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Hausse du prix des matériaux de construction : les premiers acheteurs laissés pour compte

Un quartier résidentiel en développement à Rouyn-Noranda.

Un quartier résidentiel en développement à Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

L’accès à la propriété est de plus en plus coûteux en Abitibi-Témiscamingue.

Depuis le début de la pandémie, le prix des maisons unifamiliales a augmenté de façon significative dans la région, le prix de vente médian de ces résidences passant de 200 000 $ en 2019 à 220 000 $ en 2020.

Des terrains résidentiels à vendre sont disponibles dans les grandes villes des cinq MRC de la région, mais le coût élevé des matériaux de construction fait réfléchir bien des acheteurs désireux de se construire une maison neuve.

Sans vouloir parler pour l’ensemble des promoteurs immobiliers, Guillaume Prévost, qui possède des terrains à vendre à Rouyn-Noranda, affirme que ceux-ci continuent de très bien se vendre depuis le début de la pandémie.

Oui, le prix des matériaux a augmenté, mais comme le prix des maisons usagées est aussi très élevé dernièrement, les gens aiment mieux dépenser un petit peu plus et avoir une maison à leur goût que d’acheter une maison usagée trop cher et avoir des rénovations à faire, explique-t-il.

M. Prévost concède que la très grande majorité des acheteurs de ses terrains sont des gens ayant un logement à vendre, et qui profitent de la hausse du prix des maisons pour se construire une résidence à leur goût.

La hausse du prix des matériaux de construction, ça peut freiner des gens, surtout les premiers acheteurs, parce qu’eux n’ont peut-être pas les moyens de payer une maison 20 à 30 % plus cher en ce moment. Par contre, ceux qui ont déjà une maison à vendre, ça s’annule, parce qu'ils vendent leur maison 30 % plus cher.

Une citation de :Guillaume Prévost, promoteur immobilier

Selon Frédéric Vincent, promoteur immobilier dans le secteur de Val-d’Or, le prix des terrains à vendre est demeuré relativement stable depuis le début de la pandémie, mais la hausse du prix des matériaux a rendu le prix total d’une construction neuve beaucoup plus élevé qu’il y a seulement deux ou trois ans. Selon lui, il ne fait aucun doute que cette situation a eu pour effet de ralentir les ardeurs des consommateurs souhaitant construire leur propre maison.

En autoconstruction, souvent, on a des dépassements de coûts. Il y a des trucs qu’on connaît moins et, finalement, la maison coûte plus cher que prévu. Quand on construit une maison de 500 000 $, ça devient un peu plus stressant, souligne-t-il.

Dans un contexte où les maisons usagées et les constructions neuves sont à des prix plus élevés que jamais, Frédéric Vincent soutient que la demande des consommateurs tend à évoluer vers des types de résidences plus abordables.

Le marché a changé. J’ai de plus en plus de gens qui veulent du clé en main. Le type de résidence demandé change aussi beaucoup. Les gens se dirigent vers un autre type de produits, comme les maisons de ville et les jumelés. Ces constructions, pour des raisons techniques, ne se font pas en autoconstruction. Les jeunes, de plus en plus, ce qu’ils veulent, c’est du clé en main de A à Z, fait-il remarquer.

Une maison en construction.

Le prix des matériaux décourage certaines personnes d'entamer la construction ou la rénovation d'une résidence. (archives)

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon-Lalancette

La disponibilité des terrains n’est pas le problème

Aux quatre coins de l'Abitibi-Témiscamingue, les maires et les responsables de l’aménagement du territoire à qui nous avons parlé ont indiqué avoir plusieurs terrains disponibles pour de la construction résidentielle.

Du côté de La Sarre, le maire de la ville, Yves Dubé, affirme que les terrains sont très demandés et que la vente des maisons se fait généralement en dedans de 24 heures. Si le prix des matériaux de construction peut refroidir les ardeurs des premiers acheteurs, M. Dubé souligne que celui-ci ne semble pas préoccuper les actuels propriétaires.

Cette année, on a le double des permis de construction émis par rapport à l’année passée. La pandémie fait en sorte que les gens restent à la maison et ne voyagent plus. Ils ont décidé d’investir dans leur propriété et de vivre du bon temps chez eux.

Une citation de :Yves Dubé, maire de La Sarre

Selon lui, la disponibilité des matériaux et les délais de livraison représentent davantage un frein à la construction de maisons neuves que le coût des matériaux en soi.

Privilégier les multilogements

La directrice du service d'aménagement du territoire et d'urbanisme à la Ville de Rouyn-Noranda, Josée Banville, assure que de nombreux terrains, pour la plupart mis en vente par des promoteurs, sont disponibles aux quatre coins de la MRC.

Mme Banville ajoute que la Ville se prépare à mettre en vente certains terrains, sur lesquels elle privilégiera les projets de multilogements.

Il y a le secteur de la rue Ste-Bernadette, où ce seront des terrains pour du quatre ou du six unités de logement. Le nombre d’unités a été déterminé en fonction des caractéristiques du terrain, et les terrains vont être mis en vente selon une nouvelle procédure qui va être rendue disponible sous peu. Ce sont des terrains que nous allons vendre par tirage au sort, parce qu’on sait qu’il y a un fort engouement pour les terrains pour développer du multilogement, annonce Mme Banville.

Un optimisme pour l’avenir

Tant du côté de Val-d’Or que de Rouyn-Noranda, l’optimisme est présent tant chez les élus que chez les promoteurs immobiliers quant à l’avenir du marché immobilier.

Pour le maire de Val-d’Or, Pierre Corbeil, c’est la stabilité de la situation économique qui mène à cet optimisme. Il y a présentement un climat économique qui souffle un vent d’optimisme. Ce vent-là conforte les personnes à faire des investissements, que ce soit dans l’acquisition d’une maison existante, de la construction ou de procéder à des améliorations sur leur propriété actuelle, avance M. Corbeil.

D’après Steven Janhevich, promoteur immobilier œuvrant à Rouyn-Noranda, l’engouement pour ses terrains, qui a quelque peu diminué depuis le début de la pandémie, reprendra aussitôt que la situation sanitaire se sera améliorée.

Une pancarte du Domaine Boréal.

Le Domaine Boréal est un projet de développement résidentiel situé dans le quartier Noranda-Nord, à Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

M. Janhevich croit par ailleurs que les faibles taux d’intérêt présentement en vigueur rendent la construction d’une maison neuve tout aussi intéressante que l’achat d’une maison usagée, malgré le prix élevé des matériaux de construction.

J’aimerais que les gens prennent le temps de faire l’exercice comme il faut. De regarder davantage les taux d’intérêt pour les résidences et de comparer avec la hausse du prix des matériaux. Je ne me rappelle pas du moment où les taux d’intérêt étaient aussi favorables que présentement. Mon opinion, c’est qu’on a une économie très forte, et qu’il ne faut pas laisser la pandémie nous affecter dans nos futurs achats et nos futures constructions, conclut-il.

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