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Biden adapte sa stratégie face au ralentissement de la vaccination aux États-Unis

Le président a défini une nouvelle cible de vaccination : avoir administré au moins une dose à 70 % des adultes américains d'ici la fête de l'Indépendance, le 4 juillet.

Des personnes font la file pour être vaccinées contre la COVID-19.

Une clinique de vaccination à Dearborn, au Minnesota. La Maison-Blanche change la façon dont elle distribue les doses aux États.

Photo : Reuters / EMILY ELCONIN

Aux prises avec l'essoufflement du rythme de la vaccination, la Maison-Blanche misera moins sur les centres de vaccination de masse et s'appuiera davantage sur les structures locales.

Offre de vaccination sans rendez-vous dans les pharmacies, soutien des cliniques plus petites, augmentation du nombre d'unités mobiles, envoi de vaccins directement dans les cliniques rurales des communautés ayant accès à moins de services : voilà quelques-unes des mesures annoncées par la Maison-Blanche pour rendre la vaccination plus accessible.

Le but : rejoindre les gens là où ils sont.

Plus de 100 millions de dollars américains seront par exemple alloués à quelque 4600 cliniques rurales, et 250 millions seront immédiatement accordés aux gouvernements des États, des territoires et de certaines grandes villes pour les aider dans leur prochaine phase de sensibilisation.

Nous savons que des millions d'Américains ont besoin d'un peu d'encouragement pour se faire vacciner, a déclaré le président Joe Biden en point de presse. Il a précisé qu'une partie des nouvelles stratégies de vaccination seront financées par son ambitieux plan de relance économique.

Il a défini le nouvel objectif de vaccination des États-Unis : administrer au moins une dose à 70 % de la population adulte d'ici la date symbolique du 4 juillet.

La Maison-Blanche espère ainsi un retour à une certaine normalité d'ici les célébrations de la fête de l'Indépendance américaine.

À ce jour, 57 % des adultes américains ont reçu au moins une dose, a précisé sur Twitter le chef de cabinet du président, Ron Klain.

L'administration Biden souhaite en outre que 160 millions d'adultes américains, soit près de 63 % de cette tranche de la population, soient pleinement vaccinés d'ici deux mois.

Joe Biden a par ailleurs encouragé les États à se préparer pour la vaccination des adolescents de 12 à 15 ans afin d'être prêts lorsque le Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA), qui autorise notamment la commercialisation des médicaments, donnera son feu vert pour cette tranche d'âge. Son administration espère qu'ils pourront être complètement vaccinés lors de la rentrée scolaire, l'automne prochain.

Depuis le mois dernier, la vaccination est désormais offerte à tous les Américains de plus de 16 ans.

Il y a deux semaines, le rythme soutenu de la campagne de vaccination avait permis à l'administration Biden de dépasser largement la cible initiale qu'avait fixée le président américain pour ses 100 premiers jours de mandat.

Quelques jours avant son investiture, en janvier dernier, le démocrate avait promis que 100 millions de doses seraient administrées dans les 100 premiers jours de son mandat : les États-Unis ont plutôt dépassé les 200 millions de doses en 92 jours.

La cadence a toutefois ralenti au cours des dernières semaines.

Selon le New York Times, qui s'appuie sur les données des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), les prestataires de vaccin administrent dorénavant quelque 2,29 millions de doses par jour en moyenne, soit une baisse de 32 % comparativement au pic de 3,38 millions enregistré à la mi-avril.

Convaincre les récalcitrants

La lumière au bout du tunnel devient de plus en plus brillante, a assuré le président Biden, réitérant son appel pour que les Américains qui n'ont pas encore été vaccinés le fassent. Même si votre risque de tomber gravement malade est faible, pourquoi prendre le risque?, a-t-il demandé.

Reconnaissant la désinformation entourant la vaccination, le président Biden s'est engagé à accroître le financement des campagnes de sensibilisation destinées à convaincre les Américains réfractaires de se faire vacciner.

La plupart des gens seront convaincus par le fait que leur refus de se faire vacciner peut rendre d'autres personnes malades et peut-être même les faire mourir.

Une citation de :Joe Biden, président des États-Unis

Le président Biden a débloqué près de 250 millions de dollars pour l'embauche de diverses catégories de travailleurs qui auront la responsabilité de renforcer la confiance dans les vaccins et d'aider à la prise de rendez-vous dans les communautés plus difficiles à atteindre.

Plus de 130 millions de dollars seront en outre consacrés aux efforts pour améliorer l'éducation et l'information sur la vaccination et réduire les disparités dans des communautés mal desservies.

Selon un sondage Axios-Ipsos réalisé il y a quelques semaines, un Américain sur cinq n'a pas l'intention de se faire vacciner, une proportion restée constante au cours des derniers mois. La proportion d'Américains récalcitrants montait cependant à plus d'un sur quatre dans un sondage Quinnipiac.

Les sondages indiquent qu'une portion importante de la population américaine n'a pas l'intention de se faire vacciner.

La désinformation n'est pas étrangère à ce phénomène.

La semaine dernière, une école privée de Miami a par exemple interdit aux enseignants de se faire vacciner contre la COVID-19, en invoquant des allégations non fondées concernant de possibles problèmes de santé pour les personnes non vaccinées qu’ils côtoient, comme des fausses couches ou le dérèglement du cycle menstruel chez les femmes.

L'une des théories conspirationnistes qui reviennent le plus souvent : celle selon laquelle le milliardaire et philanthrope Bill Gates, qui soutient financièrement les efforts de vaccination, veut implanter chez les gens des micropuces au moyen du vaccin contre le coronavirus ou réduire la population mondiale, théorie qui a été déboulonnée.

Des vaccins selon la demande, pas selon la population

Des personnes font la file pour être vaccinées contre la COVID-19.

Une clinique de vaccination à Dearborn, au Minnesota

Photo : Reuters / EMILY ELCONIN

Plus tôt dans la journée, le Washington Post avait révélé que l'administration Biden avait par ailleurs communiqué aux gouverneurs des États un changement dans la façon dont elle distribuera les doses de vaccin, une information confirmée par la suite par la Maison-Blanche.

Le fédéral transférera ainsi les doses des États qui ne commandent pas celles auxquelles ils ont droit en fonction de leur population, en raison d'une baisse de la demande, vers ceux qui en réclament davantage.

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