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Ils ont contracté la COVID-19 dans les hôpitaux du Québec : 473 patients en sont morts

Des centaines de patients des hôpitaux du Québec sont décédés des suites de la COVID-19 après y avoir contracté le virus. Une situation qui devrait s’estomper avec la vaccination, estiment des spécialistes, mais qui constitue un drame pour des familles.

Portrait de Marcel Bouffard

Réjean rendant visite à son père Marcel Bouffard dans sa chambre à la résidence privée où il habitait.

Photo : Famille Bouffard

Lorsque son père a été transporté à l’Hôpital du Saint-Sacrement à l’automne 2020, Réjean Bouffard s’attendait à ce qu’il obtienne son congé dans un délai raisonnable.

C'était une personne énergique [...] il a perdu l'équilibre sur son quadriporteur et, en tombant, il s'est fracturé cinq côtes, se rappelle-t-il.

Portrait de Réjean Bouffard

Réjean Bouffard a perdu son père après que ce dernier eut attrapé la COVID-19 à l'hôpital.

Photo : Radio-Canada

Un premier dépistage de COVID-19 s’est révélé négatif, mais un suivi quelques jours plus tard a indiqué que son père de 85 ans avait contracté le virus.

Malgré un transfert dans un autre hôpital de la région de Québec et un séjour aux soins intensifs, Marcel Bouffard est décédé une semaine plus tard.

En fin de compte, mon père a eu un accident. Il s'est fracturé des côtes. Il est allé à l'hôpital pour se faire soigner, puis, en bout de ligne, il a frappé le jackpot. Il a attrapé la COVID, puis il est décédé, raconte Réjean Bouffard.

La famille de ce dernier n’est pas la seule à avoir vécu une telle situation.

Selon une compilation de Radio-Canada, au moins 473 patients qui ont contracté le virus dans un hôpital du Québec sont décédés des suites de la COVID d’août 2020 à février 2021.

Dans la région de Québec par exemple, 41 personnes sont décédées, dont 9 à l’Hôpital Saint-Sacrement où des éclosions sont survenues à l’automne.

En réponse à notre demande d’accès aux documents, le CHU de Québec précise que la nature de ces données ne permet pas d’en inférer que le décès découle d’une exposition au SARS-CoV-2 (COVID-19), mais bien de tout décès de patients ayant eu une infection nosocomiale.

De telles infections sont acquises au cours d’un épisode de soins administrés par un établissement du réseau de la santé.

Nous avons obtenu les données auprès de 20 établissements répartis dans 13 régions du Québec en réponse à des demandes d’accès aux documents des organismes publics. Quelques établissements ont répondu ne pas disposer des informations demandées (CISSS de Laval, CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue) tandis que le CISSS de Lanaudière n'a pas donné suite à notre demande ni à nos rappels.

L’espoir de la vaccination

Depuis la mise sur pied d’un registre des infections en août 2020, on dénombre quelques centaines d’éclosions dans une centaine de bâtiments hospitaliers à travers le Québec. Au sommet de la deuxième vague en janvier 2021, jusqu’à 30 % des éclosions actives se retrouvaient en milieu de vie et de soins.

D'après le Dr Yves Longtin, chef de l’Unité de prévention et contrôle des infections à l’Hôpital général juif, tant que les hôpitaux du Québec vont devoir prendre soin de patients atteints de la COVID, il y a toujours un risque continuel qu'il y ait de la transmission.

Néanmoins, les 500 décès, c'est clairement 500 décès de trop, précise-t-il.

Portrait du Dr Yves Longtin.

470 morts, après avoir contacté la COVID à l'hôpital

Photo : Radio-Canada

Certains hôpitaux doivent composer avec des composantes architecturales [...] qui sont clairement en leur défaveur [...] et certains hôpitaux mettent encore deux patients dans la même chambre, souligne le Dr Longtin.

Selon le chef de l’Unité de prévention et contrôle des infections, maintenant que les travailleurs de la santé ont accès au vaccin, que les patients ont accès au vaccin, je crois qu'on est clairement dans une situation favorable pour faire face à la prochaine vague.

L’épidémiologiste Nimâ Machouf entretient également l’espoir lié à la vaccination. Plus on va être vaccinés, moins on va être vulnérables pour décéder, précise-t-elle.

Portrait de Nimâ Machouf

Nimâ Machouf, épidémiologiste

Photo : Radio-Canada

Elle s’étonne toutefois des éclosions dans les hôpitaux. Pourquoi la personne a acquis l'infection? Elle est quand même dans un milieu hospitalier où normalement on devrait avoir toutes les mesures de sécurité pour éviter la transmission des infections.

Je pense que là-dessus on s'est fait jouer des tours.

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