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Des dizaines d'entreprises dénoncent les restrictions du vote à l'étude au Texas

Une électrice consulte un document derrière un isoloir.

Des entreprises s'immiscent dans le débat sur le droit de vote au Texas.

Photo : Reuters / Lucy Nicholson

Dans la foulée de projets de loi présentés par les républicains de l'État pour réformer les élections, deux coalitions distinctes de petites et grandes entreprises ainsi que de leaders de la communauté plaident pour l'accès aux urnes.

L'un des groupes, qui inclut une cinquantaine de signataires, parmi lesquels se trouvent des sociétés comme Microsoft, American Airlines, Unilever, HP, Patagonia et Levi Strauss, ainsi que des entreprises et chambres de commerce locales, appelle les élus à respecter le principe démocratique fondamental de l'égalité.

En soutenant une démocratie plus forte et plus digne de confiance, nous renforçons notre économie, argue la coalition baptisée Fair Elections Texas, dans une lettre disponible sur Internet.

Nous nous unissons, en tant que coalition non partisane, pour demander à tous les dirigeants élus du Texas de soutenir les réformes qui rendent la démocratie plus accessible et de s'opposer à tout changement qui limiterait l'accès au scrutin des électeurs qualifiés, écrivent ses signataires.

Les instigateurs de la deuxième initiative, soutenue par quelque 175 entrepreneurs et responsables locaux, adoptent un ton plus vif, selon une copie de la lettre obtenue par NBC News.

Les dispositions prévues dans deux projets de loi républicains vont inévitablement nuire à notre compétitivité pour attirer des entreprises et des travailleurs à Houston, estiment-ils.

La suppression du droit de vote est une tache sur notre réputation qui pourrait coûter des millions de dollars à notre région.

Une citation de :Extrait de la lettre signée par 175 leaders locaux

Jusqu'ici, seule American Airlines, signataire de la première lettre, et Dell Technologies avaient publiquement osé s'opposer aux réformes électorales mises de l'avant par les républicains du Texas, s'attirant les rebuffades de la formation.

Si les républicains, qui contrôlent les deux Chambres de l'Assemblée législative, visent officiellement à défendre l'intégrité électorale, leurs adversaires ainsi que les militants pour le droit de vote les accusent plutôt de vouloir restreindre le vote des électeurs qui ne sont pas enclins à voter pour eux.

L'un des textes législatifs a déjà été adopté par le Sénat le mois dernier selon des lignes partisanes, et l'autre a obtenu l'assentiment d'un comité à la Chambre des représentants, mais n'a pas encore été soumis au vote.

Si les mesures proposées présentent des différences, elles visent en substance à baliser de façon stricte le vote anticipé et à restreindre le vote par correspondance, entre autres objectifs.

En vertu du projet de loi de la Chambre, un responsable électoral qui distribuerait une demande d'application pour le vote postal à un électeur qui ne l'a pas spécifiquement serait même passible d'emprisonnement.

Dans la foulée de la pandémie, plusieurs États avaient décidé de poster les applications aux électeurs. Certains étaient allés plus loin en acheminant directement des bulletins de vote.

Un phénomène républicain

Brian Kemp, assis, signe un décret.

Le gouverneur de la Georgie, Brian Kemp, fait partie des gouverneurs républicains ayant promulgué un texte législatif qui a pour effet de limiter l'accès aux urnes.

Photo : Associated Press / Mike Stewart

Les projets de réforme électorale au Texas ne font pas exception. Selon une recension du Brennan Center for Justice, un organisme indépendant, datant de la fin du mois de mars, il y a eu 361 projets de loi de portée diverse comportant des dispositions restrictives dans 47 États.

Leurs partisans invoquent les allégations, sans fondement, de fraudes électorales massives martelées par l'ex-président Donald Trump après la présidentielle de novembre dernier. Lui et ses alliés avaient pourtant essuyé des dizaines de revers devant les tribunaux.

Cinq des propositions législatives ont déjà été adoptées, puis promulguées par le gouverneur respectif de l'État, en Arkansas (deux), en Utah, en Georgie ainsi qu'en Iowa.

À titre d'exemple, le texte promulgué par le gouverneur républicain de Georgie, Brian Kemp, renforce les contrôles sur l'identité des électeurs votant par correspondance, interdit de distribuer de l'eau ou des vivres dans les longues files d'attente les jours de vote, et restreint le nombre d'urnes installées dans la rue pour déposer les bulletins.

Les démocrates, mais aussi des militants des droits civiques et même une centaine d'entreprises, comme Coca-Cola et la compagnie aérienne Delta, ont accusé les républicains de Georgie de restreindre l'accès des minorités, particulièrement de la communauté afro-américaine, aux urnes.

Ils comparent ses dispositions aux restrictions imposées par les lois ségrégationnistes instaurées par plusieurs États du Sud après la guerre de Sécession pour limiter le droit de vote des Noirs.

En guise de protestation, les ligues majeures de baseball (MLB) ont déménagé leur match des étoiles, qui devait avoir lieu le 13 juillet à Atlanta, et le réalisateur du film Emancipation, consacré à l'histoire de l'esclavage aux États-Unis et mettant en vedette Will Smith, a choisi un autre lieu de tournage.

En contrepartie, 843 projets de loi étendant le droit de vote ont aussi été présentés dans 47 États, selon le Brennan Center for Justice. Neuf d'entre eux ont passé l'étape des assemblées législatives, puis obtenu la signature des gouverneurs respectifs.

Avec les informations de New York Times, NBC News, et The Texas Tribune

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