La plateforme vidéo YouTube a fait de même le 12 janvier.

Une honte totale, dénonce Donald Trump

Donald Trump est assis à son bureau.

Donald Trump considère qu'il s'agit d'une atteinte à sa liberté d'expression.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Dans une déclaration publiée peu de temps après la décision du Conseil, l'ex-président Donald Trump dénonce cette confiscation de la liberté d'expression du président des États-Unis parce que les fous de la gauche radicale ont peur de la vérité.

Mais la vérité sortira de toute façon, plus grande et plus forte que jamais, a-t-il promis.

Ce que Facebook, Twitter et Google ont fait est une honte totale et un embarras pour notre pays.

Une citation de :Donald Trump, ex-président des États-Unis

Ces sociétés de médias sociaux corrompues doivent payer un prix politique, et ne doivent plus jamais être autorisées à détruire et décimer notre processus électoral, poursuit Donald Trump.

Dans une autre déclaration publiée sur le site Internet de Save America, l'ex-président a attaqué la parlementaire républicaine Liz Cheney, parce qu'elle continue d'affirmer bêtement qu'il n'y a pas eu de fraude électorale lors de l'élection présidentielle de 2020, alors qu'en fait les preuves [...] démontrent le contraire.

Lors de son mandat, le président Donald Trump a fait un usage abondant, voire abusif, des réseaux sociaux pour défendre ses politiques, mais souvent aussi pour dénigrer ses adversaires, lancer des insultes, des accusations sans fondement, mais surtout pour contester la victoire de son adversaire démocrate Joe Biden aux dernières présidentielles.

Pendant des semaines, le président Trump a martelé sur les réseaux sociaux que les élections étaient truquées et qu'un complot était à l'origine de sa défaite électorale.

Des partisans de Donald Trump à l'assaut du Capitole

Des partisans de Donald Trump ont pris d'assaut le Capitole, le 6 janvier dernier à la suite d'un discours vindicatif de l'ex-président.

Photo : Reuters / SHANNON STAPLETON

Cette campagne a culminé par un assaut lancé sur le Capitole par des milliers de partisans de Trump venus assister à un de ses discours organisé à Washington le jour même où les membres du Congrès des États-Unis devaient certifier la victoire du nouveau président démocrate, Joe Biden.

Donald Trump avait auparavant encouragé ses partisans à avancer vers le Congrès, avant de publier une vidéo où il répétait sans preuve que l'élection leur avait été volée.

Rappelons qu'en décembre dernier, le procureur général des États-Unis, Bill Barr, un des alliés les plus loyaux du président Trump, a déclaré que le département de la Justice n'avait trouvé aucune preuve de fraude électorale généralisée susceptible de modifier les résultats de l'élection présidentielle de 2020.

Réactions partagées

À Washington, le chef de la majorité à la Chambre des représentants, Steny Hoyer, a salué la décision de Facebook dans un entretien avec The Washington Post en expliquant que la multinationale a le droit de refuser d’être le média de Donald Trump.

Pour d’autres, comme Angelo Carusone, PDG de l’observatoire Media Matters for America, le fait que le Conseil de surveillance de Facebook n’ait pas banni définitivement Donald Trump de ses plateformes fera en sorte que le même spectacle se reproduira dans six mois.

Six mois ne changeront rien au fait que pendant des années, Donald Trump a exploité la plateforme pour répandre la haine, inciter à la violence et diffuser de la désinformation en violation flagrante des règles de Facebook, a pour sa part déploré Jonathan Greenblatt, président de l'Anti-Defamation League (ADL).

Certains, comme la chancelière allemande Angela Merkel, se sont néanmoins dits préoccupés par l'énorme pouvoir qu'ont acquis les multinationales technologiques sur la liberté d'expression par le contrôle qu'elles exercent sur les médias sociaux.

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