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Procès du meurtre de Laurie-Anne Grenier : l’accusé dénoncé par sa mère

Manon Brochu.

Manon Brochu dit avoir immédiatement dénoncé son fils après que celui-ci l'eut informée de ses gestes présumés.

Photo : Sûreté du Québec

Quelques heures après avoir tué son ex-petite amie, alors qu’il était en cavale à Sainte-Adèle, Vincent Boucher a téléphoné à sa mère pour avouer son crime. La femme a aussitôt dénoncé son fils à la police. C’est ce qu’elle a déclaré aux enquêteurs, dans une vidéo présentée au jury du procès mardi, au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Laurie-Anne est morte, maman, je l’ai poignardée, aurait dit Vincent Boucher à sa mère Manon Brochu, le 15 décembre 2018, peu après 18 h.

L’accusé et la victime avaient mis fin à leur relation de moins de quatre mois quelques jours plus tôt. C’était un couple à la dérive, selon Manon Brochu. Ils s’étaient connus en thérapie pour traiter leurs dépendances à la drogue dure. Or, ils consommaient encore régulièrement et se chicanaient souvent.

La veille du drame, Vincent Boucher serait revenu à l’appartement de Laurie-Anne Grenier à Saint-Jean-sur-Richelieu dans l’espoir de la reconquérir, selon la poursuite. Mais en pleine crise de jalousie, il l’aurait poignardée à plusieurs reprises avant de se sauver.

Il faut que j'appelle le 911

Je suis dans la merde et je suis en cavale, aurait dit l’accusé à sa mère, quelques heures plus tard en avouant avoir tué son ex. Maman, elle est morte, je te dis. Quand je te dis qu’elle est morte, est morte. C'est ça l'hostie de dope, rapporte Mme Brochu aux enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) venus l'interroger à Plessisville, la nuit du 16 décembre 2018.

Il [Vincent Boucher] était calme comme quelqu'un qui vient de réaliser que c'est grave ce qui s'est passé, puis qu'il va se passer quelque chose, a-t-elle expliqué.

Son fils lui aurait demandé de venir le chercher à Sainte-Adèle en affirmant qu'il allait se cacher dans un buisson en l'attendant... Je capote, explique la femme, qui communique plutôt avec la police. Je ne peux pas avoir ça sur mon cœur, dans ma conscience. Il vient de m'avouer son crime, moi, faut que j'appelle le 911, a-t-elle pensé.

La police s'est rendue à l'appartement de Laurie-Anne Grenier et a découvert le corps sans vie de la femme de 27 ans, qui travaillait comme cuisinière dans une résidence pour aînés. Son ex a été arrêté le soir même.

Une lettre d'aveu est retrouvée sur la dépouille, où on peut lire : Jchui dsl bébé je t'aime, mais on se revoit au ciel. [...] Tu m'a poussé à boute [sic].

Dans la salle d'audience, assis dans le box des accusés, Vincent Boucher, 27 ans, s'essuyait les yeux pendant les premières minutes de la déclaration de sa mère. Les proches de Laurie-Anne Grenier semblaient aussi bouleversés par le récit de Manon Brochu.

Vincent Boucher faisait peur

L'accusé avait emménagé avec la victime à sa sortie de prison en octobre 2018, a témoigné la cousine de Laurie-Anne Grenier, Anne Lamontagne. Vincent Boucher était intense, faisait peur et consommait beaucoup, selon elle. La victime n'aurait jamais dit avoir été victime de violence conjugale.

La veille du drame, Laurie-Anne Grenier et l'accusé avaient rendez-vous pour discuter de leur relation. Elle m'a dit qu'elle ne savait pas ce qu'elle allait faire. Sa décision n'était pas prise, selon Anne Lamontagne.

Vincent Boucher admet avoir causé la mort de Laure-Anne Grenier, mais nie avoir commis un meurtre au premier degré.

Le procès se tient devant le juge de la Cour supérieure Marc-André Blanchard. Les procureurs aux poursuites criminelles et pénales sont Martin Bourgeois et Nicolas Rochon. La défense est représentée par les avocates Valérie La Madeleine et Christine Brosseau. Les témoignages se poursuivent mercredi.

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