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La France souligne les 200 ans de la mort de Napoléon

Emmanuel et Brigitte Macron sont debout devant l'énorme tombeau placé sur un piédestal.

Emmanuel Marcon et son épouse Brigitte se sont recueillis devant le tombeau de Napoléon au cours d'une cérémonie à la chapelle Saint-Jérôme de l'Hôtel des Invalides.

Photo : Getty Images / AFP / Christophe Petit Tesson

Agence France-Presse

Le président Emmanuel Macron a commémoré mercredi la mort de Napoléon, un bicentenaire qui ravive les controverses autour de cette figure complexe et incontournable de l'histoire de France.

Napoléon Bonaparte est une part de nous, a lancé le président français, dressant un portrait en clair-obscur de cette figure controversée, dénonçant ses fautes, comme le rétablissement de l'esclavage, mais aussi célébrant ses qualités de bâtisseur et législateur et de défenseur de la souveraineté nationale.

Le 5 mai 1821, l'empereur mourait à l'âge de 51 ans, loin des siens et de son pays, à Sainte-Hélène, île perdue de l'Atlantique Sud où les Britanniques l'ont envoyé en exil après sa dernière défaite, à Waterloo.

Le chef de l'État, premier président à s'exprimer sur Napoléon depuis Georges Pompidou, a expliqué vouloir réaliser une commémoration éclairée dans un discours à l'Institut de France, créé en 1795 et qui rassemble les élites scientifiques, littéraires et artistiques du pays.

Avec, a-t-il insisté, la volonté de ne rien céder à ceux qui entendent effacer le passé au motif qu'il ne correspond pas à l'idée qu'ils se font du présent, en une critique implicite de la cancel culture.

De l'Empire, nous avons renoncé au pire. De l'empereur, nous avons embelli le meilleur.

Une citation de :Emmanuel Macron, président de la France
Portrait de Napoléon.

Napoléon, empereur de France, en 1805, par François-Pascal-Simon Gérard.

Photo : RMN-Grand Palais / Art Resource, NY / Gérard Blot

M. Macron a condamné son exercice arbitraire d'un pouvoir solitaire.

Sur l'esclavage, que Napoléon a rétabli, il a déclaré que la Deuxième République a réparé en 1848 cette trahison de l'esprit des Lumières.

Cette condamnation était attendue en Guadeloupe, en Martinique et à la Réunion, territoires français d'outre-mer où de nombreux habitants sont descendants d'esclaves.

Le chef de l'État français a en revanche rendu hommage à un stratège, un législateur, un bâtisseur, à cette part de France qui a conquis le monde.

Il a célébré celui qui a gravé dans le marbre l'égalité civile entre les hommes avec le Code civil, la protection de la loi pour tous avec le Code pénal.

Mais il a ajouté que l'État avait poursuivi cette oeuvre de progrès en agissant pour l'égalité entre les femmes et les hommes et en abolissant la peine de mort, alors que Napoléon est critiqué pour avoir inscrit l'infériorité de la femme par rapport à son mari dans le Code civil.

Des reconstituteurs, dont un personnifie Napoléon, défilent en portant des masques protecteurs.

L'Hôtel des Invalides, devant lequel ont marché le 5 mai 2021 des reconstituteurs historiques, abrite dans sa crypte le tombeau de l'empereur Napoléon.

Photo : Getty Images / Chesnot

Autre écho à l'actualité, Emmanuel Macron a aussi applaudi celui qui a apaisé les relations avec les grandes religions, par le Concordat, par le Grand Sanhédrin, une cour suprême juive convoquée par Napoléon au début du XIXe siècle.

Dans une ode à la valeur individuelle qui résonne avec son propre credo politique, il a célébré une vie de goût du possible, qui démontre qu'un homme peut changer le cours de l'histoire, ainsi qu'une invitation à prendre son risque.

Un héritage émaillé d'ombre

Napoléon continue à enflammer les débats entre ses défenseurs et ses critiques.

Les présidents français se sont gardés de prendre position sur Napoléon depuis que Georges Pompidou a célébré en 1969 le bicentenaire de sa naissance à Ajaccio, sa ville natale en Corse. Il n'est pas de nom plus glorieux que celui de Napoléon. Parti de rien, démuni de tout, il a tout obtenu, avait résumé le successeur du président Charles de Gaulle.

Commémorer signifie se souvenir ensemble, mais pas honorer, précise l'historien Frédéric Régent.

Les objets sont exposés derrière une vitre.

Une tunique, un bicorne et des épées qu'a portés Napoléon, exposés au Musée de l'armée, à l'Hôtel des Invalides.

Photo : Getty Images / Pierre Suu

Sur le plan politique, le débat sur l'opportunité de commémorer Napoléon est resté feutré, marqué par quelques critiques d'élus de gauche, qui regrettent l'absence de célébration cette année des 150 ans de la Commune de Paris par le président, tandis qu'à droite certains auraient souhaité donner plus d'ampleur à l'anniversaire.

La cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen a salué la grandeur de l'empereur et a regretté mardi qu'Emmanuel Macron commémore à la va-vite celui qui a tant fait pour le pays.

Témoignant de la fascination que suscite toujours l'empereur, le bicentenaire est l'occasion de la sortie d'une multitude de nouveaux ouvrages sur Napoléon, auquel sont déjà consacrés des milliers d'essais et de romans.

Annoncée comme l'une des stars de la saison culturelle, L'exposition Napoléon, qui retrace les grandes étapes de sa vie, accueillera le public à Paris à partir du 19 mai.

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