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Recherches sur les lacs d’esker dans la MRC d'Abitibi : deux nouvelles espèces découvertes

Une femme prend des notes pendant qu'un homme approche une épuisette d'un plan d'eau.

Clémentine Scott et Louis Imbeau durant leurs recherches.

Photo : gracieuseté GREMA

Janis Rivard

Trois chercheurs de l’Institut de recherche sur les forêts (IRF) de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue travaillent sur un projet pour inventorier la biodiversité des lacs d’esker dans la MRC d’Abitibi. Il s’agit de Louis Imbeau, Miguel Montoro Girona et Guillaume Grosbois.

L’idée est venue aux trois chercheurs alors que Louis Imbeau, chercheur pour l’IRF et doyen à la recherche et à la création, a observé la présence d’espèces d’oiseaux peu communes à l’environnement où il se trouvait.

J’ai remarqué que les lacs d’esker se distinguaient par certains attributs au niveau de la faune : il y a certaines espèces qui semblent les préférer pour se reproduire. Ça nous permet de nous questionner à savoir quels étaient les mécanismes sous-jacents. On pense que, entre autres, les lacs d’esker, puisqu’ils sont souvent déconnectés du réseau hydrographique, pourraient être dépourvus de poissons, ce qui ferait en sorte qu’ils seraient un peu particuliers. Il y aurait plus d’invertébrés, plus d’insectes aquatiques, entre autres, ce qui ferait qu’ils attireraient entre autres certaines espèces d’oiseaux, explique Louis Imbeau, chercheur pour l’IRF et doyen à la recherche et à la création de l’UQAT.

Il existe très peu de documentation sur la biodiversité de ces lacs. Les chercheurs ont déjà observé la présence de deux espèces de libellules qui n’ont jamais été recensées auparavant en Abitibi-Témiscamingue lors de leur première session de recherche sur le terrain : le leste flamboyant et l’agrion à tache jaune.

Un montage avec du texte et la photo de deux libellules.

Deux nouvelles espèces de libellules ont été découvertes.

Photo : gracieuseté GREMA

Les lacs d’esker ont plusieurs particularités qui les distinguent des lacs boréaux. L’eau de ses lacs provient des eskers, ces tunnels où circulent de l’eau souterraine très claire, et sont indépendants des autres cours d’eau. C’est pourquoi il n’y a probablement pas de poissons dans ces environnements.

Alors, c’est ça le grand défi : c’est de pouvoir arriver à connaître la biodiversité des eskers en termes d’espèces, autant aquatiques que terrestres, et pouvoir fournir des outils pour pouvoir l'aménager à long terme. Pour garantir la persistance et la durabilité d’un des écosystèmes les plus précieux de notre région, explique Miguel Montoro Girona, professeur à l’IRF et spécialiste de l’écologie forestière.

L’objectif est donc d’étudier 25 lacs d’esker et 25 lacs boréaux dans la MRC d’Abitibi et DE comparer leur biodiversité.

Notre hypothèse de base, qui est la différence entre les lacs associés aux eskers et lacs qui sont associés plus à l’argile, c’est vraiment que notre communauté d’invertébrés va être beaucoup plus riche et beaucoup plus diversifiée et intéressante comme ressource, indique Guillaume Grosbois, professeur associé à l'IRF en écologie aquatique. Et ça, ça proviendrait de deux facteurs : le premier, ça va être qu’il y a moins de prédation, comme il n’y a pas de poissons supposément. Donc il y a beaucoup plus de place pour que les gros invertébrés riches en protéines, en lipides et en énergie puissent se développer. Et aussi que ces invertébrés-là auront plus de ressources. Donc un meilleur habitat et de meilleures conditions de vie.

Un lac avec une libellule en premier plan, floue.

Les lacs d'esker sont à ce jour très peu étudiés.

Photo : gracieuseté GREMA

L’été dernier, les chercheurs ont déjà réussi à répertorier tous les invertébrés trouvés sur le terrain et ont caractérisé les environnements de chaque lac. Cet été, les recherches porteront sur un autre niveau de la biodiversité : les communautés d’oiseaux et la recherche de poissons.

L’étude de ces écosystèmes permettrait de développer des outils pour leur développement durable, selon les chercheurs. Les lacs d’esker étant directement influencés par les industries avoisinantes, comme l’activité minière, forestière, de tourisme et d’embouteillage d’eau, une meilleure connaissance des milieux est essentielle pour leur protection.

La question, c’est qu’on a un écosystème petit qui n’a pas beaucoup de surface. Un écosystème qui fournit beaucoup de ressources indispensables pour le développement de l’économie de la région. Un écosystème, en conséquence, très vulnérable. Le problème, c’est comment on va l'aménager si on ne connaît pas la biodiversité, comment on va pouvoir établir une façon de l'aménager pour le préserver à long terme si on ne comprend pas son fonctionnement, si on ne sait pas comment les eskers réagissent à la coupe forestière, comment les eskers réagissent à l'industrie minière, fait valoir Miguel Montoro Girona, professeur à l’IRF et spécialiste de l’écologie forestière.

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