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Les élèves retourneront-ils en classe d'ici la fin de l'année scolaire?

Une file de jeunes élèves qui marchent derrière un adulte dans une école.

L'incertitude demeure sur la possibilité de rouvrir les écoles d'ici la fin d'année scolaire en Ontario. (Archives)

Photo : CBC/Evan Mitsui

Il n’y a toujours pas de réponse claire sur la fin d’année scolaire en Ontario. Les élèves pourront-ils retourner en salle de classe d'ici la fin juin? Le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, a répété à plusieurs reprises lors de son dernier point de presse qu'il attend l'avis du médecin hygiéniste en chef, le Dr David Williams.

Pour certains parents et enseignants, c'est une fin d'année entre incertitude et lassitude.

Pour le moment, le nombre de cas quotidiens est encore trop élevé pour considérer cette option, a ajouté le ministre en point de presse. Le mode virtuel sera offert jusqu’à la fin de l’année en cours, voilà ce qui a par contre été confirmé par Stephen Lecce.

Pour Nathalie-Sylvie Rainville, mère de trois enfants qui vit à North Bay, ce n'est pas une surprise. Je ne m'attends plus à avoir des nouvelles avant le 19 mai. Mme Rainville fait référence au 20 mai, date à laquelle l'ordre de rester à la maison doit prendre fin en Ontario.

La présidente de Parents partenaires en éducation et mère d'un garçon au secondaire, Badrieh Kojok, se désole de cette situation qui perdure.

Les avis sont vraiment partagés, mais la majorité des parents, je dirais, sont inquiets du va-et-vient. Ils ont l'impression que les décisions sont prises à la dernière minute, relate-t-elle.

Badrieh Kojok en entrevue.

La présidente du groupe Parents partenaires en éducation, Badrieh Kojok

Photo : Radio-Canada

D'un côté, on nous dit que les écoles sont sécuritaires et qu'elles ne fermeront pas et quelques heures plus tard, les écoles ferment pour deux semaines, puis pour une période indéterminée. Puis maintenant, on ne sait toujours pas [si] les écoles vont rouvrir d'ici la fin de l'année ou pas.

Une citation de :Badrieh Kojok, présidente de Parents partenaires en éducation

Les parents pourront décider de garder leurs enfants à la maison ou de les renvoyer sur les bancs d'école lors de la prochaine rentrée scolaire. Le ministère ne sait toujours pas combien de familles opteront pour l'enseignement à distance.

Pour certains parents, comme Kathleen Barlas, les cours en ligne n'ont pas été de tout repos cette année. Sa décision est déjà prise : elle renverra son fils en classe en septembre.

Kathleen Barlas

Kathleen Barlas préconise l'éducation en présentiel pour son enfant.

Photo : Radio-Canada

Nous, c'est certain qu'il va aller en classe. [...] Il a ce besoin social là. [...] Je fais confiance à l'école, assure-t-elle.

De son côté, Mme Kojok s'inquiète déjà pour la rentrée. Il y a beaucoup d'enfants qui n'ont toujours pas un accès continu à Internet. Ça pose problème pour le suivi. Il y a beaucoup d'enfants qui ne se connectent pas, [et d'autres qui] qui ne sont pas présents pour toute la durée des cours, dit-elle.

Mme Rainville, elle, estime que c'est aussi un choix politique, de donner cette option. Je pense que ça a toujours été la volonté du gouvernement conservateur de mettre en place des cours en ligne, et maintenant ils le font, car nous sommes dans une pandémie, souligne-t-elle.

Pas facile pour les enseignants

Anne-Caroline Dupont Salter est enseignante en 4e année en immersion française à Kingston.

On espère ne pas finir en ligne, et un retour à l'école. Il faut dire que les cas n'ont jamais été aussi élevés que dans d'autres régions à Kingston et nous n'avons pas eu vraiment de problèmes de transmissions dans les écoles. C'est décevant de pas avoir un retour en personne par région.

Une citation de :Anne-Caroline Dupont Salter, enseignante à Kingston

Quant à la rentrée prochaine et la possibilité d'y assister en ligne, elle estime que c'est prématuré. Si les personnes les plus à risque et les enseignants et [le] personnel de l'éducation ont reçu au moins leur première dose, est-ce qu'on aura besoin d'avoir de l'école en ligne, demande-t-elle.

Une élève assise devant deux ordinateurs et portant un casque suit des cours en ligne.

Une élève travaille à distance.

Photo : Radio-Canada / Wayne Vallevand

Elle espère ne pas voir cette option de classe virtuelle pour les plus petits si la situation ne le nécessite pas. Je crains que certains parents pensent que c'est une solution équivalente que d'être à l'école en personne, dit-elle.

C'est très difficile de montrer, par exemple, l'éducation physique. Moi, je ne fais pas d'écriture cursive, parce que c'est difficile à faire en ligne, il faut voir la position du poignet, la forme de la lettre, etc.

Une citation de :Anne-Caroline Dupont Salter, enseignante à Kingston

Chantal Perrin enseigne virtuellement à l'école primaire à Ottawa depuis septembre. Elle raconte pour sa part ne pas être trop touchée, mais elle reconnaît que les défis sont énormes pour les enfants.

Une mère et sa fille et son fils marchent devant l'École Thorncliffe Park.

L'option sera ouverte pour l'école en ligne à la rentrée prochaine.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

On s'y attendait plus ou moins, étant donné la situation de la pandémie à Ottawa. Je pense que, pour des raisons de sécurité, c'est peut-être mieux que les enfants restent à la maison, dit-elle.

Le problème, ajoute-t-elle, c'est ce yoyo entre virtuel et en présence. C'est déstabilisant pour les enfants et leur apprentissage, tous ces changements soudains, pense-t-elle.

Je resterai en virtuel l'année prochaine, il n'y a pas de vaccins encore pour les enfants. Et malgré le protocole sanitaire mis en place par le ministère de l'Éducation, nous avons eu des cas de transmission, même à mon école.

Une citation de :Chantal Perrin, enseignante à Ottawa

L'enseignante remarque aussi que certains enfants ont beaucoup de difficultés avec cette forme d'enseignement. L'année prochaine, le virtuel sera réduit. Donc, ça veut dire que ce sont vraiment les enfants qui en ont besoin qui pourront en priorité recevoir un enseignement virtuel, estime-t-elle.

Anne-Caroline Dupont Salter, elle, rappelle que l'école à distance demande aussi des aménagements. Il y a des enfants qui n'ont pas leur propre chambre, il y a parfois plusieurs enfants, des parents qui travaillent à la maison, pointe-t-elle.

L'école en personne demande de nombreux ajustements et des mesures de précautions, dit-elle, mais même avec toutes ces contraintes-là, on aime mieux être à l'école, conclut-elle.

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