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Tourisme nomade : Faut-il une réglementation uniforme pour la Gaspésie?

Une affiche interdit la circulation de véhicules sur la plage.

Après les débordements de l'été 2020, la Ville de Gaspé a récemment adopté un règlement interdisant le camping sur ses plages publiques (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Alors que Gaspé a choisi d'interdire le camping sur ses plages publiques et que Sainte-Anne-des-Monts est en réflexion à ce sujet, certains se demandent s'il serait avantageux d'uniformiser les règlements municipaux de la région pour envoyer un message clair aux touristes.

Ce sont des réglementations municipales donc ce sont aux municipalités à qui revient la responsabilité d'en adopter ou non, précise d'emblée le coordonnateur du Regroupement des MRC de la Gaspésie, Jean-Michel Landry.

Maintenant, est-ce que ces réglementations doivent se ressembler, est-ce qu'on doit faire une promotion commune pour envoyer un message clair aux touristes? La réponse est oui.

Une citation de :Jean-Michel Landry, coordonnateur du Regroupement des MRC de la Gaspésie

On ne souhaite pas que l'ensemble des touristes viennent ici sans réservation, au contraire. Toutefois, s'ils souhaitent absolument venir ici sans réservation, qu'ils connaissent les réglementations en vigueur, insiste M. Landry.

Il se dit toutefois conscient des défis que cet objectif représente.

La problématique qu'on a ici est très administrative, le Regroupement travaille avec les cinq MRC de la Gaspésie administrative alors que la destination touristique gaspésienne inclut les trois M, qui sont la Matapédia, la Mitis et la Matanie, souligne-t-il.

Ça ajoute un peu de complexité. On va amorcer des discussions pour voir quelles sortes d'actions on peut faire en commun, indique M. Landry en entrevue à l'émission Bon pied, bonne heure.

Des véhicules et des tentes sont installés entre une plage et un chemin de fer à Douglastown, en Gaspésie.

La Ville de Gaspé précise qu'à long terme, elle envisage d'autres options pour encadrer le tourisme nomade sans l'interdire (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

De son côté, le Centre d'initiation à la recherche et d'aide au développement durable (CIRADD) a également tenu des discussions à ce sujet avec plusieurs intervenants, dont le Regroupement des MRC et Tourisme Gaspésie.

L'organisme présentera prochainement un catalogue de solutions pour aider les localités et les soutenir dans la gestion du tourisme nomade.

L'importance de la communication

Tourisme Gaspésie souhaite d'ailleurs déjà convoquer une nouvelle rencontre après le dépôt des proposition du CIRADD.

On veut sensibiliser les gens à l'importance d'avoir une communication claire et de ne pas aller dans le dédoublement de plateforme, il y a des plateformes qui existent déjà, explique la directrice marketing de l'organisme, Stéphanie Thibaud en entrevue à l'émission Au cœur du monde.

Mme Thibaud précise que le rôle de Tourisme Gaspésie n'est pas de se prononcer sur la réglementation, mais de recenser toutes les informations pour les transmettre aux visiteurs, notamment sur les campings qui offrent des alternatives pour les touristes nomades.

Que tu sois un touriste nomade ou normal, tu dois te renseigner à la base quand tu vas dans une destination ou une autre.

Une citation de :Stéphanie Thibaud, directrice marketing de Tourisme Gaspésie

Elle trouve toutefois désolant que certains touristes affirment qu'ils iront passer leurs vacances ailleurs qu'en Gaspésie. C'est sûr que c'est le genre de commentaires qu'on n'aime pas, admet-elle. Mais ça nous prend des règlements à suivre, on ne peut pas être une Gaspésie free for all.

Encadrer au lieu d'interdire le tourisme nomade

Le consultant en tourisme, Jean-Michel Perron, est aussi d'avis que le règlement adopté par la Ville de Gaspé est un pas dans la bonne direction.

Il souligne que la Gaspésie se doit protéger sa ressource touristique première que sont ses paysages. Si ton impact est plus négatif que positif, entre vous et moi, tu n'as pas d'affaire à voyager, affirme M. Perron.

Dans la même optique, il estime qu'il serait profitable d'aménager des haltes pour les touristes nomades, avec quelques services payants. Que ce soit des toilettes, de l'eau potable ou un site pour vidanger les eaux grises et noires, la tendance lourde partout sur la planète c'est celle de l'utilisateur payeur. La gratuité, c'est un fantasme touristique, souligne-t-il.

Une bonne partie d'entre eux n'iront pas dans les campings commerciaux, parce qu'ils ne veulent pas ce type de séjour. Ils vont venir de toute manière, mais l'idée c'est de les encadrer avec des aménagements minimums.

Une citation de :Jean-Michel Perron, consultant en tourisme

En tourisme, si tu veux avoir un impact économique réel, l'hébergement, que ce soit en camping ou en hôtellerie, c'est ce qui génère le plus de création d'emplois et de richesse, alors il faut faire des choix, indique le consultant.

Il est également d'accord avec le fait que les municipalités gagneraient à uniformiser leur réglementation, et à miser sur une communication claire et accessible, non seulement dans les guides touristiques, mais aussi sur les applications mobiles utilisées par les touristes nomades, comme iOverlander.

T'as beau mettre des règlements et des surveillants, il faut que les gens soient au courant, fait valoir M. Perron.

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