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De nouvelles recommandations du comité d'immunisation créent de la confusion

Une dame prélève une dose de vaccin AstraZeneca.

Vaccin contre la COVID-19

Photo : Getty Images / SOPA Images

Le premier ministre Justin Trudeau a tenté de rassurer les Canadiens au lendemain de la déclaration du CCNI qui affirmait que les vaccins à vecteur viral COVID-19 comme ceux d'AstraZeneca et de Johnson & Johnson n'étaient pas les produits à privilégier.

« Tous les vaccins approuvés par Santé Canada sont efficaces et sécuritaires », a-t-il répété à plusieurs reprises lors d'une conférence de presse mardi.

Lundi, de nouvelles recommandations du Comité consultatif national d’immunisation (CCNI) ont suscité beaucoup d’interrogations et de critiques d’experts en santé publique.

Depuis des semaines, les autorités canadiennes encouragent les Canadiens à prendre le premier vaccin disponible, puisque les risques des effets secondaires graves en raison de la vaccination sont beaucoup moins élevés que les complications de la COVID-19.

Voilà que lundi, le comité indépendant, composé d'experts bénévoles, a déclaré que les Canadiens qui sont moins susceptibles de contracter la COVID-19 peuvent attendre qu’une dose du vaccin Pfizer ou Moderna soit disponible.

Selon le CCNI, les vaccins à ARNm sont réputés plus sûrs et offrent une protection supérieure.

Ce que nous disons depuis le début, c’est que les vaccins ARN [Pfizer et Moderna] sont ceux qui sont préférés, a dit la Dre Shelly Deeks, vice-présidente du CCNI, lundi, tout en réitérant que tous les vaccins autorisés au Canada sont efficaces et sécuritaires.

Le comité indique que les vaccins d'AstraZeneca et de Johnson & Johnson comportent des risques (très rares) de caillots et que les Canadiens doivent analyser leur risque individuellement avant d’accepter l’un des vaccins.

Le comité a précisé qu’il avait réévalué le risque d’une thrombose liée aux vaccins. Il est désormais de 1 sur 100 000 pour le vaccin d’AstraZeneca, contre 1 sur 250 000 pour le vaccin de Johnson & Johnson.

C’est pourquoi le comité a précisé lundi que les vaccins d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson devraient être utilisés par ceux qui ne veulent pas attendre une dose de Pfizer ou de Moderna ou ceux qui ne peuvent pas vraiment se permettre d'attendre (ex. : travailleurs essentiels ou personnes dans une région où la transmission est élevée).

En entrevue lundi à CBC, la Dre Caroline Quach-Thanh, présidente du CCNI, a expliqué que cette recommandation permet aux Canadiens de prendre une décision éclairée.

Ça dépend de la région où vous êtes. Si vous êtes dans une région où la transmission est élevée, oui, il est mieux de prendre le premier vaccin qu’on nous offre. Si vous êtes dans une région où il n’y a pas de COVID-19, c’est correct d’attendre pour recevoir le vaccin de Pfizer ou de Moderna. C’est une question d’évaluer ses risques individuellement.

Rappelons toutefois qu’au cours des prochaines semaines, la majorité des Canadiens n’auront même pas ce choix à faire, puisque les millions de doses de vaccin qui arriveront au pays seront de Pfizer ou de Moderna. On ne sait pas encore quand le Canada recevra d’autres vaccins d’AstraZeneca, et les vaccins de Johnson & Johnson ont été mis de côté en raison de préoccupations concernant la qualité du produit. De plus, la décision finale revient aux provinces. Par exemple, le Québec continue de recommander le vaccin d’AstraZeneca.

Nous sommes à quelques semaines d'obtenir des millions de doses des vaccins [Pfizer et Moderna]. La question que les gens doivent se poser maintenant est : "Quel est mon risque d’être infecté par la COVID-19 dans les deux ou trois prochaines semaines?", a dit la Dre Quach-Thanh, tout en ajoutant que le vaccin à privilégier est celui qui confère une immunité contre la COVID-19.

La Dre Theresa Tam, administratrice de l'Agence de santé publique du Canada, a dit mardi qu'elle pouvait sympathiser avec les gens qui ont du mal à suivre l'évolution des conseils. Selon elle, il n’y a pas de doutes que le vaccin d’AstraZeneca fonctionne, mais que la science et les circonstances changent et qu’il est possible que les recommandations changent elles aussi.

Ne pas comparer une Rolex à une Gucci

Des gens en file se font remettre des coupons.

Ces déclarations du comité d’immunisation ont suscité énormément de réactions de plusieurs médecins et experts en santé publique. Ils estiment que le message du comité lance le message que seuls les vaccins de Pfizer ou de Moderna sont efficaces.

Le Dr David Naylor, coprésident du groupe de travail national sur l'immunité contre le COVID-19, a d’ailleurs fait part de son inquiétude lors d’une entrevue à CBC lundi. Il craint notamment que certaines personnes qui ont choisi d’avoir le vaccin d’AstraZeneca regrettent maintenant leur choix.

Le fait qu’ils aient indiqué que certains vaccins sont supérieurs à d’autres est problématique. On envoie le signal que le vaccin [d’AstraZeneca] est de seconde classe. Et pourtant, tous les vaccins fonctionnent extrêmement bien et protègent les gens contre les complications, les hospitalisations et la mort.

Une citation de :Dr David Naylor, Groupe de travail sur l'immunité contre la COVID-19

De plus, il craint que les personnes dans les zones chaudes ou les travailleurs essentiels – ceux à qui on recommande de prendre n’importe quel vaccin – sentent qu’ils n’ont pas accès à un vaccin de qualité. S’ils croyaient vraiment que ces vaccins [Moderna et Pfizer] sont à privilégier, pourquoi ne pas les donner à ces populations vulnérables? C’est une question d’équité, déplore-t-il.

Il rappelle qu’il est difficile de comparer chaque vaccin, puisqu’ils ont été testés sur des groupes différents et dans des circonstances différentes. Le vaccin AstraZeneca a été testé au Royaume-Uni au moment où le variant B.1.1.7. apparaissait. Ce n’était pas le cas pour les vaccins de Moderna et de Pfizer, explique le Dr Naylor.

Et c’est pourquoi le Dr Naylor croit que le gouvernement devrait éviter de comparer ainsi les vaccins. N’essayons pas de comparer une Gucci à une Rolex. Le message de base doit encore être de prendre le premier vaccin qui nous est offert.

Découvrez-vous comment fonctionnent les vaccins contre le SRAS-CoV-2.

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