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Les boxeurs amateurs de Rimouski perdent un de leur centre d'entraînement

Un gant de boxe sur lequel est écrit «9Round» par terre dans une salle de sport.

Le Club de Boxe Pro-Am Rimouski prévoit vendre la totalité de son équipement samedi.

Photo : Tyson Koschik

Louis Lessard

Le propriétaire du club de boxe Pro-Am Rimouski, Pierre Messier, annonce la fermeture définitive de son centre d'entraînement à partir du 8 mai prochain.

La cinquantaine de membres du club, dont certains sont des athlètes-étudiants, ne pourront plus pratiquer leur sport en salle dès samedi.

Pierre Messier estime que les trois fermetures de son établissement imposées par le gouvernement en moins d'un an en raison de mesures sanitaires pour contrer la COVID-19 ont eu raison de son entreprise. L’accumulation des loyers, les fermetures consécutives et la dernière, elle a fait vraiment mal! Je ne peux plus continuer.

Le centre de boxe n'a été ouvert que six mois depuis janvier 2020.

C’est le quatrième club de boxe au Québec à fermer ses portes depuis un an selon la Fédération québécoise de Boxe olympique. Son directeur général, Kenneth Piché, constate aussi une baisse de 50 % des renouvellements des cotisations des membres de la fédération. Un phénomène qui témoigne de difficultés financières chez certains membres. Les sports de combat sont toujours les derniers à être déconfinés malheureusement. Les membres ne voient pas l’intérêt de renouveler [leur abonnement] à court terme, indique M. Piché.

Un défi financier

Le club de boxe Pro-Am Rimouski a tout de même pu compter sur une aide financière de la Société d'aide au développement des collectivités (SADC) en 2020.

Par contre, cet accompagnement s'est manifesté sous forme de prêt uniquement.

Le programme d’aide fédéral pour les loyers commerciaux n’était pas une option puisque Pierre Messier n’est pas considéré comme un travailleur autonome à temps plein en raison de son statut de salarié à temps partiel, dans une autre entreprise de la région.

Ma petite job à temps partiel m'a sauvé la vie, mais elle m'a nui au niveau des subventions parce que j'avais une job salariée. Je n’étais pas considéré comme un travailleur autonome.

Une citation de :Pierre Messier, propriétaire du club de boxe Pro-Am
Des gants de boxe déposés sur un ring

C’est le quatrième club de boxe au Québec à fermer ses portes depuis un an selon la Fédération québécoise de boxe olympique.

Photo : Getty Images

Pierre Messier se désole aussi que les fonds d'aide de Sports Québec ne lui aient pas permis de garder la tête hors de l'eau alors que certains partenaires, comme la Fédération québécoise de Boxe olympique et l’Unité régionale des Loisirs et des Sports, ont pu compter sur un accompagnement financier. Ça, c'est une de mes plus grosses frustrations, dit-il. Je suis affilié à la fédération, mes athlètes sont reconnus pas la fédération, toutes les années je paie mes cotisations et quand c'est le temps d'avoir droit à des subventions ? Rien.

Rémi Richard, directeur général adjoint à Sports Québec dit comprendre le découragement de l'entrepreneur rimouskois, mais il rappelle que les Fédérations sportives ont un mandat bien précis. Former des entraîneurs, avoir accès à des programmes, ça oui mais la fédération n’est pas là pour supporter financièrement les clubs privés en région. C’est comme ça.

La conseillère de l’Unité régionale des Loisirs et des Sports, Josée Longchamp, abonde dans le même sens. Elle se dit également désolée de la perte d’un club dans la région. Elle constate elle aussi que les critères de financement de plusieurs fonds d'aide ne sont pas toujours adaptés aux entreprises privées.

Je le comprends très bien, on est pris avec les règles qui nous sont données. Une des règles, c’est que l’organisme qu’on va aider soit un organisme à but non lucratif. Ce qui n’est pas le cas du propriétaire du Pro-Am Rimouski. Je comprends son désarroi, dit-elle.

Josée Longchamp et Rémi Richard nuancent aussi la situation. La fermeture de clubs sportifs n’est pas un phénomène répandu dans la région assurent-ils. Plusieurs de ces organisations reposent sur une participation de bénévoles et ont été capables de surmonter la crise.

Le développement des talents compromis

Le club de boxe Pro-Am Rimouski devait entraîner neuf jeunes en septembre dans le cadre du programme Concentration sportive et artistique. Un projet qui n'aura vraisemblablement pas lieu.

M. Messier croit que la pratique de son sport dans un contexte de restriction sanitaire dénaturait de toute façon la pratique de la boxe. On ne pouvait pas faire le travail en équipe de deux [...] Tout ce qu'on faisait, c'était du conditionnement physique.

Le travail à deux, c'est très important. C'est bien beau de se battre devant un miroir, mais ça ne donne pas grand-chose au bout de la ligne.

Une citation de :Pierre Messier, propriétaire du club de Bose Pro-Am

Pierre Messier affirme que les pugilistes de club de boxe Pro-Am ont remporté 17 médailles d’or, 20 médailles d’argent et 15 médailles de bronze dans diverses compétitions depuis l'ouverture.

Sans prétention, les Rimouskois perdent le meilleur club de boxe qu’ils ont jamais eu, l’expertise elle est ici! ajoute monsieur Messier.

Le Club de Boxe Pro-Am Rimouski prévoit vendre la totalité de ses équipements sportifs samedi.

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