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Un comité d'experts pour tenter d'apaiser les craintes sur le REM de l'Est

Wagon du futur REM sur les rails.

Le REM de l'Est partirait du centre-ville pour rejoindre Pointe-aux-Trembles et Montréal-Nord.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Face aux critiques de ceux qui craignent que la future branche orientale du Réseau express métropolitain (REM) ne défigure le centre-ville de Montréal, le gouvernement du Québec a présenté mardi le comité indépendant de 15 experts, chargé notamment « d’assurer une intégration réussie du REM de l’Est au paysage urbain ».

C’est l'ingénieure Maud Cohen, PDG de la Fondation du CHU Sainte-Justine, ex-présidente de la Coalition avenir Québec (CAQ) et ex-présidente de l'Ordre des ingénieurs, qui dirigera ce groupe composé de sept femmes et huit hommes aux horizons divers qui se réuniront mensuellement.

On y trouve notamment des professeurs de design et d’urbanisme, des architectes, des ingénieurs, des représentants d'exo (transport en commun), de l’organisme Vivre en Ville, du Partenariat du Quartier des spectacles, du Technopole Angus, de même que des représentants du ministère des Transports et du Service de l’urbanisme et de la mobilité de la Ville de Montréal.

Le starchitecte français Jean-Paul Viguier sera aussi mis à contribution. On lui doit la conception de plusieurs sièges sociaux et de deux gares de transport en commun.

« Je suis persuadée que cet exercice permettra de rallier les citoyens et les parties prenantes autour du design architectural du réseau du REM de l'Est et autour de son intégration architecturale harmonieuse dans le tissu urbain. »

— Une citation de  Chantal Rouleau, ministre déléguée aux Transports et ministre responsable de la Métropole

C’est le cabinet d’architectes Lemay qui prend le relais des firmes Daoust Lestage et STGM pour ce qui est de l'intégration architecturale. Selon le Journal de Montréal, ces dernières auraient jeté l’éponge l’hiver dernier, de peur d’être associées à un projet qui viendrait défigurer le boulevard René-Lévesque.

Chantier à proximité de l’autoroute 40 ouest et du centre commercial Fairview à Pointe-Claire.

La Caisse promet qu'on ne verra pas au centre-ville le même genre de structure que celle du premier tronçon (ici autour du centre commercial Fairview à Pointe-Claire).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La transparence pour répondre aux craintes

En effet, plusieurs craignent que les piliers de béton et le passage des trains toutes les deux minutes ne nuisent à l'artère de même qu'à ses occupants. CDPQ Infra affirme qu’elle ne peut recourir à un tunnel souterrain dans cette portion du centre-ville, étant donné qu’il est déjà occupé par le métro, l’autoroute Ville-Marie ainsi que des réseaux d’eau et de communication.

Le comité d'experts aura justement accès à ces études, qui seront ensuite rendues publiques comme tous les documents auxquels le comité aura eu accès. Ses recommandations seront aussi dévoilées à la population d'ici la fin de l'année.

Lors de l'élaboration du premier tronçon du REM, un comité similaire avait été mis en place, mais il était tenu à la confidentialité.

« Le comité et la firme Lemay auront tous les moyens afin de contribuer à l’élaboration d’une vision architecturale de haut niveau et de calibre mondial, et surtout un cadre architectural qui sera prescriptif et imposé à tous les soumissionnaires de ce projet. »

— Une citation de  Harout Chitilian, v.-p., affaires corporatives et développement chez CDPQ Infra

Les recommandations du comité alimenteront aussi la consultation publique qui débutera dans les prochains jours et qui s'étalera tout au long de l'année 2021, jusqu'à ce que le dossier soit remis au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), en 2022.

Selon la mairesse de Montréal, Valérie Plante, le projet qui doit permettre de relier Montréal-Nord et Pointe-aux-Trembles au centre-ville est une opportunité majeure de développement économique et urbain pour l’est de Montréal.

Elle souligne que les enjeux sont nombreux et que le comité aura du pain sur la planche, mais se dit confiante que nous avons les bonnes personnes autour de la table pour trouver des solutions.

Son adversaire en vue des élections municipales de novembre, Denis Coderre, soutient lui aussi l'initiative. Peut-on regarder l'ensemble des analyses? On a assez de ruines, on n'a pas besoin d'un autre trou dans le centre-ville, parce que si on se met à creuser, tout "s'effoire", résume-t-il.

Le coût du REM de l'Est, qui aura une longueur de 32 kilomètres sur deux branches et comprendra 23 stations, est actuellement évalué à 10 milliards de dollars. Son inauguration est prévue pour 2029.

En entrevue à l'émission 24-60, la présidente du comité d'experts, Maud Cohen, a souligné qu'il existe à travers le monde des exemples d'intégration architecturale réussis. Elle a notamment évoqué les cas de Copenhague et de Chicago. Une vidéo de présentation de CDPQ Infra présentait aussi le cas de La Haye, aux Pays-Bas.

Une tunnel en dentelle métallique blanche recouvre la structure de béton.

Le RandstadRail project relie Rotterdam et La Haye aux Pays-Bas.

Photo : Gracieuseté

Mme Cohen croit que ce regard multidisciplinaire va nous permettre de faire exploser les possibilités, d’ouvrir les œillères sur ce qui se fait de mieux à l’international, mais [...] permettra aussi de faire ressurgir l’audace québécoise dont nous savons faire preuve.

Réactions

L'organisme de défense du patrimoine bâti montréalais Héritage Montréal a refusé de se joindre au comité d'experts.

« Finalement, c'est mettre un peu de dentelle sur un monstre de béton. Est-ce que ça va sauver Montréal? J'en doute. »

— Une citation de  Taika Baillargeon, directrice adjointe des politiques à Héritage Montréal

De son côté, le Conseil régional de l'environnement de Montréal (CRE-Montréal), par la voix de son directeur général Emmanuel Rondia, a salué une nette avancée en matière de collaboration et de transparence. L'organisme indique toutefois rester sur sa faim, notamment en ce qui concerne la portée de l'information actuellement mise à disposition du grand public.

Le CRE-Montréal aimerait éclaircir les questions de tracé et d'achalandage pour s'assurer qu'il s'agit bien du meilleur mode de transport au meilleur endroit, et que le projet ne viendra pas en cannibaliser d'autres, comme le prolongement de la ligne bleue.

En outre, les consultations ne porteront pas sur les questions du financement et de la gouvernance, alors que le projet pourrait impacter le financement d’autres projets dans le futur, note l'organisme.

Selon le député péquiste Joël Arseneau, l’insistance des promoteurs du REM sur "l’intégration urbaine" laisse présager que le mode aérien ne pourra pas véritablement être remis en question par le comité aviseur.

Avec les informations de Mathieu Prost

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