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Le « cauchemar administratif » de la 2e dose de vaccin pour les pharmacies

Une pharmacienne range les flacons vides du vaccin anti-COVID-19 d'AstraZeneca-Oxford qu'elle a inoculé à ses clients.

Une pharmacienne range les flacons vides du vaccin anti-COVID-19 d'AstraZeneca-Oxford qu'elle a inoculé à ses clients. Jusqu'à maintenant, seul le vaccin AstraZeneca est offert dans certaines pharmacies en Ontario, avec quelques exceptions.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Les pharmacies doivent contacter elles-mêmes les patients pour leur offrir un deuxième rendez-vous de vaccination.

Pour Kyro Maseh, chacune des quelque 1100 personnes qu’il a vaccinées contre la COVID-19 dans sa pharmacie de Toronto représente une grande réalisation, mais aussi d'énormes complications à venir.

M. Maseh et le personnel de sa pharmacie devront contacter chacun des patients qu’ils auront vaccinés une première fois, probablement un par un, pour s'assurer qu'ils reviennent pour obtenir une deuxième dose.

Un pharmacien administre une dose de vaccin à un patient.

Le pharmacien Kyro Maseh administre une dose du vaccin AstraZeneca à Matthew Stone, 46 ans, dans une pharmacie de Toronto le 20 avril 2021.

Photo :  CBC / Evan Mitsui

C'est un cauchemar administratif, déclare le propriétaire de Lawlor Pharmasave, une pharmacie indépendante située sur un tronçon très achalandé de la rue Kingston, dans l'est de Toronto.

Je dois consulter le profil de chaque patient séparément, cliquer quatre ou cinq fois pour trouver son adresse courriel, lui envoyer un message, puis lui demander de réserver sa deuxième dose de cette façon, ajoute M. Maseh.

En Ontario, les pharmacies peuvent administrer le vaccin AstraZeneca aux personnes de 40 ans et plus. Si elles sont obligées de contacter elles-mêmes les receveurs de vaccins, c’est parce qu'elles ne sont pas autorisées à mener leurs activités de prise de rendez-vous sur le portail de réservation provincial.

Chaque pharmacie doit plutôt jongler avec trois programmes distincts pour la planification, le suivi et la facturation des vaccins administrés, une série de démarches bien plus compliquées et plus difficiles à gérer qu'un système centralisé.

Selon Kyro Maseh, cette façon de procéder pourrait semer la confusion, au point où certains patients pourraient passer entre les mailles du filet et manquer leur deuxième rendez-vous de vaccination.

M. Maseh prévoit embaucher un nouvel employé uniquement afin de gérer les rendez-vous de vaccination contre la COVID-19. Mais de façon plus globale, il estime qu'il faudra apporter des changements pour faciliter la prise de rendez-vous de vaccination en pharmacie.

Si des changements ne se produisent pas, un nombre important de patients n'obtiendra pas de deuxième dose, a-t-il déclaré.

Les Ontariens à la recherche de pharmacies qui offrent des vaccins contre la COVID-19 peuvent en trouver une ici (Nouvelle fenêtre).

Qui doit faire le suivi avec les personnes vaccinées?

Le portail de réservation provincial invite les Ontariens à prendre des rendez-vous pour la première et la deuxième dose en même temps.

Mais les services qui n'utilisent pas ce système, comme les pharmacies et les cliniques éphémères, doivent planifier eux-mêmes le deuxième rendez-vous.

Un téléphone cellulaire en premier plan et un supermarché Loblaws en arrière-plan.

La chaîne de pharmacies Loblaw a déclaré qu'elle enverra des messages aux personnes qu'elle aura inoculées une première fois lorsqu'elles seront admissibles à une deuxième dose.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Les plus grands propriétaires de pharmacies de l'Ontario, Loblaw et Rexall, ont tous deux déclaré qu'ils enverraient des notifications aux personnes qu'ils auront vaccinées une première fois lorsque celles-ci seront admissibles à une deuxième dose. Actuellement, le délai entre les deux doses peut atteindre jusqu'à 16 semaines.

Lisa Christensen, une résidente de Toronto qui a été vaccinée dans une pharmacie Shoppers le 12 mars, affirme qu'on lui a d'abord dit que le gouvernement provincial ferait un suivi avec elle pour la prise de son deuxième rendez-vous.

Le processus me semble plutôt flou.

Une citation de :Lisa Christensen, résidente de Toronto

Je suis une personne qui a fait des études universitaires et collégiales, dont la langue maternelle est l'anglais, je fais partie de la classe moyenne, je lis les journaux, j'essaie de suivre les informations et je trouve pourtant le processus très confus, du moins à Toronto, lance-t-elle.

Plus de flexibilité, mais moins de cohérence

Selon le PDG de l'Association des pharmaciens de l'Ontario, Justin Bates, le système de prise de rendez-vous actuellement utilisé par les pharmacies comporte tout de même certains avantages.

Justin Bates répond aux questions.

Justin Bates a soutenu par le passé que les pharmacies se serviraient de leur expérience du vaccin contre la grippe pour distribuer le vaccin contre la COVID-19.

Photo : Mathieu Simard

Ce que cela signifiait dès le début, c'est que nous avons gagné un peu de flexibilité, affirme-t-il, puisque les pharmacies peuvent donner des rendez-vous sans être obligées d'utiliser le portail de réservation provincial.

Mais l'un des inconvénients du processus, c’est qu'il ne s'agit pas d'un système central et cela peut créer des incohérences, a ajouté M. Bates.

D'autres complications potentielles se profilent à l’horizon, y compris la possibilité que les patients qui ont reçu le vaccin AstraZeneca comme première dose puissent recevoir un vaccin Moderna ou Pfizer comme deuxième dose.

L'Ontario a demandé au Comité consultatif national de l'immunisation de mettre à jour sa recommandation sur cette pratique d'ici la mi-mai.

Les vaccins Pfizer et Moderna sont plus difficiles à administrer en pharmacie, car ils doivent être conservés à des températures beaucoup plus basses que le vaccin AstraZeneca.

Cependant, l'Ontario mène actuellement un projet pilote qui permet d'offrir le vaccin Pfizer dans certaines pharmacies des quartiers les plus touchés par la pandémie.

Avec les informations de Nick Boisvert de CBC

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