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Commission Laurent : une médecin de l'Outaouais salue « un changement de philosophie »

Gros plan de Régine Laurent, assise durant une conférence de presse.

Régine Laurent, présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le rapport de la commission Laurent témoigne d'un changement de philosophie à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), selon la directrice clinique du Centre de pédiatrie sociale de Gatineau. Selon la Dre Anne Marie Bureau, ce changement recentre les priorités vers l'intérêt des enfants.

Après deux ans de travail, Régine Laurent de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse a déposé, lundi, son rapport, dans lequel elle indique que le Québec a failli à protéger tous les enfants de la province.

Au total, 63 recommandations ont été faites pour éviter à tout prix un autre décès tragique, similaire à celui du printemps 2019, à Granby.

La Dre Anne Marie Bureau était de passage à l'émission Les matins d'ici pour commenter le dépôt du rapport.

Ici à Gatineau, on travaille fort pour intégrer des données probantes solides dans chacune de nos actions; il est clair que la concentration, c’est la clé, a fait savoir Mme Bureau.

La directrice clinique a aussi rappelé qu'en Outaouais, on travaille avec des enfants qui ont de grands besoins.

Ainsi, il est essentiel que ce soit facile pour les familles d'obtenir des services de proximité qui répondent à leurs besoins, dit-elle.

Cette dernière souligne le changement de direction proposé à travers les recommandations.

C’est la première fois qu’on fait émerger la voix de l’enfant [...]. On considère l’enfant comme un citoyen, et ça, c’est nouveau, a-t-elle indiqué en entrevue.

Une femme accorde une entrevue par visioconférence.

La Dre Anne Marie Bureau, du Centre de pédiatrie sociale de Gatineau, en Outaouais

Photo : Radio-Canada

Si la DPJ avait à cœur la réunion des familles biologiques auparavant, la philosophie a visiblement changé, selon ce qu'a pu lire Mme Bureau dans le rapport. Il est désormais question d'offrir aux enfants une famille pour la vie.

Parfois, c’était un peu long avant qu’on donne un projet de vie et qu’on stabilise les enfants dans une famille, a-t-elle illustré. Il faut arrêter les allers-retours.

Mme Bureau a ajouté qu'il était dans l'intérêt des enfants de trouver une bonne famille rapidement afin d'éviter que les enfants ne soient pris dans une série sans fin de déménagements entre les familles d'accueil et la famille biologique.

On est dans la bonne voie; maintenant, il va falloir le mettre en œuvre.

Une citation de :Dre Anne Marie Bureau, directrice clinique du Centre de pédiatrie sociale de Gatineau

Pas du jour au lendemain, dit le ministre Lacombe

Le député responsable de l'Outaouais et ministre de la Famille, Mathieu Lacombe a mentionné, en point de presse, que les 63 recommandations ne pourraient être mises en place du jour au lendemain.

Il a cependant soutenu que le gouvernement en place prenait à cœur les conclusions de l'équipe de Mme Laurent et qu'ils voyaient tous les choses du même œil.

On doit s’assurer que chaque enfant soit protégé, qu’il ait autour de lui des adultes bienveillants et qu’il puisse développer son plein potentiel, a-t-il conclu.

Également présent lors du point de presse, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a expliqué que la priorité était à la réforme.

La bienveillance envers les enfants est un projet de société.

Une citation de :Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

C’est en profondeur qu’il faut revoir la Loi sur la protection de la jeunesse ainsi que le rôle et le fonctionnement de la DPJ, a indiqué le ministre délégué. J'en ai fait un cheval de bataille et j’ai bien l’intention de continuer dans cette voie.

Les priorités seront donc de préciser l'intérêt supérieur de l’enfant dans la Loi sur la protection de la jeunesse, de mettre la prévention à l’avant-plan, d'engager un commissaire aux droits de l’enfant, d'adopter une charte des droits de l’enfant et d'améliorer les interventions sur le terrain, selon M. Carmant.

Avec les informations de Philippe Marcoux

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