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Devant le tribunal, des églises font appel à un expert américain anti-confinement

Ces églises tentent de convaincre un juge que les restrictions sanitaires violent leur liberté.

Le tribunal de Winnipeg.

Le procès s'est ouvert lundi devant la Cour du Banc de la Reine au Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Bert Savard

Radio-Canada

Les confinements mis en place pour réduire la propagation de la COVID-19 ne font que repousser le problème, selon Jay Bhattacharya. Ce professeur américain est intervenu devant un tribunal de Winnipeg dans le cadre d'un procès mené par des congrégations religieuses contre les restrictions imposées au Manitoba.

Depuis lundi, sept églises tentent de convaincre un juge que les restrictions sanitaires violent de manière injustifiable leur liberté de conscience et de religion, d’expression et de réunion pacifique, garantie par la Charte canadienne des droits et libertés.

Jay Bhattacharya est professeur de médecine à l'Université de Stanford. Mardi, il a reconnu que les mesures strictes réduisent le nombre maximal de cas de COVID-19, mais a ajouté que la pratique ne fait que retarder ces infections par la suite.

Lors de son contre-interrogatoire, l'avocate de la province, Heather Leonoff, a demandé au professeur s'il était logique de maintenir certains niveaux de restrictions pour retarder les infections, jusqu'à ce qu'un nombre suffisant de vaccins soit disponible. Jay Bhattacharya, qui témoignait par vidéo depuis la Californie, a déclaré que c'était une stratégie , mais que son efficacité était à prouver.

Adepte de l'immunité collective

Jay Bhattacharya s’est fait connaître aux États-Unis pour son opposition au confinement et ses critiques envers Anthony Fauci, le directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses.

Il est aussi l'un des trois auteurs de la déclaration controversée de Great Barrington, qui, si elle était suivie, permettrait au coronavirus de se propager naturellement.

Cette déclaration suggère d’imposer des limites aux libertés individuelles seulement aux personnes à haut risque de mourir de la COVID-19, tout en permettant au reste de la population de continuer à vivre sans restrictions afin de renforcer l'immunité collective.

La province, de son côté, fait valoir que les limites imposées aux libertés individuelles sont des mesures raisonnables pour réduire la transmission de la COVID-19. En date de mardi, il y avait eu 39 814 cas de COVID-19 au Manitoba depuis le début de la pandémie et 980 morts.

Neuf jours de procès

Heather Leonoff a aussi affirmé devant la Cour qu’elle avait plus de 50 articles qui contestent les points de vue de Jay Bhattacharya. Ce dernier a, d’ailleurs, remis en question toutes les interprétations des données des articles présentés par l’avocate.

Les confinements sont une mesure extraordinaire ayant des conséquences économiques et psychologiques majeures, a argumenté Jay Bhattacharya. Il a notamment pris l'exemple de la Suède qui n’a pas mis en place de confinement majeur et qui a un taux de mortalité inférieur à des pays d’Europe ayant choisi cette voie.

En réponse, Heather Leonoff a rappelé qu'il ne fallait pas se lancer dans des comparaisons entre les pays à cause de la variété des facteurs sociaux et biologiques qui sont à prendre en compte.

Le procès, présidé par le juge en chef de la Cour du Banc de la Reine Glenn Joyal, doit durer neuf jours en tout.

Selon des informations de CBC

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