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Élections municipales : des candidats font le saut malgré l'intimidation

Nadine Viau se lance dans la course à la mairie de Beloeil.

Nadine Viau se lance dans la course à la mairie de Beloeil.

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

Intimidation et menaces : les élus municipaux ont été la cible de nombreux commentaires et gestes disgracieux au cours de la dernière année. Tandis que certains jettent l'éponge, d'autres se représentent. Les plus courageux font même le saut.

C'est le cas de Nadine Viau, 43 ans, mère de trois enfants, qui a décidé de briguer la mairie de Beloeil.

Si on attend le bon moment pour y aller, il n'y en aura jamais, de bon moment, pour prendre cette décision-là. Allons-y! Offrons et proposons quelque chose et après ça, on verra ce qui va arriver, dit l'aspirante mairesse.

La ville de Beloeil partagée entre ses nouveaux développements, le mont Saint-Hilaire qui la surplombe et ses terres cultivables.

La ville de Beloeil partagée entre ses nouveaux développements, le mont Saint-Hilaire qui la surplombe et ses terres cultivables.

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

S'agit-il de courage ou d'inconscience? Je suis peut-être naïve! Mais cette naïveté-là m'a portée à travers ma vie et j'en suis fière, dit-elle. Elle ne croit toutefois pas être en danger.

Les gens sont violents à partir du moment où ils ne se sentent pas écoutés, qu'ils se sentent bafoués, incompris, qu'ils ont l'impression qu'on rit d'eux. C'est là qu'on vient chercher quelque chose en eux, cette colère-là qui monte.

Une citation de :Nadine Viau, aspirante à la mairie de Beloeil

Solliciter un autre mandat

Malgré le contexte difficile, des élus font le choix de solliciter un deuxième mandat, comme le maire de Terrebonne, Marc-André Plante. Oui, je me représente! Je ne me laisse pas abattre par ces situations. Ma famille est toujours là, mais c'est sûr qu'il faut une femme forte, avoue-t-il.

Il dénonce toutefois tous les gestes d'intimidation. Des membres des familles sont de plus en plus visés par l'intimidation. Comme élu, on a fait le choix professionnel de s'engager au plan civique, mais de plus en plus, au niveau des réseaux sociaux, les attaques sont plus directes avec nous, mais aussi avec notre famille, déplore le maire.

Marc-André Plante.

Le maire de Terrebonne, Marc-André Plante, devant l'hôtel de ville.

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

Marc-André Plante a même dû se rendre devant les tribunaux pour faire interdire les manifestations devant sa résidence.

Mes enfants ont été escortés par des policiers pour aller prendre l'autobus le matin! Ils avaient 7 et 9 ans à l'époque.

Une citation de :Marc-André Plante, maire de Terrebonne

Je suis obligé de dire que, comme élu, ma réalité, elle est ici à l'hôtel de ville. Ma maison, c'est ma sphère privée, explique-t-il.

Selon lui, tous doivent être conscientisés : élus, citoyens et syndicats. Pour moi, ça nous ramène au sens civique et au respect, entre élus, mais aussi entre les élus et tous ceux avec qui on est appelé à travailler au quotidien. Il faut trouver un moyen de rétablir les règles , souhaite-t-il.

Fin du parcours politique

Après 25 ans consacrés aux citoyens, la présidente l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, tire sa révérence.

Elle ne se représentera pas aux prochaines élections, mais assure que ce ne sont pas les gestes d'intimidation qui l'ont poussée à quitter la politique. Elle dit plutôt avoir atteint les objectifs qu'elle s'était fixés et laisse la place aux autres.

Suzanne Roy.

La présidente de l'Union des municipalités du Québec et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy.

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

Elle a elle aussi été visée par des gestes d'intimidation. Les gens se sont rendus à ma résidence privée. Ils ont sorti un BBQ et un vieux divan. Ils ont empêché les gens de ma rue de sortir, parce qu'ils étaient une centaine devant ma résidence personnelle. Mes enfants n'ont pas pu rentrer à la maison après leur stage, déplore-t-elle.

On a le droit de manifester au Québec, mais si on veut manifester contre une position que j'ai prise comme mairesse, qu'on le fasse à l'hôtel de ville, ajoute-t-elle.

Je vois qu'il y a une énorme différence entre il y a quatre ans et aujourd'hui, surtout avec les réseaux sociaux.

Une citation de :Suzanne Roy, présidente de l'UMQ et mairesse de Sainte-Julie

Suzanne Roy dénonce aussi la désinformation sur les réseaux sociaux. Il y a quelques jours, des gens affirmaient qu'on défaisait des rues qu'on venait de construire. Ce n'est pas le cas. On est en train de faire une piste cyclable hors rue à côté de la rue qui vient d'être construite. Il faut rectifier ces choses-là. C'est pourquoi c'est important d'aller aux sources officielles, explique la mairesse.

L'hôtel de ville de Sainte-Julie

L'hôtel de ville de Sainte-Julie

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

Confiance en l'avenir

Même si elle ne sera pas de la prochaine course, Suzanne Roy croit qu'il faut agir pour cesser les menaces et l'intimidation. Maintenant, on se met en mode solution et on trouve les façons de faire. L'Union des municipalités va donner des formations aux élus, aux nouveaux élus, sur comment réagir et comment ne pas nous-mêmes créer la crise parce qu'on a voulu réagir trop vite, dit-elle avec détermination.

Québec et Ottawa devront aussi faire des modifications législatives pour que la démocratie, nos institutions, se pratiquent avec décorum et dans le respect. C'est notre seule façon de protéger notre démocratie.

Une citation de :Suzanne Roy

L'Union des municipalités du Québec a lancé, en janvier, une campagne de respect envers les élus; 285 municipalités y ont adhéré et refusent l'intimidation.

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