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Repêchage de la Ligue canadienne de football : un excellent plan B pour les meilleurs

À gauche Mathieu Betts soulève la Coupe Vanier, à droite, Randy Chevrier soulève la Coupe Grey.

Mathieu Betts a remporté deux fois la Coupe Vanier. Randy Chevrier, lui, a mis la main trois fois sur la Coupe Grey.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot et Ryan Remiorz

Certains joueurs de football canadiens vivront un des plus beaux moments de leur vie quand ils entendront leur nom être appelé par une des neuf équipes de la Ligue canadienne de football (LCF). D’autres se diront sans doute qu’ils ont maintenant un excellent plan B.

En 2019, Mathieu Betts du Rouge et Or de l’Université Laval était considéré comme étant le plus bel espoir parmi tous les joueurs admissibles au repêchage de la LCF.

Celui qui venait de remporter le Trophée J.P.  Metras, remis au meilleur joueur universitaire au pays pour une troisième année consécutive n’a pas suivi le repêchage.

Ce n’est pas que cela ne m’intéressait pas, au contraire, mais je venais d’arriver à Chicago pour le camp des recrues des Bears. J’étais dans une réunion de l’équipe de défense quand le repêchage a commencé et j’avais dû fermer mon téléphone , explique-t-il.

C’est une fois sa rencontre d’équipe terminée qu’il a su qu’il avait été sélectionné au troisième rang par Edmonton.

Quand j’ai ouvert mon téléphone, les textos ont commencé à entrer. J’avais des appels manqués à gauche et à droite.

Une citation de :Mathieu Betts, équipe de football d'Edmonton

Le joueur de ligne défensive a été surpris d’avoir été sélectionné si rapidement, car il venait de signer un contrat avec Chicago dans la NFL. Tout ce qu’il espérait à ce moment, c’était de réussir à se tailler une place au sein des Bears.

La même chose, 20 ans plus tôt

Randy Chevrier, qui a joué durant 14 saisons dans la LCF, n’a pas non plus suivi le repêchage en 2001, même s’il était considéré comme un des plus beaux espoirs canadiens.

Quatre jours plus tôt, Chevrier était devenu le sixième joueur de l’histoire à être repêché dans la NFL après avoir joué son football universitaire au Canada.

Le plaqueur défensif, joueur de l’année au pays en 2000, avait été sélectionné au septième tour par les Jaguar de Jacksonville et il se trouvait déjà en Floride au moment du repêchage de la LCF.

En 2001, on n’avait pas Internet partout et les gens commençaient à peine à envoyer des messages textes. Les nouvelles arrivaient moins rapidement, se rappelle celui qui a défendu les couleurs des équipes d'Edmonton, de Calgary et de la Saskatchewan.

C’est le directeur des communications des Jaguars qui est venu me voir pour m’annoncer que j’avais été choisi au premier tour par Edmonton.

Une citation de :Randy Chevrier

Contrairement à Mathieu Betts, Randy Chevrier n’a pas été surpris d’être sélectionné aussi rapidement.

J’avais eu beaucoup de discussion avec l’équipe d’Edmonton et je savais qu’ils m’aimaient beaucoup. Je savais aussi que d’autres équipes étaient intéressées à moi, Edmonton ne voulait pas prendre le risque de me perdre.

Betts, lui, dit n’avoir eu que très peu de conversations avec des équipes de la Ligue canadienne. Je savais quelles équipes étaient intéressées à moi dans la NFL et j’avais une bonne idée d’où elles me voyaient dans leur organisation, mais je n'ai presque rien entendu des équipes de la LCF.

La NFL, un choix évident

Quand les joueurs ont la chance d’évoluer dans la NFL, cela devient leur priorité. Cette ligue est la meilleure au monde et elle est beaucoup plus riche que son pendant canadien.

Randy Chevrier a joué 13 matchs dans la NFL avant de revenir au Canada en 2001. Cette année-là, le salaire minimum était de 212 000 $ américains. Aujourd’hui, 20 ans plus tard, il est de 660 000 $ américains alors que dans la LCF, le minimum est de 65 000 $ canadiens.

Si Mathieu Betts avait réussi à se tailler une place, ne serait-ce qu’au sein de l’équipe d’entraînement des Bears, son salaire aurait été d’au moins 8 400 $ américains par semaine, pour 21 semaines, soit environ 176 400 $. Un salaire inimaginable dans la LCF, même comme joueur partant.

Que tu joues à Edmonton ou que tu sois dans une équipe d’entraînement dans la NFL, c’est la même charge de travail. Tous les joueurs se préparent avec le même sérieux et mettent autant d’heures à regarder des vidéos ou à s’entraîner, précise Mathieu Betts.

Plan B

Betts a été parmi les derniers joueurs retranchés au camp des Bears en 2019. Il n’était pas question pour lui de mettre fin à sa carrière, il a donc décidé de se joindre à l’équipe de football d’Edmonton.

On est chanceux comme Canadiens d’avoir aussi cette option-là quand ça ne fonctionne pas aux États-Unis. La LCF, ce n'est pas la NFL, mais c’est une excellente ligue. La finale de la Coupe Grey est, selon moi, l’événement sportif le plus important au Canada chaque année., dit-il.

Le gaillard 113 kilos a toujours rêvé de jouer dans la Ligue canadienne avant de réaliser qu’il avait peut-être une chance de jouer dans la NFL. Il n’est donc pas déçu de jouer au nord de la frontière.

Randy Chevrier, lui, rappelle que ce n’est pas parce que son contrat a été résilié dans la NFL qu’un joueur canadien se retrouvera automatiquement dans la LCF.

C’est un bon plan B, mais ce n’est pas un plan B garanti. Si tu ne travailles pas et que tu ne réussis pas à prouver que tu as ta place dans l’équipe, tu ne joueras pas, précise-t-il.

Repêchage imprévisible

La centrale de recrutement de la LCF a dévoilé il y a environ un mois, le classement des meilleurs espoirs en vue du repêchage. Les sept premiers noms de la liste ont tous été repêchés ou ont signé des contrats avec une équipe de la NFL.

Difficile de prévoir à quel rang ceux-ci seront sélectionnés, car les équipes pourraient décider d’y aller avec des joueurs dont la priorité est de jouer dans la LCF.

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